Je Chute à Buenos Aires Pour la Nouvelle Année

Le 26 Décembre, je prends la route au départ de Puerto Iguazu en direction de la capitale. Je laisse les chutes d’Iguazu derrière moi, mais dans un coin de ma tête pour le restant de mes jours. J’enchaîne les kilomètres voulant être à Buenos Aires le plus rapidement possible pour fêter la nouvelle année. Je partagerai une portion de route avec Daniel. Un anglais un peu paumé qui vit au Brésil. Il veut faire l’aller-retour pour la Patagonie en moins de 7 jours… Mais il ne sait même pas où se trouve cette région du continent. Une mission vouée à l’échec. Je vous avais bien dit qu’il était paumé.

p1030182

Mon arrivée à Buenos Aires fût des plus remarquables. Après avoir avalé 700 km dans la journée, j’arrive en pleine heure de pointe sur l’Avenue 9 de Julio ; l’avenue la plus large du monde. Il y a en tout 20 voies de circulation : 2 fois 4 voies dans un sens et la même chose pour l’autre sens, séparées par 4 voies de bus au centre. Je zigzague entre les voitures pour me frayer un chemin dans cette jungle urbaine. C’est à ce moment que mes deux câbles d’embrayage (celui en fonction et celui de secours) se bloquent dans ma direction m’empêchant soudainement de tourner à gauche. Je finirai donc par faire un « tout-droit » en pleine action avant de chuter fortement au sol. Un homme m’aide à relever la moto et la ranger sur le trottoir. Je vais bien. J’inspecte la moto à la recherche de la cause de mon accident et après plusieurs minutes, je peux observer que mes deux câbles sont complètement rongés et bloqués dans la potence de mon guidon. Pas le choix, sans embrayage, je vais devoir pousser la moto sur les 2 km restants pour rejoindre mon hôtel.

cable 1

C’est la sortie du travail et les hommes d’affaires en costard me regardent pousser ma moto d’un œil stupéfait. « Mais qu’est-ce que ce mec fout ici ? » Je les imagine se poser ce genre de question. Par le passé, j’ai déjà eu à porter ce genre de costume pour le travail. Et je vous assure que je suis bien mieux à pousser ma moto ; je ne changerais ma place pour rien au monde. Seul un motard Brésilien viendra à mon secours sur le dernier kilomètre. Je le remercie encore aujourd’hui car je commençais à voir le bout de mes capacités physiques. La famille des motards n’a pas de frontière !

aide

Il fait chaud, la moto est lourde, l’équipement est pesant et je me demande pourquoi cela est  arrivé. Je n’en tire qu’une seule conclusion : Baloo a voulu me faire passer un message. J’avais parcouru plus de 4 000 km en moins de 12 jours (dont 3 jours de pause). C’est sa façon à lui de me dire qu’il n’aime pas voyager ainsi. Cet accident aurait pu m’arriver à n’importe quel moment. Mais c’est à 20 km/h et à 2 km de mon hôtel que celui-ci s’est produit. Je pense que j’ai grillé un bon joker sur ce coup.

Après quelques jours passés à me reposer et réparer les dégâts subis par Baloo, les dernières heures de 2018 se font sentir. Pour l’occasion, je décide de me rendre à un dîner de gala pour observer un spectacle de Tango dans un des théâtres les plus mythiques de Buenos Aires. Tout le monde est bien habillé, et à voir mes voisins de table, je pourrais être pour eux un digne représentant du tiers-monde. Je suis loin d’être à mon aise et j’ai davantage l’impression de sortir de ma zone de confort ici que lorsque je suis sur la route, perdu au milieu de nulle part. Mais le spectacle est d’une beauté inimaginable. La complicité entre les couples de danseurs est presque palpable. Ils échangent regard et sourire en enchaînant des pas de danse venues d’un autre monde et ne font qu’un avec l’orchestre qui les accompagne. Je ne pensais pas que le Tango était aussi technique. Je suis bouche-bée, complètement scotché devant ce qui se passe. J’ai l’impression que la grâce de ce spectacle est un cadeau d’accueil des Argentins. C’est un moment unique que je n’oublierai jamais.

p1030172

Dès la fin du show, je quitte la salle pour observer le feu d’artifice avant de rejoindre un autre lieu où l’ambiance sera bien différente. J’ai acheté en ligne un billet pour une soirée de musique trance qui se situe dans un quartier festif de la capitale. Buenos Aires est une ville où moderne et traditions avancent main dans la main et non en conflit comme dans la plupart des autres grandes métropoles. Je voulais donc vivre ces deux expériences dans la même soirée. Malheureusement, après 1h30 d’attente, la porte de la soirée reste close et je décide de rentrer gentiment en direction de l’hôtel. De toute façon ce n’est pas grave, j’ai encore quelques jours à profiter des beautés de cette ville avant de me lancer dans la traversée de la Pampa en direction des Andes !

4 commentaires sur “Je Chute à Buenos Aires Pour la Nouvelle Année

  1. Salut Clément , c’est toujours avec plaisir que je prends connaissance de tes petits billets.. Le problème c’est pas vraiment la chute mais l‘atterrissage. A priori je comprends qu’il n’y a rien de grave sur le plan physique. C’est le métier de baroudeur qui rentre 😀 C’est quoi tes prochaines étapes ? Bonne route..Thierry

    J'aime

    • Salut salut. Cela me fais plaisir de voir que tu suis les parutions. Oui tu as tout à fais raison.

      Je suis dans les Andes désormais et me dirige doucement vers la Patagonie avec pour objectif d’atteindre l’extrême sud du continent !

      J'aime

    • Baloo é muito especial! Eu estou nos Andes perto da cidade de Mendoza. Estou saindo neste fim de semana para o sul da Argentina. Espero que você esteja bem e que o café esteja sempre tão cheio

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :