Une semaine dans la peau de Take A Way Part 1

Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.

 – PART 1 – Quand tout va bien

Jour 1 – 15/02/19 : Départ de El Bolson en direction de Esquel – 160 km

Après avoir fait mes adieux à toute l’équipe de cette auberge paradisiaque, je prends la route pour Esquel. N’étant qu’à seulement 3 h et quelques de route, je décide de quitter la RN40 dès que possible pour la RP71. Cette piste de ripio bien roulante me permet d’entrer dans le Parc National Los Alerces par le Nord. Après avoir payé les 350 pesos  (= 8€) aux deux superbes femmes qui gardent l’entrée du parc, j’entre dans ce territoire dominé par de nombreux lacs et forêts primaires. De nouveau, le ripio est d’une qualité exceptionnelle et je me retrouve à évoluer le long de cette piste à fleur de colline qui épouse la berge des lacs.

Parc Alerces

Je pensais être seulement de passage pour la journée dans ce parc, mais face à tant de beauté et de pureté patagonienne, je ne suis qu’un vulgaire pantin. Il me sera impossible de résister à y passer la nuit. Je camperai donc sur la « Playa del Frances ». Comme une énième cerise sur le gâteau, la Patagonie m’offre une nouvelle fois un signe de son immense générosité avec une plage dont le nom semble me crier « Mi casa es su casa ! ».

Le campement installé, je sors la canne à pêche et espère prendre mes premiers poissons. « De toute façon, ce soir je mange du poisson ou rien ! ». Voilà ce que je me suis dit en faisant mon premier lancé dans ce lac d’une beauté quasi incompréhensible. Durant 3 heures, je resterai patient à garder un œil conquérant à la recherche d’un dîner potentiel. La nuit tombe et comme la réponse d’un politicien, je n’obtiens absolument rien ! Mais alors rien du tout !

La vue y est cependant spectaculaire. La plage de galets immerge de la forêt pour se jeter dans ce lac entouré de montagnes dont certaines ont encore leur manteau d’hiver. D’un bleu pur et translucide, l’eau laisse apparaître une biodiversité très variée quand on s’en approche. Les poissons (car oui en plus ils sont là ces ******) slaloment entre les différentes espèces d’algues qui, quant à elles, effectuent une chorégraphie lente et ondulée bercée par les quelques mouvements du lac.

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Bredouille et déçu par mon inaptitude à remonter un poisson de l’eau, je casserai ma promesse de ne rien manger en avalant ma dose de riz habituel. Je ferai la rencontre de Luis et Beatriz qui me dépanneront d’un tire-bouchon me permettant de noyer ce qu’il me reste de dignité dans mon Malbec au bord du feu.

Jour 2 : 16/02/19 : Esquel entre motards – 35 km

Le lendemain, après un petit déjeuner gueule de bois au bord du lac et une nouvelle sieste, je continuerai à explorer le parc et ses pistes avant de rejoindre la ville d’Esquel. Quelques jours auparavant, je m’étais arrêté sur le bord de la route pour échanger avec deux motards argentins voyageurs. Ils m’avaient parlé d’un rassemblement de motards au camping « La Colina ». J’arrive sur place à 17h et m’attends à voir 10 motos maximum dans un coin du jardin. Que néni ! A la place, je tombe face à une véritable concentration de deux roues en tout genre qui monopolise l’ensemble du camping.

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Vite repéré par mes deux compères, je gare Baloo et descends de ma monture. Je n’ai même pas enlevé mon casque que je me retrouve déjà avec une bière et un verre de vin dans les mains. L’un des deux partira même demander de mettre sur les braises de l’asado central de quoi me restaurer. De toute évidence, à table, tout le monde fait déjà la fête depuis plusieurs heures. « Tu arrives à temps ! A 18 h nous partons tous boire un verre en ville ». L’heure approchant rapidement, les participants, encore en état de conduire un œil ouvert, partent s’habiller pour se rendre en ville et régler ce problème d’excès de vision inacceptable…

Caravane

Nous sommes près de 150 motos à être escortées par les services de la ville en direction du pub. Il y a de tout. De la petite 125 aux grosses 1300. Et de toutes marques. Notamment une superbe Bullet 500 qui me rappellera cette aventure en Royal Enfield au cœur du Rajasthan que j’ai vécue il y a peu. Je suis aux anges. Quelle expérience géniale pour moi qui ne suis que de passage mais accueilli comme un membre de la famille. Un nouvel exemple de la bonté de la communauté des motards qui n’a ni barrières, ni frontières, ni religions.

