Parc National de Conguillio

Toujours dans la même lancée, je visite les parcs nationaux à moto au fil des envies et des intuitions. Heure par heure, je décide de mon itinéraire et me laisse guider par ce magnifique pays qu’est le Chili. C’est le paysage et la structure des routes/pistes qui définissent mon emploi du temps d’aventurier en herbe. Je répète ce processus de choix de chemins chaque heure toute la journée. Cela me permet d’aller de surprises en surprises sans me donner aucune limite ou contrainte. C’est un pied monstre que d’avoir l’opportunité de vivre mon aventure avec tant de liberté.

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A mon départ, je n’avais aucune connaissance de la conduite en tout-terrain, mais les milliers de km de pistes effectués jusqu’à aujourd’hui m’ont permis d’acquérir une certaine expérience et de désormais me lancer à l’assaut de ces territoires reculés avec plus de confiance. C’est vraiment debout sur les cale-pieds et les genoux serrés sur le réservoir que je me sens le plus heureux. Jouer du poids de mon corps pour épouser les caprices des pistes est une sensation très agréable qui me donne une sacrée banane sous le casque.

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C’est dans cette optique que j’approche doucement de l’endroit le plus extraordinaire où nous allons conduire avec Baloo. Petit à petit, le paysage change, l’environnement évolue. En quelques minutes seulement, je passe de pistes en terre au milieu de forêts verdoyantes à une atmosphère des plus apocalyptiques. Les grands arbres et la verdure ont disparu. La flore se fait de plus en plus rare pour laisser place à des champs infinis de rochers si hors du commun que je vais vite les identifier. Il s’agit de roche volcanique. Par moment, ils sont gros (voire très gros), parfois si fins que je peux alors rouler dessus. Je suis désormais au cœur du Parc National de Conguillio.

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Quelle sensation incroyable que de rouler sur des vestiges venus des profondeurs de notre planète. Le plus haut volcan du Chili domine le parc de ses 3 150m de haut. Il est beau, grand, majestueux, puissant mais calme et reposant à la fois. C’est d’ailleurs l’ambiance qui ressort de ce parc. Un fin équilibre entre le repos et la tempête, la vie et la mort… Un espace coupé du temps qui pourrait se réveiller et bousculer l’ensemble de la région en un claquement de doigt. Sa dernière colère date d’ailleurs d’il y a moins de 10 ans et on peut encore deviner le chemin de la coulée de lave en observant les flancs du volcan.

Je resterai deux jours durant à vagabonder au milieu des cendres. Etant arrivé tardivement dans le parc, il m’est compliqué de trouver un spot pour établir mon campement hors des extraits volcaniques qui ne feraient qu’une bouchée de ma tente. Je décide donc à contre-cœur de me rendre dans un camping payant. Je suis le seul à y dormir et seul un couple me rejoindra une fois la nuit tombée. En attendant, en me préparant mon repas, je peux admirer le soleil se coucher derrière le volcan. Les couleurs oscillent du rouge / orange / violet au bleu magenta donnant alors une vie après la nuit aux silhouettes des arbres environnants.

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Le petit déjeuner du lendemain englouti et la moto chargée, je continue à explorer ce parc aussi émerveillé qu’un enfant à Disney. La journée commencera par la vue de ce lagon où se stoppent les coulées de laves des dernières éruptions. Les troncs d’arbres qui se trouvent sur le bord du lac sont en pleine décomposition. Cela accentue encore cette sensation de désolation très présente dans ce coin du monde. Le reste de la visite se fera au cœur des cendres, la mâchoire complètement désaxée tellement je suis bouche bée devant ce spectacle.

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Je suis toujours à l’Est du pays, le long des Andes et j’ai envie de voir à quoi ressemble la côte chilienne pour observer les fameuses vagues du littoral. Cela sera mon prochain objectif pour continuer mon ascension en direction du Nord du continent.

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Chili – Pays des volcans

Après une traversée en ferry de quelques heures avec mes nouveaux amis rencontrés à Chaiten, le long de la Carretera Austral, je m’attaque à la fameuse ile de Chiloé. J’en ai entendu beaucoup de bien. Sur sa beauté, son authenticité, son charme singulier. Personnellement, je dois avouer ne pas avoir été spécialement conquis par cet endroit. Il est vrai que la culture y est différente, que les églises qui en font sa popularité sont d’une belle architecture et que les fruits de mer sont délicieux.

