La Route des 7 Lacs, Bariloche et El Bolson : Entre Aventures et Ambiance Hippie

Un des grands moments de ma descente dans le Sud le long de la Ruta 40 sera le passage entre San Martin de Los Andes et Villa Angostura, plus communément appelé la « Route des 7 Lacs ». Cette région dispose de bien plus de lacs que son nom ne l’indique mais la route principale ne permet pas de tous les observer.

Avant de débuter cette route de renommée, je m’arrête à Junin de Los Andes. Notamment pour acheter un nouveau support pour mon téléphone (le premier ayant littéralement pris son envol pour Mars alors que j’étais entrain de rouler) ainsi qu’une nouvelle sortie 12V USB pour recharger mes caméras. J’en profite pour passer du temps avec le propriétaire du magasin de moto local avec qui je viens de travailler sur la moto. Très vite, cet échange mécanique se transforme en apéro surprise autour d’une bouteille de Fernet. Un alcool qui ressemble beaucoup au Jägermeister. Sans surprise, nous laissons Baloo de côté pour nous concentrer sur notre nouveau passe-temps. La nuit tombée, ce gentil jeune homme rentrera chez lui me laissant seul avec mon cerveau tordu remettre Baloo en état. Sympa les Argentins…

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Le lendemain, j’emmène ce qui me reste de cervelle pour explorer la Route des 7 lacs. Elle ne fait que 110 km de long (environ 2 heures sans les pauses pour observer le paysage). C’est un de mes « highlights » donc hors de question de ne passer qu’une demi-journée ici ! J’ai tout le temps du monde et je compte bien en profiter. L’axe principal est très touristique. Vu son incroyable beauté, je n’en attendais pas moins. Mais arrivé à un certain point, trop de tourisme tue le tourisme. Un cousin motard rencontré sur un point de vue splendide me confirme qu’il existe des pistes superbes perpendiculaires à notre position. Bonne nouvelle, voici mon échappatoire. Allez hop, je fais quelques courses (juste les immanquables : vin et gros bout de viande) et me voilà sorti du flux de bus et autres voitures de tourisme en direction des trésors cachés de cette route. Je suis la piste 65 puis la 63 pour effectuer une boucle dans le parc. Je le conseille à quiconque se baladerait dans les environs !

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Comme on ne change pas une équipe qui gagne, le programme du soir sera : camping sauvage / rivière / feu de bois. Avec en bonus, une bonne bouteille de Malbec de Mendoza et un bon 350 gr de barbac qui cuira doucement au-dessus des flammes pendant une heure. Servi avec son riz aux légumes sauce béchamel, je vous raconte pas le délice ! La nuit tombée, je pense à ma vie, mon aventure, mes choix. Depuis 2012, je suis sur les routes des quatre coins du globe avec seulement quelques petits retours en France. Il est parfois dur d’expliquer aux gens que je rencontre que ceci est ma vie et non une « pause » dans mon quotidien en France. Non, je ne dispose pas d’une maison ou d’un appartement qui m’attend en métropole. Non je n’ai pas la sécurité de retrouver un travail à mon éventuel retour. Mais bordel qu’est ce que je suis libre ! Je suis très fier de ce que j’ai accompli ces 7 dernières années et j’ai encore plein d’idées cachées dans un coin de ma caboche.

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Une fois rassiabourré (rassasié / bourré), mes doigts deviennent incontrôlables sur ma petite guitare achetée au Brésil. L’avantage du camping sauvage est qu’il n’y a pas de voisins. Tant mieux pour moi mais surtout pour eux !

Le reste de ma visite dans ce parc sera tout aussi festif et féérique. Les lacs sont tous d’une beauté à faire craquer Geneviève de Fontenay, et la météo est une nouvelle fois de mon côté. Cette journée se terminera dans une ville bien connue des voyageurs et touristes de Patagonie : San Carlos de Bariloche.

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Comme une maquette de la Suisse, on y retrouve chocolat et chalets en bois. Quelques jours de repos dans cette ville au passé sombre mais à l’avenir brillant. Après la deuxième guerre mondiale, ce fût un refuge pour de nombreux nazis. Peu de vestiges de cette époque pour cette ville idéalement placée au pied d’un lac parsemé de nombreuses îles au milieu de montagnes forestières à ne pas manquer.

A seulement 2 heures de route, se trouve la petite ville de El Bolson : reconnue pour son ambiance hippie, son marché spécialisé dans les artefacts faits main, ses glaces artisanales et bien évidemment ses bières locales. J’atterrirai dans ce que je peux considérer comme la plus belle auberge de jeunesse dans laquelle j’ai séjourné. La Casona de Odile est un lieu de relaxation ultime : cours de Yoga deux fois par jour, massages, jardin donnant sur une rivière et ses hamacs idéalement situés entre boulots et eucalyptus. Par principe, je les essaierai tous. Je resterai deux semaines complètes dans ce havre de paix à explorer à pied les environs et fournir mon aide en tant que volontaire pour m’occuper du jardin en échange du logement et nourriture.

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La porte d’entrée donne sur un salon tout en bois avec de nombreuses tables et un coin « lounge » propice à la lecture et au repos. Les poutres apparentes garnies de branches de lavande se marient parfaitement avec les bibliothèques remplies de récits d’aventures et d’encyclopédies aussi vieilles que l’étagère qui les maintient hors du sol. Le bar / restaurant est tout aussi charmant : tout en bois et en pierre, il y règne une atmosphère toute particulière. J’aurai d’ailleurs un coup de cœur pour ce vieux pot à thé qui, grâce à un système ingénieux de poulie, permet à la porte d’entrée de se refermer en douceur sans claquer.

Sur place, je ferai la rencontre marquante de deux Françaises (Chloé et Déborah) sourdes qui voyagent en auto-stop sur tout le continent. Elles disposent d’une capacité à lire sur les lèvres à faire rougir les plus grands agents secrets du FBI. Cela fait 4 ans que je me donne comme bonne résolution d’apprendre la langue des signes (et non « langage » comme me le souligne régulièrement Déborah). Enfin l’opportunité est à mes pieds et je vais saisir ma chance d’en apprendre plus sur le monde des sourds. Comme une éponge, j’absorbe chacune de leurs informations et mes progrès en signes sont notables de jour en jour. Je suis admiratif devant ces deux jeunes femmes courageuses d’entreprendre un tel voyage et suis même jaloux de leur force d’esprit.

