La Ruta 40 : Synonyme d’Extase et de Liberté

C’est après plus de 10 jours dans la région de Mendoza que je repars enfin vers de nouveaux horizons. Mon GPS Garmin Montana est mort pour le moment, mais ce n’est pas grave car ma direction est simple, je vais vers le SUD. Près de 3 500 km me séparent de mon objectif argentin : Ushuaia. Mais l’heure n’est pas à rêver de ce bout du monde. D’ici-là, il y a de nombreuses expériences que j’attends avec impatience.

Il a fallu plus de 10 jours d’une bataille administrative sans fin pour récupérer deux colis envoyés de France contenant des pièces de rechange pour Baloo. 10 jours perché à 2 000 m d’altitude pour remettre Baloo en parfait état, car au Sud de Mendoza, les garages se font rares et les pièces de rechange timides. Mais le jour du nouveau grand départ est arrivé. Il fait beau, pas un seul nuage dans le ciel et malgré un bon mal de crâne, je suis en pleine forme. A 10 h, le café et le petit déjeuner sont engloutis et les affaires sont chargées sur la moto. Baloo semble tout aussi impatient que moi de reprendre enfin la route. 10 jours sur place pour des nomades comme nous deux, cela fait trop. On a la bougeotte, que veux-tu !!

Camp

La journée débutera par 100 km de pistes aussi incroyables que compliquées. Le sol est très sableux et profond de 4 à 5 cm par endroit. Il faut rester prudent et ne pas se laisser emporter par l’envie de faire parler les quelques chevaux de ma KLR sous peine de grosses frayeurs. J’en ferai d’ailleurs les frais après une portion où le revêtement de la piste était de bien meilleure qualité me permettant alors d’augmenter ma vitesse de croisière. Cependant, sans signe de changement, la piste redevient tout à coup couverte de cette poussière épaisse. L’avant partira à gauche tandis que l’arrière lui dira merde en partant tout à droite. Perdu au milieu de ce conflit, mon corps tordu tentera de réconcilier les deux parties de ma moto. Par chance avec succès. Cela remet les choses en place sous le casque. Mais j’en ai quand même bien rigolé, je dois l’avouer.

La vue est superbe. J’évolue à l’Est des Andes et passe à côté d’un volcan qui semble avoir été dessiné au milieu de cette plaine pour donner un point de repère aux voyageurs pour leur montrer qu’ils avancent belle et bien. Car hormis ce petit relief, il n’y a absolument rien à l’horizon à part cette piste qui disparaît là où le regard ne peut plus aller.

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Le soir venu, je m’arrête sur la R222 (près de « Pozo de los Animos ») le long d’une rivière avec vue sur les montagnes. J’installe le camp et démarre le feu sous les yeux d’une jument et de son petit. Au départ, ils hésitent à s’approcher de moi, mais je leur montre que je ne suis d’aucune menace pour eux et ils traversent donc la rivière à quelques mètres de moi. Le feu dégage une odeur que je ne connais pas. Le bois que j’utilise doit sûrement être différent de celui que j’ai pu rencontrer auparavant.  Quelle scène magnifique ! Me retrouver ici, à profiter de la chaleur du feu et à observer ces deux chevaux sauvages avec comme seul fond sonore le bruit de l’eau sur les galets et les oiseaux qui chantent en plein coucher de soleil. Je me sens privilégié et ému de l’expérience que je suis en train de vivre.

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Les jours qui suivent seront tout aussi magiques. J’ai passé toute une semaine à explorer les régions traversées par la fameuse Route 40. Par moments, je sors de cet axe principal et pars à l’aventure sur de nombreuses pistes annexes qui me mèneront à de nouveaux endroits loin des circuits touristiques. Je campe tous les soirs, cuisine au feu de bois, me lave dans les rivières et m’approvisionne en eau potable. L’eau est fraîche, pleine de minéraux et savoir qu’elle coule directement des montagnes environnantes lui donne une saveur spéciale. Le soir,  j’observe les étoiles et reste rêveur sur les derniers mois passés et sur les nombreux autres qui m’attendent.

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Je n’avais jamais ressenti une sensation de liberté aussi forte. Pour mon entrée en Patagonie, j’ai décidé de ne faire qu’un avec la nature. Pas de GPS, pas de téléphone. Juste une carte papier et l’orientation du soleil pour m’aider à prendre une décision lors d’un croisement. Les paysages sont de toute beauté et d’une diversité qui me surprend énormément. En quelques kilomètres, je passe de grande plaine aride à des montagnes vêtues de forêts luxuriantes. Lacs et rivières sont également de l’équation pour mon plus grand plaisir. Je fais partie intégrante du milieu dans lequel j’évolue. Comme un membre de la faune et flore locales et non comme un être humain de passage. Que la vie est belle…

« Le voyage est le meilleur moyen de se perdre et de se retrouver en même temps »

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2 commentaires sur “La Ruta 40 : Synonyme d’Extase et de Liberté

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