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Cependant, on ne peut pas être tout le temps séduit par un lieu. Ce fût mon cas pour Chiloé. J’aurai tout de même très apprécié le temps partagé avec ce groupe d’amis dans ce AirBnB sympathique basé au centre de l’île.

Après un rapide stop mécanique à Puerto Montt (changement de mon pneu arrière plus usé qu’un ancien combattant et de mes plaquettes de frein) je me dirige vers Pucon. Sur le chemin, je décide d’emprunter une piste qui traverse le Parc National de Villarica qui tient son nom du volcan qui le domine. A l’entrée, les gardes ne me font pas payer les frais d’accès au parc n’étant que de passage. Ils m’avertissent cependant que le chemin comporte quelques sections difficiles… Pfff ! Même pas peur !

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Finalement, après 10 min dans les bois, je comprend mieux ce qu’ils voulaient dire. Les choses sérieuses commencent. Notamment une grosse montée pleine de boue, de gros cailloux et de goulets dont doit s’écouler l’eau en cas de forte pluie. On est plus sur un terrain d’enduro que de trail paisible. La roue avant de ma moto chargée se lève à plusieurs reprises. Je cale. Repars. Cale à nouveau. J’en chie mais j’arrive au bout de la montée malgré mon câble d’embrayage désormais inutile. Car oui, suite à ma rencontre douloureuse avec cette vache dans le Sud du pays, mon ventilateur de radiateur ne fonctionne plus et mon moteur chauffe beaucoup. L’huile devient alors trop chaude et mon levier d’embrayage trop mou.

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Ne sachant pas à ce moment d’où provient le problème, je passerai plusieurs minutes sur le bas-côté à installer mon câble d’embrayage de rechange, lorsque j’entends soudainement une langue familière au détour du virage. A court d’eau, je décide d’aller à la rencontre de ces Français pour demander un petit soutien hydratant. A ma grande surprise, je tomberai nez à nez avec Pierre-Henni, un très bon ami de France, actuellement dans le pays pour tourner un film promotionnel avec un pro du vélo de descente (Killian Bron). Une rencontre incroyable du bout du globe qui me rappelle que le monde est finalement tout petit, mais surtout que toutes les galères amènent à des moments improbables. Car oui, j’ai eu beaucoup d’emmerdes depuis mon départ mais chacune d’entre elles m’a finalement amené à des rencontres superbes, à des manifestations de solidarité, à des échanges poignants ou bien dans des lieux splendides.

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Une fois arrivé à Pucon, je resterai tranquillement cloîtré au lit à cause d’une maladie suite à une baignade nu dans un lac lors d’un énième camping sauvage (« quand on est con : on est con »). De nouveau sur pied, je me lance à l’ascension du volcan Villarica haut de 2 800m. C’est le volcan le plus actif du Chili dont la dernière éruption date de 2015. 1 400m de dénivelé positif dont une bonne partie en crampons sur le glacier. Au sommet, on doit porter un masque à gaz à cause des toxines de souffre qui s’échappent du cratère fumant. Bien évidemment, le mien à un trou béant et ne filtre donc absolument rien. Respirer me brûle, du nez aux poumons, et j’ai l’impression de perdre 1 mois de vie à chaque inspiration.

La descente se fera en partie en luge sur le glacier puis à pied dans des cendres volcaniques. Il faudra 6h30 de marche pour faire l’aller-retour, accompagné de la vue sur le lac bordé par une mer de nuages dont seuls les sommets des montagnes environnantes osent dépasser le bout de leur nez. Un peu comme des îlots au milieu des archipels polynésiens.

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Le lendemain, je reprends mon fidèle destrier pour de nouvelles aventures et décide de me perdre dans les montagnes. Je vis désormais heure par heure. Cela fait déjà un bon moment que je voyage sans connaître ma destination finale de la journée. Mais maintenant, je pousse ma logistique encore un cran en-dessous. Le matin, je regarde la carte, café à la main, et décide de la route à prendre pour la prochaine heure. La petite piste, celle qui passe dans un parc national ou celle qui va se perdre loin des autres axes est la perle que je recherche. Après 1 à 2h de conduite, je stoppe et observe une nouvelle fois la carte à la recherche d’un nouvelle destination pour la prochaine heure. Et ainsi de suite jusqu’à ce que le soleil embrasant l’horizon m’ordonne de trouver un endroit pour y poser ma tente.