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Ensemble nous partirons deux jours en tente à la découverte du Rio Azul et de ses environs. Une randonnée compliquée, très physique mais pleine de charme. Notamment avec la traversée d’une cavité créée dans la neige par un ruisseau alimenté par la fonte des neiges. Niveau sécurité, on repassera mais le fun est au rendez-vous ! Vivement la prochaine aventure !

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Pourquoi est-ce que je Voyage Seul?

C’est un débat dont l’issue est propre à chacun. Certaines personnes ne conçoivent pas l’idée de partir sans être accompagné, d’autres préfèrent se retrouver seul lors de leurs voyages. Je fais partie de la seconde catégorie. Non pas que je sois un marginal asocial antisystème anarchique qui refuse tout contact avec autrui. Au contraire, j’aime rencontrer de nouvelles personnes et avoir des liens sociaux comme tout le monde. Mais j’aime également me retrouver face à mes propres choix et décisions. J’aime affronter seul les obstacles que je peux trouver sur ma route. Mais surtout, j’aime la sensation de liberté que l’on ressent lorsqu’aucun compromis ne doit être fait.

L’idée ici n’est pas de dire ce qui est bon ou pas, ou d’affirmer qu’une façon de voyager est meilleure que l’autre. Chacune dispose de ses avantages et inconvénients et il en revient à chacun de faire son propre choix. La solitude est quelque chose qu’il peut être parfois difficile à gérer pour beaucoup d’entre nous et la peur de l’ennui apparaît comme un frein à se lancer dans une nouvelle aventure. J’ai déjà voyagé en famille, entre amis et en couple et chacun de ces périples fût extraordinaire. Je n’ai aucun regret.

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Etre en groupe apporte une sécurité non négligeable. On peut se reposer par moments sur les autres membres et les laisser prendre les décisions. Nous avons toujours quelqu’un disponible pour nous donner un coup de main en cas de pépins et il est très agréable d’avoir une tête familière lorsque l’environnement qui nous entoure est aux antipodes du quotidien que nous avons à la maison. Inconsciemment, je pense que cela nous rassure aussi. Le soir, autour d’une bonne mousse, les moments de franche camaraderie à se ressasser les péripéties de la journée sont toujours des instants géniaux.

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Pour ma part, je ne m’ennuie que très rarement lorsque je voyage seul et la solitude ne me fait pas peur. J’ai appris au cours de mes précédentes expériences que je peux gérer cet aspect du voyage (malgré des hauts et des bas bien évidemment). Etre seul, cela force à la réflexion, sur ce que l’on est et ce que l’on veut. Je trouve que de ne pas avoir à faire de compromis est un luxe inestimable. Je m’arrête, dors, mange, bois où et quand je veux et aussi  longtemps que je le désire. Egalement, réussir à passer au-delà d’un obstacle ou d’une difficulté sans l’aide de personne est un atout merveilleux pour évoluer et développer sa confiance en soi.

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De nos jours (et surtout depuis l’arrivée des réseaux sociaux), nous avons un besoin constant d’être apprécié, de réussir, d’avoir une bonne image et d’être entouré (virtuellement ou non). J’aime à combattre ce monde dans lequel j’ai grandi. Il y aura toujours quelqu’un pour critiquer ou donner un avis contraire à ce que l’on fait. Je le ressens bien avec la communication que j’opère sur mon voyage. Alors à quoi bon se soucier de ce que pensent les autres ? La vie est trop courte pour jouer un rôle ou être aimé pour ce que l’on n’est pas.

Pour être plus concret, je vais donner un exemple de deux situations similaires vécues en groupe ou seul. Imaginez-vous un soir de camping au bord d’un feu après une belle journée de randonnée ou sur deux roues. Vous partagez un beau moment avec vos amis à échanger sur la beauté du lieu, du coucher du soleil, du ciel étoilé. Quelle belle expérience n’est-ce pas ? Maintenant, je vais vous décrire ce que moi je vis dans ce moment. Sans bruit, j’entends les chants de tous les oiseaux des environs qui se répondent. Au bout d’un moment, j’arrive à différencier le chant de chaque espèce. J’observe les arbres avec curiosité et me demande pourquoi cette branche pousse ici et non autre part. J’observe le soleil se rapprocher de l’horizon, seconde après seconde, tout en étant témoin du changement des nuances de couleurs des nuages autour de moi. Une fois la nuit tombée, je garde les yeux fixés sur le noir du ciel qui, en devenant de plus en plus sombre, permet, à la lumière de nouvelles étoiles, d’atteindre une par une mes yeux après des milliers d’années de voyage.

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C’est la différence entre voir et regarder, entre entendre et écouter, entre manger et savourer. Et surtout entre exister et VIVRE. En tout cas, c’est la façon dont je vois les choses.

J’aurais aussi tendance à affirmer que seul, on développe plus nos aptitudes à créer des liens avec des inconnus. En effet, la nature humaine (chez la majorité d’entre nous) nous pousse à rechercher cet effet de « meute ». Nous avons un besoin de communiquer. Seul, nous sommes plus ouvert à aller chercher le contact avec des locaux, ce qui parfois peut mener à des discussions et événements des plus intéressants. Inversement, nous sommes plus abordable étant assis seul à une table plutôt qu’à discuter avec ses amis ou sa compagne. Il est beaucoup plus facile d’entamer une conversation avec quelqu’un qui est seul plutôt qu’avec un groupe.

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Je pense m’être instauré un système me permettant d’allier le meilleur des deux mondes. J’ai pour habitude de partir une bonne semaine avec Baloo, seul, face à moi-même. Puis lorsqu’il est temps de visiter une ville ou de me reposer, je profite de cet instant pour me rendre dans une auberge de jeunesse où la vie foisonne de nouvelles rencontres : des locaux et d’autres voyageurs toujours prêts à partager des expériences et faire un peu la fête. Une fois mes besoins sociaux comblés, je reprends la route, prêt à affronter à nouveau ce que l’aventure pure me réserve. Et cette vie, je ne l’échangerais pour rien au monde !

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La Ruta 40 : Synonyme d’Extase et de Liberté

C’est après plus de 10 jours dans la région de Mendoza que je repars enfin vers de nouveaux horizons. Mon GPS Garmin Montana est mort pour le moment, mais ce n’est pas grave car ma direction est simple, je vais vers le SUD. Près de 3 500 km me séparent de mon objectif argentin : Ushuaia. Mais l’heure n’est pas à rêver de ce bout du monde. D’ici-là, il y a de nombreuses expériences que j’attends avec impatience.

Il a fallu plus de 10 jours d’une bataille administrative sans fin pour récupérer deux colis envoyés de France contenant des pièces de rechange pour Baloo. 10 jours perché à 2 000 m d’altitude pour remettre Baloo en parfait état, car au Sud de Mendoza, les garages se font rares et les pièces de rechange timides. Mais le jour du nouveau grand départ est arrivé. Il fait beau, pas un seul nuage dans le ciel et malgré un bon mal de crâne, je suis en pleine forme. A 10 h, le café et le petit déjeuner sont engloutis et les affaires sont chargées sur la moto. Baloo semble tout aussi impatient que moi de reprendre enfin la route. 10 jours sur place pour des nomades comme nous deux, cela fait trop. On a la bougeotte, que veux-tu !!

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La journée débutera par 100 km de pistes aussi incroyables que compliquées. Le sol est très sableux et profond de 4 à 5 cm par endroit. Il faut rester prudent et ne pas se laisser emporter par l’envie de faire parler les quelques chevaux de ma KLR sous peine de grosses frayeurs. J’en ferai d’ailleurs les frais après une portion où le revêtement de la piste était de bien meilleure qualité me permettant alors d’augmenter ma vitesse de croisière. Cependant, sans signe de changement, la piste redevient tout à coup couverte de cette poussière épaisse. L’avant partira à gauche tandis que l’arrière lui dira merde en partant tout à droite. Perdu au milieu de ce conflit, mon corps tordu tentera de réconcilier les deux parties de ma moto. Par chance avec succès. Cela remet les choses en place sous le casque. Mais j’en ai quand même bien rigolé, je dois l’avouer.

La vue est superbe. J’évolue à l’Est des Andes et passe à côté d’un volcan qui semble avoir été dessiné au milieu de cette plaine pour donner un point de repère aux voyageurs pour leur montrer qu’ils avancent belle et bien. Car hormis ce petit relief, il n’y a absolument rien à l’horizon à part cette piste qui disparaît là où le regard ne peut plus aller.

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Le soir venu, je m’arrête sur la R222 (près de « Pozo de los Animos ») le long d’une rivière avec vue sur les montagnes. J’installe le camp et démarre le feu sous les yeux d’une jument et de son petit. Au départ, ils hésitent à s’approcher de moi, mais je leur montre que je ne suis d’aucune menace pour eux et ils traversent donc la rivière à quelques mètres de moi. Le feu dégage une odeur que je ne connais pas. Le bois que j’utilise doit sûrement être différent de celui que j’ai pu rencontrer auparavant.  Quelle scène magnifique ! Me retrouver ici, à profiter de la chaleur du feu et à observer ces deux chevaux sauvages avec comme seul fond sonore le bruit de l’eau sur les galets et les oiseaux qui chantent en plein coucher de soleil. Je me sens privilégié et ému de l’expérience que je suis en train de vivre.

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Les jours qui suivent seront tout aussi magiques. J’ai passé toute une semaine à explorer les régions traversées par la fameuse Route 40. Par moments, je sors de cet axe principal et pars à l’aventure sur de nombreuses pistes annexes qui me mèneront à de nouveaux endroits loin des circuits touristiques. Je campe tous les soirs, cuisine au feu de bois, me lave dans les rivières et m’approvisionne en eau potable. L’eau est fraîche, pleine de minéraux et savoir qu’elle coule directement des montagnes environnantes lui donne une saveur spéciale. Le soir,  j’observe les étoiles et reste rêveur sur les derniers mois passés et sur les nombreux autres qui m’attendent.

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Je n’avais jamais ressenti une sensation de liberté aussi forte. Pour mon entrée en Patagonie, j’ai décidé de ne faire qu’un avec la nature. Pas de GPS, pas de téléphone. Juste une carte papier et l’orientation du soleil pour m’aider à prendre une décision lors d’un croisement. Les paysages sont de toute beauté et d’une diversité qui me surprend énormément. En quelques kilomètres, je passe de grande plaine aride à des montagnes vêtues de forêts luxuriantes. Lacs et rivières sont également de l’équation pour mon plus grand plaisir. Je fais partie intégrante du milieu dans lequel j’évolue. Comme un membre de la faune et flore locales et non comme un être humain de passage. Que la vie est belle…

« Le voyage est le meilleur moyen de se perdre et de se retrouver en même temps »

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Voyager à Moto : Une Relation au-delà des Mots

Depuis le début de mes articles, j’ai décrit des lieux, des ressentis, des rencontres. Mais il y a une personne à qui je n’ai pas encore rendu hommage. Et pourtant, cette personne m’accompagne à chaque instant depuis le tout premier jour et sa place dans ma vie et dans mon cœur n’a cessé de grandir. Une personne si importante que, sans elle, mon aventure n’existerait pas, mes journées seraient moins intenses et sans qui, je dois l’avouer, ma vie serait moins belle.

Je veux parler de mon ami, de mon amour, de mon enfant, de mon cousin et surtout de mon complice « BALOO ». Car oui, Baloo est tout ça à la fois pour moi. Pour la majeure partie des 7 milliards d’habitants de notre planète, ce n’est qu’une vulgaire machine. Un simple moyen de transport. Pfff… Quelle bande d’ignorants ! Baloo a une âme et un cœur bien plus vivant que la plupart d’entre eux. Il me parle, je le comprends et lui réponds. Il s’exprime à sa façon et je suis le seul privilégié à pouvoir déchiffrer le message qu’il veut faire passer. Je perçois chacun de ses changements d’humeur qui peut s’exprimer par une pression des pneus plus faible, un ralenti plus haut ou plus bas, un retour d’échappement à la décélération ou bien encore une accélération plus incisive qu’à l’habitude.

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Voilà 20 000 km que nous explorons ensemble ce territoire qui nous est à tous deux inconnu. Ensemble, nous avons vaincu vents et tempêtes et découvert des endroits tous plus extraordinaires les uns que les autres. Nous sommes un duo de choc et lorsque nous roulons, rien ne peut nous stopper.

C’est grâce à Baloo que je peux expérimenter cette sensation de liberté qui m’est si précieuse et je sais qu’il prend tout autant son pied que moi. Parfois, j’ai l’impression que nous étions faits pour nous rencontrer et chaque jour notre relation s’intensifie. Je ne suis pas tout le temps facile à vivre mais, après tout, lui non plus. Comme cette fois au Brésil où au milieu de cette petite ville (probablement la plus moche qu’il m’est été donné de voir dans ce pays) perdue au milieu de nulle part, il a refusé de démarrer après 30 min d’efforts acharnés. Ce n’est seulement qu’après avoir chuchoté gentiment à son « oreille » que je l’aimais, que nous devions poursuivre notre route et que vous avions encore de nombreuses aventures qui nous attendaient qu’il a décidé de démarrer du premier coup. Quel capricieux !

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Mais je lui dois tout et chaque jour nous rapproche l’un de l’autre. Voyageant seul (ou en tout cas sans autre être humain), il est mon seul compagnon. Il sait tout ce que j’ai vécu depuis le début. Il connaît chacune de mes rencontres, chacune des pistes compliquées que j’ai empruntées, et chaque moment qui m’a coupé le souffle. Tous ces instants que je ne vous ai pas racontés, où je n’ai pas pris de photos et qui ne feront jamais partie de mes synthèses vidéo, Lui, il les connaît.

Je ne pensais pas qu’il était possible de créer ce genre de relation mais chaque tour de mon compteur journalier me prouve le contraire. Il faut le vivre pour le comprendre. A cette moto, j’y ai consacré toute mon âme. Avec mon père, nous l’avons transformée pour l’adapter au mieux à ce périple. Nous y avons passé des heures, des jours et des semaines. Des moments père / fils inoubliables.

 

Chaque matin, j’ai pour habitude de la saluer (oui par moments c’est un « il » et d’autres un « elle », tout dépend de notre humeur respective), de lui demander si tout va bien. Parfois à haute voix et parfois dans ma tête. De toute façon, on se comprend d’un seul regard ! Sur la route, je lui parle, je lui chante mes chansons préférées,  je m’extasie sur les paysages avec lui, et je le félicite d’une tape sur le réservoir comme un cheval après une section offroad difficile. Le soir, je viens même faire trinquer mon verre avec son châssis. A se demander, si comme Robinson Crusoé, je ne serais pas doucement entrain de développer quelques symptômes schizophrènes.

Nous avons encore tellement à découvrir ensemble. Des routes, des pistes, des galères mais surtout un nombre incroyable d’aventures plus dingues les unes que les autres et c’est un honneur pour moi que de vivre tous ces moments à ses côtés. Alors à toi Baloo : MERCI POUR TOUT !

 

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Mes Premiers Pas dans les Andes

« La Cordillère des Andes »… Rien que de prononcer son nom, on peut avoir des frissons. Cela sonne comme un lieu loin de tout, loin du temps, loin de toute modernité, loin de chez nous, loin de nos standards. Une terre d’aventure aussi précieuse que capricieuse.  En tout cas, c’est ce que la plus grande chaîne montagneuse du monde m’évoquait lorsque je suis arrivé à ses pieds en ce début 2019.

Après avoir littéralement explosé de joie à ma première vision de ses sommets enneigés, j’ai tout de suite su que j’allais lier une relation forte avec cette région du monde.

Pour le petit cours de Géographie :

  • Longue de 7 100 km, commence au Venezuela et traverse la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et vient mourir au Sud de l’Argentine
  • De 200 à 800 km de large
  • Altitude moyenne 4 000 m

Allez Bim ! Mange ! Une fois que tu as pris ça dans les dents, tu comprends que les mois qui arrivent vont être sauvages ! Et c’est exactement ce que je recherche. Me lancer à l’ascension de ces reliefs et voir ce que le voyage me réserve de plus extrême.

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C’est donc dans la région de Mendoza que je pénètre ce territoire inapprivoisé. Plus précisément, à Las Vegas (si si, je te jure !). Je prendrai 10 jours pour me reposer au cœur des montagnes et pour faire connaissance avec douceur avec mon nouveau terrain de jeux. Ce petit camping est le lieu parfait pour cela. Avec une vue sur deux sommets à plus de 5 000 m, le café du matin à un goût des plus particuliers, et les Asado / vins du soir une saveur unique. Par moment, je m’équipe et pars en expédition avec Baloo sur les pistes des environs. Sans bagage et poignée dans l’angle, on s’amuse comme deux enfants dans un bac à sable.

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J’y ferai la rencontre de Aureliano, propriétaire du camping mais surtout passionné de sa région, de son histoire et de sa culture. Quant à la famille de Français volontaires sur place (Agnes, Sébastien et leurs deux enfants), nous échangerons sur ce qu’est la vie, la vraie ! L’éducation des enfants, la situation en France et dans le reste du monde. Nous rêvons de solidarité, de paix, d’égalité mais aussi d’aventures. Ils seront une famille de substitution pour moi pendant ces quelques jours. Si Agnès lit qu’ils ont été comme des parents pour moi, elle va me tuer, c’est sûr et je préfère ne pas m’y risquer.

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Un beau matin ensoleillé, je donne rendez-vous à Sébastien, du projet « L’oiseau Rouge », un autre motard voyageur français, pour une ballade jusqu’à la frontière avec le Chili. Une ballade à moto qui nous prendra toute la journée. Le paysage qui défile est spectaculaire. Les couleurs se battent pour être élues « la plus éclatante ». Les blancs des neiges et nuages, les différents bruns, marrons et rouges des roches, les verts des buissons et timides arbres, les bleus du ciel et des rivières… A chaque kilomètre, sa nuance.