Sur place, c’est à base de pintes de 1 L que mes nouveaux amis barbus tatoués s’exultent devant la scène où un virtuose de l’harmonica fera trembler la foule sur un fond de Rock Argentin. Je resterai plus sage avec mes quelques verres de 500 cl…

Emporté par la folie du moment, un des organisateurs amènera son chopper devant la scène, avant d’entamer une danse sensuelle autour de sa moto. J’utilise le terme de « sensuelle » pour garder un brin de décence dans ce texte car on était tout de même très proche de l’objectophilie.

De retour au QG, nous démarrons un feu avant le festin. Au menu, cœur et foie d’agneau accompagnés d’aubergines Made in Argentina. Elles sont coupées en deux dans la longueur puis incisées afin d’y introduire du sel et une huile d’olive à l’ail et au piment doux. Le tout saupoudré d’un savoureux mélange d’herbes. POUAAA le délice !

Jour 3 : 17/02/19 : Passage des 20 000 km – ??? km

Le réveil sera difficile mais animé d’une bonne humeur après la journée de la veille. A nouveau, il est temps de faire mes adieux à toutes ces nouvelles rencontres et continuer ma route. Surtout qu’aujourd’hui est une journée très particulière…

En effet, je vais dépasser officiellement mon 20 000ème kilomètre depuis mon départ. En moins de 100 km de route, l’environnement change de façon drastique. Le matin, dans un coin où la biodiversité explose de richesses, la faune et la flore sont accueillantes et merveilleuses. Puis soudainement, le paysage change pour laisser place à un territoire aride, avec seulement quelques buissons vaillants bravant le vent qui souffle de plus en plus en fort dans ces plaines. C’est aussi ça la Patagonie.

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Je m’arrêterai au bord de la route sur la borne kilométrique 1511 de la Ruta 40, installé au cœur de ce Nomansland sec mais pas sans vie marquant ainsi le passage au + de 20 000 km. Je l’aime ma borne 1511, j’y laisserai même un sticker et une petite pièce à son pied.

Après quelques photos souvenirs, je poursuivrai ma route cap Sud sans destination précise (qu’est ce que j’aime cette sensation de ne pas savoir où aller !). Vers 17h30, j’aperçois une berge sympathique lors d’un passage sur un pont. Elle semble à l’abri du vent qui continue de s’intensifier un peu plus chaque jour. La tente montée et le bois pour le feu récolté, je décide de prendre ma revanche sur la pêche. Bingo ! 5 poissons en 1h30. Bon, ils font la taille d’un orteil mais je me considère comme grand vainqueur de ce second round. 1 partout, balle au centre. Bien évidemment, je les relâcherai à l’eau indemnes.

pêche

De toute façon, ce soir je déguste en plus du riz, un mélange de poulet aux carottes précuits qui marine dans un bocal en verre rempli d’huile parfumée. Un autre cadeau de mes amis bikers lors de mon arrivée au rassemblement.

Au bord du feu, inspiré peut-être par une session de guitare au coucher du soleil, mais aussi par ces dernières 72h mémorables, je me laisse porter par l’écriture et remplis plusieurs pages de mon carnet de voyage. Je n’avais jamais réellement écrit de ma vie. Je n’ai jamais vraiment aimé ça d’ailleurs. Ma plume est faible, simple mais transpire la sincérité qui m’habite. Certains de ces écrits vous sont partagés, d’autres resteront privés…. TO BE CONTINUED IN PART 2.

 

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