C’est dans cette quête ultime de liberté et d’indépendance que je vais tomber par hasard sur le lieu le plus incroyable qu’il m’est été donné d’explorer à moto…

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La Carretera Austral – Part 2

Me voila de retour dans mon merdier. Ensablé sur cette plage du bout du monde à la recherche d’une âme charitable pour m’en sortir après avoir tenté de me libérer seul pendant plusieurs heures. Le refus de la police fut clair, net et précis. Pas de problème, que des solutions. Je reste positif et je me ballade dans les petites ruelles ensablées du village avant de tomber nez à nez sur un tracteur. Je frappe aux portes des environs et rencontre le propriétaire : un homme d’une soixantaine d’années qui accepte de me porter secours.

Tracteur

Le tracteur n’est pas en grande forme. Je dois le pousser pour le faire démarrer… Je me demande même s’il va réussir à sortir Baloo de son igloo de sable. Je saute à l’arrière du tracteur et nous partons ensemble sur la plage. Une paire de sangles, une bonne coordination et hop ! Voilà Baloo libéré de son emprise. Pour remercier ce brave homme, je partirai lui acheter une bouteille de vin et lui donnerai un petit billet pour l’essence et le dérangement.

Plage 5

C’est à mon tour de célébrer. Pour moi, en plus de la bouteille de vin, je décide de dormir sur la plage à la belle étoile. Le campement installé et le bois récupéré pour la nuit, je pars une nouvelle fois au bord de l’eau (à pied cette fois ci. Pas con le mec…) tenter ma chance à la pêche. Comme à mon habitude, je n’ai aucune touche. Bientôt, une photo de moi devrait apparaître dans un dictionnaire pour expressions « bidon », à la page « L’espoir fait vivre » ou « A force de forger, on devient forgeron ». Seul l’avenir nous le dira.

Nuit 1

Par contre, l’océan en face de moi ne manque pas de ressources et c’est juste avant le coucher de soleil que se réveille un groupe de plus de 15 dauphins. Ils sont juste là, face à moi, à une vingtaine de mètres du bord. Ils jouent dans les petites vagues et chassent en même temps (donc il y a du poiscaille !). Pendant presque 30 minutes, je resterai à observer ce spectacle superbe dont je suis le seul témoin privilégié. Aux dernières lueurs, je démarre mon propre feu et installe mon matelas percé à ses côtés. Je sais déjà que la nuit va être longue et froide mais je sais que la Lune sera absente ce soir laissant place à un tapis d’étoiles. C’est un de mes plaisirs le soir. Regarder les étoiles apparaître une à une alors que le ciel devient de plus en plus sombre. Et ce soir je suis gâté ! La voie lactée m’offre son plus doux visage. Une nuit extraordinaire face à l’immensité de notre univers.

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Une fois n’est pas coutume, je repars le lendemain sur ces pistes splendides en direction de Chaiten où se trouve le ferry pour l’île de Chiloé. Je me revois rouler à faible allure depuis plus d’une heure en observant la rivière que je longe et ses nombreuses cascades. A un moment, je décide de passer en mode sport. L’arrière de la moto chasse dans les virages, je suis debout sur les cales pieds, genoux contre le réservoir et ne fais qu’un avec Baloo. Je suis à l’aise. Trop peut-être et je relâche mon attention… Une vache sort alors de nulle part et (effrayée par le bruit de l’échappement) me coupe la route au dernier moment. Je suis debout sur les freins mais il m’est impossible de l’éviter. Baloo et la vache feront connaissance à environ 70 ou 80 km/h. Je la percute sur son flanc droit avec mon protège main gauche et finis ma course dans le fossé à droite de la piste, une partie du corps sous la moto. Comme toute activité que l’on fait régulièrement, il est possible de se laisser aller et baisser sa garde. Cependant, en moto, tout va très vite et les erreurs peuvent faire très mal.