Arrivés à la frontière, une piste annexe nous emmènera à presque 4 000 m d’altitude sur la crête entre l’Argentine et le Chili. Il y a du vent (beaucoup), il fait froid et l’altitude se fait remarquer sur le corps et sur les machines qui ont perdu en puissance. Mais après un chocolat chaud, nous repartons fiers de notre accomplissement du jour. Je n’avais jamais conduit à cette hauteur. Pour comparaison, la plus haute route d’Europe (« Route de la Bonette ») s’élève à 2 802 m de haut. Une enfant…

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Sur le retour, nous prenons le temps d’observer l’Aconcagua. A 6 962 m, c’est le plus haut sommet de toutes les Amériques. Une nouvelle journée de rêve à l’actif de Take A Way et je suis impatient de partir plus au Sud.

« La vie ce n’est pas simplement respirer, c’est aussi avoir le souffle coupé »

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Au revoir la Pampa. Bonjour les Sommets des Andes !

C’est donc avec Baloo remis en état que je quitte Buenos Aires pour cette nouvelle année. La destination ? LES ANDES ! Ce lieu qui me parait lointain mais à portée de roue. Cependant, avant de rejoindre cette terre d’aventure, je dois parcourir plus de 1 000 Km à travers la Pampa.

La Pampa est un lieu assez ennuyant pour être franc ; peuplé de lignes droites sans fin qui coupent les champs et cultures de fruits et légumes. Au début, on peut être émerveillé par cette atmosphère mais, rapidement, on se rend compte que le paysage semble ne pas défiler et seules les coupures de la ligne centrale de la route me rappellent qu’effectivement, je suis bien entrain d’avancer. Par chance, la météo est de mon côté. Pour le moment…

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Le Dimanche 6 Janvier, je décide de m’arrêter au camping municipal de Général Levalle. Il est situé au bord d’un petit lac calme et reposant. Plusieurs familles sont déjà installées à mon arrivée mais je trouve sans difficulté un petit coin au calme. Le temps d’installer le campement, je sens le vent se lever. J’ai un mauvais pressentiment mais il est trop tard pour faire marche arrière et remballer toutes mes affaires.

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C’est lorsque le soleil disparaît à l’horizon que le vent s’accentue à nouveau et des nuages menaçants font leur entrée en scène de nulle part. Pas grave, c’est l’heure d’aller dormir de toute façon. Cependant, voici ce que j’ai écrit dans mon carnet de voyage à 2 h du matin :

« C’est la nuit noire au bord de ce petit lac. C’est la tempête. Je suis piégé dans ma tente depuis 22 h. Impossible de fermer l’œil. Il pleut de plus en plus fort et c’est une véritable compétition qui débute entre la pluie et le vent. Le but du jeu ? C’est à celui qui grondera le plus fort.

 

Le vent est tellement puissant qu’il fait s’élever des gouttes d’eau du lac donnant alors, malgré lui, un coup de pouce à son adversaire du jour. Ma tente se remplit de sable dont les grains sont bien trop fins pour être stoppés par ma moustiquaire. La paroi extérieure de la tente est plaquée par le vent sur la paroi intérieure. La pluie se transfère d’une couche à l’autre comme un morceau de sucre trempé dans du café et me voila désormais en plein dégât des eaux.

 

Du sable et de l’eau au milieu de la Pampa entre Buenos Aires et Mendoza. Je dors dans un vrai Oasis. Seule la crainte de me recevoir un arbre ou une branche déchue par le vent vient briser mon rêve ».

Je ne trouverai le sommeil qu’après 4h30 du matin où la fatigue de tenir les arceaux de ma tente maltraitée par les conditions climatiques aura raison de mon énergie.

Le lendemain fût tout aussi horrible. Pluie, vent et froid sur plus de 300 km. L’occasion de tester pour la première fois mes gants chauffants. Mais malgré cela, j’ai le corps gelé et complètement crispé sur la moto. San Luis sera ma maison pour la nuit.

Le jour d’après, par contre, restera gravé dans ma mémoire à tout jamais. Les lignes droites sont toujours aussi ennuyantes. Je décide donc d’emprunter la piste qui longe l’autoroute à quelques mètres. C’est bien plus fun… Le gris des nuages a laissé place à un ciel d’un bleu éclatant. Je garde mes yeux rivés sur l’horizon à la recherche de ma première vision des Andes. Rien n’y fait, malgré les kilomètres avalés, les reliefs restent timides.

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A 90 km de Mendoza, je me concentre une nouvelle fois pour observer bien plus loin que le bout de mon nez. Et là, c’est la grande surprise. Ce que je pensais être des nuages était en fait les sommets enneigés des Andes. Une sensation de joie extrême m’emporte. Je saute sur la moto, je crie de toutes mes forces, le poing levé en l’air et je fonds en larmes. J’attendais ce moment depuis si longtemps ! Depuis la préparation de ce voyage, les Andes ont toujours été le point fort de mon périple. Et après plus de 15 000 km, 3 mois et demi, une crevaison, 4 chutes et des tempêtes, j’y suis enfin arrivé ! Une chose est sûre : « Ca va envoyer le pâté ! »

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Je Chute à Buenos Aires Pour la Nouvelle Année

Le 26 Décembre, je prends la route au départ de Puerto Iguazu en direction de la capitale. Je laisse les chutes d’Iguazu derrière moi, mais dans un coin de ma tête pour le restant de mes jours. J’enchaîne les kilomètres voulant être à Buenos Aires le plus rapidement possible pour fêter la nouvelle année. Je partagerai une portion de route avec Daniel. Un anglais un peu paumé qui vit au Brésil. Il veut faire l’aller-retour pour la Patagonie en moins de 7 jours… Mais il ne sait même pas où se trouve cette région du continent. Une mission vouée à l’échec. Je vous avais bien dit qu’il était paumé.