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Je suis sous le choc de cet accident et me retrouve une nouvelle fois à rire de cette péripétie alors que je me relève presque indemne. La moto est également en très bon état. Mais je ne suis pas surpris. Après tout : Baloo est un Ours ! Ce n’est que les deux jours suivants que la douleur fera son apparition. Tout le côté gauche de mon corps est douloureux de la cheville à l’épaule. Rien de bien alarmant. En tout cas, cela ne m’a pas empêché de partager plusieurs litres de vin avec mes nouveaux amis rencontrés dans une auberge en attendant le ferry. J’ai même remporté le concours de limbo…

Prochaine étape : l’ile de Chiloé !

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La Carretera Austral – Part 1

Je me suis fait totalement happer par cette région du Sud du Chili. Bouche bée à chaque seconde, à chaque kilomètre, à chaque tour de roue. Au point de ne même plus pouvoir mettre à jour mon carnet de voyage tant la Carretera Austral m’a démuni d’adjectifs assez puissants pour la décrire. Et pourtant il s’en est passé des choses.

C’est, sans aucun doute, l’étendue de terre la plus incroyable que j’ai visitée. Je me suis même régulièrement retrouvé à m’imaginer m’installer ici, à me renseigner auprès des locaux sur la vie, le climat, l’histoire et les traditions. Une région où les paysages me parlent et me touchent au plus profond de moi. Des forêts verdoyantes qui couvrent les bases des montagnes aux sommets sauvages dominés par de nombreux glaciers ; le tout situé au cœur d’un labyrinthe de lacs et rivières à l’eau pure, fraîche et aux couleurs venues d’une autre planète. Elles varient du bleu turquoise au vert selon leur chargement en minéraux.

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Tout débuta après ma grande traversée de plus de 40 h en ferry au départ de Puerto Natales en direction de Puerto Yungay. De là, seul un nouveau ferry et quelques heures de pistes féériques me mènent à l’extrême Sud de la route à Villa O’Higgins. Un panneau annonce la fin (ou, dans mon cas, le début) de cette route mythique sur la bucket liste de tout bon motard avide de nature et d’aventures. L’info tombe : 1 247. Comme le nombre de kilomètres que je vais suivre sur cette route en direction du Nord.

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Je passerai ma première nuit au bord d’une rivière de galets avec une vue imprenable sur un glacier qui semble observer mon campement. Au départ, la météo n’est pas de mon côté mais cela donne un charme tout particulier à cette contrée. La Patagonie chilienne a beau porter le même nom que sa voisine en Argentine, un seul point commun les unit. Chacune située d’un côté des Andes, l’une est définie par les grandes plaines arides aux vents capricieux, l’autre (au Chili) est, quant à elle, située au cœur d’un climat humide où la végétation est luxuriante et d’un vert éblouissant.

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Ici, les journées sont marquées par un enchaînement de « Wow », « Bim » et « Bouya ». Les mots me perdent et je me laisse, moi aussi, dériver au grès des envies de la Carretera. Car oui, c’est bien elle qui me domine et c’est peut-être même ce qui m’a le plus frappé durant ces quelques semaines. Mon inaptitude à résister au charme et à être toujours aussi surpris à chaque virage ou à chaque piste annexe. Le ripio est très bon. On peut rouler vite sans grosses frayeurs. Ca monte, tourne, descend, tourne à nouveau, traverse des petits villages au milieu des fermes de chevaux, moutons et vaches.

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J’assisterai même à une fête culturelle dans un de ces villages. De nombreux stands remplissent les ventres affamés des spectateurs de leurs brochettes, empanadas et autres bières locales tandis que l’asado central cuit lentement cette viande si tendre et typique de l’Argentine et du Chili. Mais le cœur de cette fête réside dans le spectacle des gauchos qui montent des chevaux sauvages à la manière d’un rodéo. J’avoue ne pas être un grand supporter de ces pratiques mais, voyager, c’est aussi respecter les us et coutumes des pays que l’on explore.

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La « route » est régulièrement interrompue par des rivières qu’il faut traverser en barque. Cela permet d’effectuer des pauses bien méritées car malgré la beauté, rouler ici est très physique. J’aurai un coup de cœur tout particulier pour cette petite barque d’une capacité max de 2 voitures qui se maintient hors du courant et sur sa trajectoire grâce à un système de poulies raccordé à un câble qui est accroché sur le bord des rives. C’est d’ailleurs après une énième traversée sur l’eau que je vais me retrouver sur ce petit bout de terre à 100 km à l’Ouest de la RN7.

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Une plage sauvage comme j’aime. Encore une fois, je suis incapable de résister et me lance à son assaut avec Baloo. Le résultat est aussi prévisible que celui d’un enfant face à un gâteau au chocolat. Me voilà donc ensablé comme jamais. Je me débats, creuse, essaie de faire un ponton avec du bois récupéré sur la plage, retire les bagages pour alléger la moto. Rien n’y fait. Deux heures durant je mettrai mon corps à rude épreuve pour me sortir de ce merdier. Et je dois solutionner ce problème au plus vite car la marée est montante. Je décide donc de partir chercher de l’aide dans le plus proche village à 3 km de marche.

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Je commencerai logiquement mes recherches auprès de la police locale qui me fera bien comprendre que « Personne ne s’aventure sur cette plage car nous savons tous que le sable est trop mou. Nous ne pouvons rien faire pour vous ». Ce à quoi je répondrai « Mais quand vous avez des voyageurs comme moi qui ne le savent pas et qui finissent ensablés, que faites-vous ? ». La réponse de l’agent fut sans appel : « Personne ne vient jamais ici, le dernier motard date de plus d’un an ». Honteux de ma situation, j’en sortirai tout de même un peu de fierté dans cette réponse.

Suite en PART 2

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Le sud de la Patagonie Chilienne

Après une première tentative loupée pour quitter Ushuaia (le passage de la montagne n’étant pas praticable à cause des chutes de neige et du verglas sur la route), j’arrive enfin à repartir avec un tout nouveau cap. Il y a encore de la neige sur les bords de la voie, le macadam brille et reflète encore les étoiles de la nuit précédente. Pour tester l’éventuel verglas, je pose mon pied gauche au sol en roulant. Néant, rien, nada, quechi… Je ne ressens aucune friction, une vraie patinoire. Je reste donc prudent mais avec 0°C je n’ai pas spécialement envie de rouler vite de toute façon.

Départ Ushuaia

J’arriverai à Punta Arena après 11 heures de combat avec le froid, la pluie verglaçante et le vent. Je suis fatigué de ces mois sur la route. J’ai beau me reposer quelques jours dans un endroit, je reste épuisé. Le moral n’est pas au plus haut. La solitude me pèse à ce moment. Je rencontre beaucoup de personnes toutes plus extraordinaires les unes que les autres mais c’est très différent que d’échanger avec ses proches. Parfois, j’aimerais partager une partie de mon aventure avec quelqu’un afin qu’au moins une personne sur terre ressente la même chose que moi. Certes, j’échange aussi avec plusieurs voyageurs motards et cyclistes qui vivent le même genre d’expérience mais ce n’est pas pareil que de le vivre avec un proche en direct.

Je ne regrette cependant pas du tout ma décision et mon choix de partir seul. Je referais le même sans aucune hésitation car ces petites baisses de moral ne durent jamais très longtemps. Cela fait entièrement partie d’un voyage en solitaire. Un obstacle de plus à surmonter. Un nouveau challenge à accomplir. Et c’est aussi pour ça que je suis parti, pour me surpasser, apprendre sur moi-même et devenir plus indépendant.

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La ville n’arrange pas l’affaire. Moche et sans intérêts, j’y resterai plusieurs jours à préparer Baloo pour la Carretera Austral. Vidange, changement du filtre à huile, nettoyage du filtre à air, tentative pour réparer mon compteur qui ne fonctionne plus depuis Ushuaia (sans succès). Mais c’est le changement de mon pneu arrière qui me posera le plus de difficultés. Il est en très mauvais état et je ne veux pas prendre cette route mythique dans de mauvaises dispositions. Je passerai une journée entière à la recherche d’un pneu neuf dans les bonnes dimensions. Aucun magasin ne dispose de la perle rare. Seul un petit shop me propose un chausson d’occasion. C’est toujours mieux que rien. Au moment du changement de pneu je perce la chambre à air et dois désormais en trouver une nouvelle. A se tirer les cheveux !