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Mon arrivée à Buenos Aires fût des plus remarquables. Après avoir avalé 700 km dans la journée, j’arrive en pleine heure de pointe sur l’Avenue 9 de Julio ; l’avenue la plus large du monde. Il y a en tout 20 voies de circulation : 2 fois 4 voies dans un sens et la même chose pour l’autre sens, séparées par 4 voies de bus au centre. Je zigzague entre les voitures pour me frayer un chemin dans cette jungle urbaine. C’est à ce moment que mes deux câbles d’embrayage (celui en fonction et celui de secours) se bloquent dans ma direction m’empêchant soudainement de tourner à gauche. Je finirai donc par faire un « tout-droit » en pleine action avant de chuter fortement au sol. Un homme m’aide à relever la moto et la ranger sur le trottoir. Je vais bien. J’inspecte la moto à la recherche de la cause de mon accident et après plusieurs minutes, je peux observer que mes deux câbles sont complètement rongés et bloqués dans la potence de mon guidon. Pas le choix, sans embrayage, je vais devoir pousser la moto sur les 2 km restants pour rejoindre mon hôtel.

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C’est la sortie du travail et les hommes d’affaires en costard me regardent pousser ma moto d’un œil stupéfait. « Mais qu’est-ce que ce mec fout ici ? » Je les imagine se poser ce genre de question. Par le passé, j’ai déjà eu à porter ce genre de costume pour le travail. Et je vous assure que je suis bien mieux à pousser ma moto ; je ne changerais ma place pour rien au monde. Seul un motard Brésilien viendra à mon secours sur le dernier kilomètre. Je le remercie encore aujourd’hui car je commençais à voir le bout de mes capacités physiques. La famille des motards n’a pas de frontière !

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Il fait chaud, la moto est lourde, l’équipement est pesant et je me demande pourquoi cela est  arrivé. Je n’en tire qu’une seule conclusion : Baloo a voulu me faire passer un message. J’avais parcouru plus de 4 000 km en moins de 12 jours (dont 3 jours de pause). C’est sa façon à lui de me dire qu’il n’aime pas voyager ainsi. Cet accident aurait pu m’arriver à n’importe quel moment. Mais c’est à 20 km/h et à 2 km de mon hôtel que celui-ci s’est produit. Je pense que j’ai grillé un bon joker sur ce coup.

Après quelques jours passés à me reposer et réparer les dégâts subis par Baloo, les dernières heures de 2018 se font sentir. Pour l’occasion, je décide de me rendre à un dîner de gala pour observer un spectacle de Tango dans un des théâtres les plus mythiques de Buenos Aires. Tout le monde est bien habillé, et à voir mes voisins de table, je pourrais être pour eux un digne représentant du tiers-monde. Je suis loin d’être à mon aise et j’ai davantage l’impression de sortir de ma zone de confort ici que lorsque je suis sur la route, perdu au milieu de nulle part. Mais le spectacle est d’une beauté inimaginable. La complicité entre les couples de danseurs est presque palpable. Ils échangent regard et sourire en enchaînant des pas de danse venues d’un autre monde et ne font qu’un avec l’orchestre qui les accompagne. Je ne pensais pas que le Tango était aussi technique. Je suis bouche-bée, complètement scotché devant ce qui se passe. J’ai l’impression que la grâce de ce spectacle est un cadeau d’accueil des Argentins. C’est un moment unique que je n’oublierai jamais.

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Dès la fin du show, je quitte la salle pour observer le feu d’artifice avant de rejoindre un autre lieu où l’ambiance sera bien différente. J’ai acheté en ligne un billet pour une soirée de musique trance qui se situe dans un quartier festif de la capitale. Buenos Aires est une ville où moderne et traditions avancent main dans la main et non en conflit comme dans la plupart des autres grandes métropoles. Je voulais donc vivre ces deux expériences dans la même soirée. Malheureusement, après 1h30 d’attente, la porte de la soirée reste close et je décide de rentrer gentiment en direction de l’hôtel. De toute façon ce n’est pas grave, j’ai encore quelques jours à profiter des beautés de cette ville avant de me lancer dans la traversée de la Pampa en direction des Andes !

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Les chutes d’Iguazu – La plus belle frontière naturelle du monde

Incroyable et majestueux. Ce sont les deux adjectifs qui nous sautent à la tête lorsque l’on arrive face aux chutes d’Iguazu. Ces chutes se situent sur la frontière entre le Brésil et l’Argentine. Et quelle frontière ! Je suis incapable de vous donner le nombre de cascades dont ce parc dispose. Mais je peux vous donner un chiffre : 1,5 millions.

1,5 millions, c’est le nombre de litres d’eau qui s’écoulent chaque seconde. Un débit impressionnant qui peut augmenter après de fortes pluies. En 2014, le parc a enregistré un débit record de 45 MILLIONS de litres à la seconde. Le parc a été ravagé et les plate-formes pour les visiteurs ont été détruites.

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Il est possible de visiter ce lieu du côté brésilien et du côté argentin. Venant du Brésil, je commence logiquement par ce pays. Les chutes sont les mêmes mais la vue est différente. Il y a une seule plate-forme / parcours faisable facilement en une demi-journée. Du coté Argentin par contre, le parc s’étend sur plusieurs kilomètres et il faut une journée complète pour profiter pleinement de ce lieu « Hakuna Matata ».

J’arrive à 7h30 pour l’ouverture du parc à 8h00. Nous sommes déjà environ 300 personnes à attendre l’ouverture des portes. A 8h tapantes, nous entrons dans le parc mais prenons des chemins différents. L’ensemble de ces 300 personnes se dirige vers la cascade du Diable. La plus grosse attraction du parc. Je me doutais que cela allait arriver, j’ai donc décidé de prendre un chemin annexe (le chemin supérieur). Cette décision fût la bonne. Je me retrouve seul, de bon matin, dans l’immensité de ces cascades. Toute la faune et la flore m’offrent un spectacle privé pour le petit-déjeuner. Je me sens privilégié d’être ici et d’avoir la chance de vivre cette expérience loin de la foule touristique en ce 25 Décembre.

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Je ne pouvais rêver mieux comme endroit pour me servir de transition entre ces deux pays. C’est avec émotion que je me promène entre les chutes en me ressassant chaque moment marquant de mon aventure au Brésil. Les bons comme les mauvais. J’ai parcouru tellement de kilomètres, rencontré un nombre incroyable de personnes formidables, les plages, les cocktails, la musique, les chutes, les emmerdes… Pour quelqu’un de très émotif comme moi, cet instant de grâce fût très intense. Une véritable récompense.