Sur la route de Puerto Natales, je retrouve enfin des conditions de route agréables. Comme une vraie cure, les kilomètres défilent sous un beau soleil éclatant. J’en avais vraiment besoin. Après une pause pour observer des flamands roses dans un champ inondé, je passerai vingt bonnes minutes à danser au milieu de la route devant ce panneau « fin de restriction ». Parfois, j’ai l’impression que l’univers me parle.

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A cause de la faiblesse de mon genou gauche et du manque de temps avant mon ferry, je ne pourrai pas explorer le Parc de Torres del Paine à pied. J’ai la chance par contre d’avoir une moto. Et la carte me montre qu’il y a une piste qui traverse le parc. Une ballade à la journée de 240 km extraordinaires dans ce qui est considéré par certains comme la nouvelle merveille du monde. La piste longe des lacs bleu turquoise au pied des montagnes enneigées et des glaciers. De nombreuses forêts laissent place à ces fameux petits buissons qui poussent généralement dans les plaines arides. Le parc est peuplé de ces très photogéniques Guanaco que j’aime tant. Seul, perdu au milieu du chemin, je me dis que c’est sûrement un des plus beaux endroits que j’ai visité avec Baloo.

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Le soir venu, j’embarque la moto sur le ferry au départ du Puerto Natales en direction de Puerto Yungay au sud de la Carretera Austral. Il est 21h et le départ est prévu pour le lendemain matin 5h. Durée du trajet : 41h (de port à port sans compter la nuit la veille dans le bateau et les 5 heures supplémentaires à l’arrivée). Un trajet d’une beauté sans merci. On navigue dans les fjords du Chili sur une eau calme et paisible sans rides (glassy !). Les décors sont somptueux. L’eau reflète avec perfection les couleurs de la roche éclairée par le soleil. Je n’ai pas de lit. Juste un siège confortable avec vue sur ce paysage incroyable qui défile lentement. Les repas sont minimes et insipides. Mais je m’en fous complètement ! A bord l’atmosphère de cette « croisière » paradisiaque me suffit largement.

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A 3h du matin, nous débarquons les véhicules à Puerto Yungay. Ayant un autre ferry à 10h, j’ai l’autorisation de rester au chaud sur le bateau jusqu’à 7h. Il fait froid et humide, j’observe ce magnifique lever de soleil sur cette toute nouvelle terre que je découvre. Un bateau de pêche sur la rive se nomme « Vista Hermosa » (= Belle vue). Un bateau n’a jamais aussi bien porté son nom à mes yeux. Nous sommes plusieurs voyageurs à attendre le prochain ferry. Nous avions déjà sympathisé durant la traversée et ils m’offrent café, fruits et sandwichs alors que nous continuons d’échanger sur nos rêves d’aventures passées, présentes et à venir.

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Ces derniers six mois, mon cap était majoritairement orienté vers la descente au Sud. Le point le plus austral du continent étant atteint, je fais maintenant route vers le Nord en suivant la Carretera Austral. Une route magique qui m’apportera son lot de souvenirs, d’aventures, de rencontres, de traditions… !

 

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La Tierra del Fuego – Ushuaia

Il me faudra 2 jours pour accomplir les 900 km entre El Calafate (glacier du Perito Moreno) et cette terre du bout du monde. Le J-1, je démarre de bonne heure sans savoir où je vais scinder ce trajet que je ne peux accomplir en une seule journée. Il fait froid et j’ai l’impression de perdre 1 degré toutes les 10 minutes de route. Le fameux vent patagonien est également présent mais j’ai appris à le dompter. Je ne me fais plus autant surprendre et balader comme au début. Parfois, je pilote même à une main. C’est un peu ma façon de lui dire de « Fuck Off ! »

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Doubler les camions, par contre, est une toute autre histoire et requiert une concentration de chaque instant (et aussi de bien serrer les fesses au passage). La masse et le volume déplacés par un camion créent des flux d’airs très particuliers et imprévisibles en temps normal mais encore davantage par grands vents. De base, la moto a déjà un angle d’une bonne vingtaine de degrés pour pouvoir faire face aux vents qui me frappent sur le flanc droit. Une fois à niveau du poids lourd, le vent se coupe instantanément. Il faut anticiper et redresser la moto pour ne pas se retrouver sous les roues arrières. Là, on pense que le plus dur est fait. Que nenni… Lorsque j’arrive au niveau de la cabine de pilotage, il y a un tourbillon de vent produit par la vitesse du camion et le vent latéral. La moto part dans tous les sens et il faut que je reste très en alerte pour ne pas finir encore une fois englouti avec Baloo sous les roues. Le cœur bat fort à chaque dépassement et procure une bonne montée d’adrénaline.

Panneau

Je me rassure en voyant les kilomètres me séparant de Ushuaia diminuer sur les panneaux de signalisation. Plus le chiffre est bas, plus l’émotion m’envahit. J’arrive enfin à destination, après 2 journées de route dans des conditions compliquées, avec fierté. Un des premiers réflexes sera de calculer le nombre de kilomètres parcourus. Un savant calcul sur mon portable me donne 22 266. Cela fait donc 22 266 km que Baloo et moi sommes en Amérique du Sud et nous avons enfin atteint le bout du monde !

Un panneau représente cette étape recherchée par les motards aventuriers du monde entier. La « route » et le panneau sont séparés par des pylônes en bois. La moto passe facilement entre ces poteaux et je me faufile donc pour la photo classique mais incontournable marquant mon arrivée. C’est à ce moment qu’un policier débarque et m’informe que je n’ai pas le droit d’être ici et que je dois retourner de l’autre côté des piliers. Je lui fais gentiment comprendre que j’ai conduit plus de 20 000 km pour me rendre devant ce signe et que ce n’est pas lui qui va m’empêcher de parcourir les 5 derniers mètres…

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Sur place, les bus de touristes défilent et beaucoup d’intrigués viennent à ma rencontre pour étancher leur soif de curiosité en me voyant tout équipé avec Baloo. Très vite, je me retrouve entouré par une foule qui me félicite et me prend en photo. Une vraie Rock Star !

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La ville d’Ushuaia n’est pas belle, il faut l’avouer. Certes, le street art est d’une grande beauté mais les infrastructures ne sont pas au niveau d’une ville d’une telle renommée. Cependant, la sensation du bout du monde est bien présente. Notamment lorsque l’on visite l’ancienne prison désormais transformée en musée et que l’on se ballade le long du port. Les environs par contre sont splendides.

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Je passerai plusieurs jours à découvrir (bien évidemment avec Baloo) les alentours. Estancias, pistes qui se terminent dans l’océan froid en direction de l’Antarctique, chevaux sauvages, forêts primaires, glaciers, montagnes… Tout y est ! Je me rends compte, encore une fois, de la chance que j’ai d’être à moto, en échangeant avec les autres voyageurs en sac à dos : ils ne peuvent se rendre là où je vais et sont totalement dépendants des transports en commun.

J’ai déjà voyagé à pied, en van, en voiture mais le deux-roues reste sans hésitation le moyen de transport idéal pour réellement visiter une région dans son ensemble. L’aventure ne fait que commencer !

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Le Glacier du Perito Moreno – La Cerise sur le Gâteau Patagonien

Le cul à terre. Voila ce que l’on peut ressentir quand on arrive face à ce mur de glace que mère nature nous offre. Un spectacle mettant en avant la puissance, la lenteur et l’extravagance. Le glacier du Perito Moreno tient son nom de l’explorateur Francisco Moreno qui explora cette région du globe au XIXème siècle et qui dédira sa vie à la protection de ce monde de glace.

C’est un grand moment pour Take A Way et pour ma vie « d’aventurier ». Quelques infos sur ce lieu remarquable doivent être mises en avant :

  • Long de plus de 25 km
  • Avance de deux mètres par jour
  • Un des trois seuls glaciers au monde à ne pas reculer
  • Il faut 400 ans à la glace du sommet des montagnes jusqu’au fjord où le glacier se jette.

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A sa fin, le mur de glace mesure 70 mètres de hauteur (mais plus de 100 mètres sont cachés sous la surface) et c’est dans un véritable vacarme que des morceaux tombent dans les eaux froides à longueur de journée. Cela me rappelle le bruit d’un bâtiment qui s’effondre. Au loin, on peut également entendre le glacier avancer et créer des crevasses sur son chemin, comme le frottement de deux plaques tectoniques entre elles. Le son résonne à travers toute la vallée et nous rappelle que malgré la force de l’Homme, nous ne sommes absolument rien.