Il y a de nombreux visiteurs, nos regards se croisent, nous échangeons quelques mots, nous observons le même spectacle, et pourtant je vous assure que nous ne voyons pas la même chose. Ou en tout cas pas de la même façon. Il est compliqué de mettre des mots sur cette pensée mais je n’ai pas pris un avion pour me rendre ici en seulement quelques heures. J’ai conduit près de 15 000 km pour y arriver. Cela donne une toute autre dimension et c’est aussi pour cela que j’aime ce voyage à moto. Tout a un goût différent.

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Les chutes, quant à elles, sont extraordinaires. L’eau est calme avant d’atteindre le précipice et commence à s’agiter fortement à l’arrivée du grand saut. Les berges de la rivière se resserrent et l’eau accélère. Les couleurs changent aussi. L’eau transparente devient laiteuse en s’oxygénant. Les chutes sont tellement grandes qu’on a l’impression de voir tomber l’eau au ralenti. Par moments, on pourrait presque croire que la terre est plate dans ce lieu. Le bruit est tout aussi impressionnant que le reste. Les tonnes d’eau qui se heurtent sur la rivière et les rochers en contre-bas pourraient faire croire à une collision entre un bus et une locomotive. Malgré ces 90 m de hauteur, la chute du Diable dispose d’assez de puissance pour faire surgir une brume palpable de son gouffre et ainsi mouiller l’ensemble des personnes perchées sur la plate-forme d’observation. Sous 35°C, je ne vais pas me plaindre et vais en profiter pour me rafraîchir de nombreuses minutes. La plus belle douche de ma vie !

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Mission Solidaire #1 – Terr’Ativa / Rio de Janeiro

Quelle joie ! Quel honneur ! Après plusieurs mois de voyage j’ai enfin rejoins Rio De Janeiro. Grande métropole du Brésil avec ses plages, son ambiance Samba, son surf et son stade foot légendaire. Mais pour moi c’est surtout la ville qui accueille l’association Franco-Brésilienne Terr’Ativa. Cette association basé dans la Favela Du Morro Du Fuba a pour but de promouvoir l’accès à l’éducation et à la culture à de nombreux jeunes du quartier.

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A travers les différentes missions solidaire que je vais accomplir tout au long de mon aventure, je cherche à documenter le processus qui suit un don. Où va l’argent ? Comment est-il utilisé ? Qui bénéficie de cette donation ? J’avais envie de comprendre et voir concrètement la réalité qui suit un apport financier à ce genre de structure. Et j’avais également envie de vous montrer ce déroulement. Peut être dans l’espoir de vous donner confiance envers le monde des associations. Peut être dans l’idée de vous faire adhérer à apporter votre soutien lors de vos futurs périples à l’étranger. Peut être pour simplement vous faire découvrir le fonctionnement d’une association. Je vous laisse choisir.

Bien évidemment, apporter de l’aide à une association est une superbe gratification. Ce n’est pas la première fois que je participe à ce type de soutien et je suis persuadé que le don est la meilleure forme d’accomplissement qu’il soit. Être capable d’être heureux et comblé en offrant de son temps, de son énergie, de sa volonté et parfois de ses économies est ce que je préfère chez les personnes que je rencontre. Dans ce monde ou l’individualisme prime sur tout, où nos modes de consommations mettent en danger l’avenir de notre planète et créez des inégalités de plus en plus forte, nous devons faire preuve de solidarité. Après tout, nous sommes une grande famille ! Il ne faut pas l’oublier !

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J’ai donc rendez-vous un beau matin avec Justine Laborde qui gère l’ensemble des activités de Terr’Ativa. Avec l’une de ses associées, nous partons dans un grand centre commercial afin de pouvoir effectuer nos achats. Nous avons une liste bien précise et un budget de 1100€ à ne pas dépasser. Nous parcourons l’ensemble des rayons à la recherche de tout le matériel dont nous avons besoin :

  • Cartables
  • Cahiers
  • Trousses
  • Crayons de papier
  • Stylos
  • Taille crayon
  • Règles
  • Ciseaux
  • Gommes
  • Colles
  • Pate à modeler
  • Papier canson
  • Et du matériel divers pour l’association

Total des courses : 900€. Ce qui laisse une différence de 200€ qui sera utilisée pour les autres associations. Il n’est pas nécessaire de ce forcer à atteindre le budget limite. Si les besoins sont comblés alors autant faire profiter d’autres personnes plus tard.

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Le caissier en a ras le bol de nous et de nos aller-retours dans les rayons, de biper tous nos articles et de tout ranger dans des sacs. Tandis que les autres clients nous regardent avec de grand yeux plein d’incompréhension et de questionnement. Nous allons devoir commander 2 Uber pour pouvoir transporter l’ensemble de cet achat. Nous passerons le reste de la journée à préparer les différents « kits » de rentrée scolaire qui seront distribués aux 40 enfants.

Deux jours plus tard (le 12 Décembre), Terr’Ativa organise une fête de Noel pour les enfants avec musique, repas et quelques activités. L’une d’entre elle sera de présenter mon projet Take A Way auprès de tous ces visages curieux. Les questions fusent : Combien de kilomètre à tu parcouru ? Comment s’appelle ta moto ? Est-ce que tu as fais tout ce chemin avec un seul plein d’essence ? J’ai même eu le droit à un mignon « As-tu une petite copine ? » de la part des petites filles.

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Les présentations effectuées, il est temps d’offrir les cadeaux. Vous auriez du voir la joie qui se lisait sur leurs visages et les cris lorsque Justine a annoncée qu’ils allaient tous recevoir un nouveau sac à dos tout neuf avec pleins d’affaires scolaires ! J’en ai eu les larmes aux yeux et j’ai failli craquer à plusieurs reprises dans la journée croyez-moi ! Ces enfants ratent régulièrement les rentrées scolaires manque de matériel. Certains ont une vie et/ou un passé mouvementé. Ils évoluent dans un environnement complexe et disposer de matériel neuf est quelque chose de peu commun.

Un par un, les jeunes viennent choisir le sac à dos qu’il préfère et se mette en position pour une photo souvenir. Tous me diront merci pour ce geste. Mais ce « merci » ne m’est pas uniquement destiné. Il est aussi pour vous ! Vous les généreux donateurs qui ont permis de mettre en place cette journée exceptionnelle. Je suis qu’un simple messager de votre solidarité. Un messager fier d’avoir réussi cette première étape, fier d’avoir mis en place ce projet mais surtout fier de cet élan fraternel qui véhicule autour de Take A Way. A mon tour je vous remercie pour votre confiance.

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Je suis impatient de continuer ma route et partir à la rencontre des autres associations qui vont être soutenues dans les mois à venir.

Vous pouvez d’ailleurs les découvrir sur ce lien : Cliquez ici pour voir qui sera aidé

Vous pouvez également faire un don paypal qui sera utilisé dans les prochaines associations ici : Cliquez ici pour découvrir comment participer

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Aventure Au Cœur du Minas Gerais 

10 000 km depuis mon arrivée au Brésil. Baloo vient d’ailleurs tout juste de fêter ses 20 000 km. Je suis fier de lui. Mais la grande majorité de cette distance était en pure ligne droite. Parce que oui le Brésil a décidé sans prévenir d’être un pays gigantesque. Toute la côte est magnifique mais les lignes droites soporifiques ont eu raison de mon pneu arrière. C’est après une bonne vidange et de nouveaux chaussons que j’aspire à de belles routes. Je rêve de virages, de montagnes, de dénivelés et de pouvoir enfin jouer un peu avec le sélecteur de vitesses.

Belle coïncidence, je suis aux portes du Minas Gerais. Cet état voisin de celui de Rio est simplement parfait pour ce que je recherche. Difficile de parler de montagnes ici quand on connaît les Alpes, mais les collines vertes offrent un terrain de jeux idéal. Des routes en plutôt bonnes conditions, une bonne visibilité et des virages à avoir le mal de mer. Le panorama qui défile devant mes yeux est en Full HD et j’ai l’impression d’avoir un cône lumineux supplémentaire tellement les verts font pétiller le rouge de la terre des pistes qui se perdent dans la forêt.

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Au bout de nombreuses heures à jouer avec le centre de gravité de ma bécane, j’atterris à Serro situé a environ 350 km au Nord de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais. Cette ville est superbe. L’architecture du XVIIIème siècle et les couleurs des anciennes bâtisses appellent à voyager dans le temps. Dans cette véritable ville de montagne, les rues tout en pavés sont très pentues. Ca fait les cuisses ! Mais à chaque fois qu’on lève le regard, un environnement spectaculaire nous fait face. Le vert des forêts, les couleurs vives de ces maisons coloniales et le nombre incroyable d’églises permet de revenir 300 ans en arrière. Une fois la nuit tombée, toutes ces rues éclairées me font penser à des pistes de skis que l’on peut observer sur la colline d’en face en France pendant l’hiver.

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Tout comme dans le reste du Brésil, les habitants sont géniaux. Une petite pause dans un café m’aura valu de rencontrer de superbes personnes. Notamment Luiz qui me fera visiter une cascade lors d’une petite marche dans ce paradis verdoyant. Je serai même invité à sa fête d’anniversaire dans la maison de ses parents perdue au milieu des collines. J’ai été accueilli comme un membre de la famille par ses parents et tous ses amis. Un grand moment. Je les remercie tout chaleureusement.

Luiz

Mon objectif est de suivre le Chemin des Diamants (« Caminho dos Diamantes ») qui débute à Diamantina et se termine à Ouro Preto. Cette piste était utilisée depuis le 18ème siècle pour acheminer les pierres précieuses en direction de la côte. Diamantina était le centre névralgique de l’extraction des diamants et est inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Malheureusement, à cause de la météo et d’un délai strict à respecter pour rejoindre l’association que je vais soutenir à Rio de Janeiro, je ne pourrai visiter cette ville.

Un bon matin, après plusieurs jours de pluie intense, je décide de prendre la route. Plus le choix, je dois partir de Serro. C’est après 3h de route que je rejoins la portion piste de l’Estrada Real. Je ne sais pas trop dans quoi je m’embarque à ce moment-là. Et je vais bien en baver !

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Durant 3h30, j’ai pataugé dans les flaques d’eau, la boue, à m’arrêter toutes les 15 minutes pour ouvrir et refermer les différentes portes des fermes qui bloquent le passage du bétail. Je peux très facilement savoir quand j’approche d’une étable. Les vaches empruntent le même chemin pour rejoindre les champs voisins et leurs pas sur la piste aggravent les conditions de roulage qui étaient déjà très techniques. J’ai chaud, j’avance doucement, je n’ai rien avalé de la journée à part un petit biscuit au chocolat. Je transpire énormément et le physique commence à montrer des signes de fatigue. Mais le moral est au rendez-vous. Un petit moment d’inattention verra d’ailleurs Baloo partir au sol pour une petite sieste. Il doit être aussi fatigué que moi. Mais dans un effort commun, nous nous relevons et repartons à la découverte du lieu magique dans lequel je me trouve. Quelle chance ! Quel privilège !

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Cette journée me réserve une dernière surprise. Avant d’arriver à Ouro Preto, mon GPS décide de me faire passer par une piste qui surplombe toute la vallée. Ici beaucoup moins de boue (et heureusement car ça grimpe !) mais l’eau ayant creusé de belles crevasses, il faut être concentré pour bien calculer sa ligne pour atteindre le sommet. Si on s’arrête, repartir pourrait être compliqué sans élan. Il faudrait alors faire marche arrière pour recommencer. Par chance Baloo est encore en pleine forme et je me laisse guider par son mono coupleux.

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L’arrivée à Ouro Preto est spectaculaire et émouvante. Surplomber cette citée coloniale est un véritable cadeau de la part du Minas Gerais. Je ne pouvais rêver mieux en cette journée après tant d’efforts. Depuis mon départ, je pense que c’est la plus belle ville que j’ai visitée. Sur les mêmes bases que Serro, cette ville riche d’architecture est aussi perchée sur le flanc d’une colline. De plusieurs, même ! Musée, musique, architecture… On ne s’ennuie pas ici. Mais après quelques jours, je dois reprendre la route et rejoindre Rio de Janeiro au plus vite. Mais mon passage chez les Cariocas fera l’objet d’un autre article 😉

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