Par cycles d’environ 4 ans, le glacier entre en contact avec la pointe de terre où se trouvent les passerelles d’observation créant ainsi un barrage entre le Lago Argentino au Nord et le Lago Roca au Sud. La fonte des glaces étant plus active d’un côté que de l’autre, le niveau de l’eau des lacs peut différer de plusieurs dizaines de mètres !

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Petit à petit, l’eau arrive tout de même à se frayer un passage en creusant ce barrage de glace et finit par créer une arche. L’événement le plus marquant se déroule quand cette arche cède lors de ce qui est surnommé « La Ruptura », représentant ainsi la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau. Et ce depuis des siècles.

Je resterai plusieurs heures à me balader sur les différentes plates-formes offertes par le parc, à regarder chaque détail sur la glace. Les fissures, les couleurs, les pics acérés, les icebergs dans l’eau, les chutes… Je m’imprègne de l’atmosphère de cet endroit magique et philosophe sur mon périple et ma vie en général. Mon esprit est toujours autant dans le flou. Mon envie d’aller toujours plus loin, de découvrir toujours plus de lieux et de cultures, mais aussi celle de partager tout cela avec quelqu’un et d’apprécier un quotidien auprès de ma famille et de mes amis. Une éternelle discussion sans fin qui se déroule dans ma tête depuis de nombreuses années maintenant, mais dont l’issue reste encore incertaine. Je compte sur ce voyage pour m’en apprendre plus.

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J’aurai également la chance de partir marcher sur ce glacier quelques heures et ainsi découvrir de très près l’envers du décor. Muni de crampons, j’observe la différence des couleurs de la glace dans les crevasses où s’infiltre l’eau. Ces différentes nuances de bleus sont dues à la pression de la glace qui varie selon la profondeur. L’eau ne peut pénétrer à plus de 40 m de fond. En effet, à plus de 40 m, la densité de la glace est trop forte pour que l’eau puisse s’y infiltrer.

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Par endroits, la couche de glace peut dépasser les 700 m d’épaisseur. A la vue du chemin parcouru par la glace du sommet de ces montagnes, je me sens petit, impuissant, voire même inexistant. J’éprouve tout de même une grande sensation de fierté à constater que j’ai débuté mon voyage au cœur de la jungle amazonienne pour, aujourd’hui, me retrouver sur l’un des plus beaux glaciers du monde. Pour fêter cela, je prendrai double dose du whisky servi avec des glaçons directement tirés du glacier qui est proposé à la fin de la marche. Il faut que je fasse tout de même attention, car mes amis les plus proches savent très bien que lorsque je bois trop de whisky, j’ai tendance à finir complètement nu… Mais bon, après tout, je pense bien l’avoir mérité celui-là !

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Si vous aussi vous avez envie de découvrir l’Argentine en moto ou tout autre véhicule, vous pouvez vous renseigner auprès des pro de l’aventure Planet Ride via le site www.Planet-Ride.com

Retrouvez tout mon équipement et bien plus encore dans le catalogue de www.Ixtem-Moto.com

Comment Suis-je Assuré à L’autre Bout du Monde?

[Je vous invite à contacter l’équipe de Planet Ride pour obtenir réponses à toutes vos questions sur cette assurance. Vous pouvez les contacter directement sur le site www.Planet-Ride.com ]

Il y a un sujet que je n’ai pas encore abordé depuis mon départ.

Celui de mon assurance perso. Loin d’être un gros fanatique des démarches administratives, je vais tout de même tenter de vous expliquer comment je suis couvert au cas où il m’arriverait un problème.

Cette assurance délivrée par Axa n’est pas disponible pour le grand public. Elle a été créée en partenariat avec Planet Ride pour couvrir l’ensemble des voyageurs qui décident de partir à l’aventure avec ces professionnels du voyage.

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Petite piqûre de rappel, Planet Ride est un organisme français qui sélectionne scrupuleusement les meilleures offres de Road Trips partout dans le monde afin de les proposer sur la toile. Sans surcoût pour le consommateur, Planet Ride propose aussi de nombreux avantages pour les futurs aventuriers. Parmi ces avantages, cette fameuse assurance taillée sur mesure.

Touchée par mon projet, l’équipe de « PR » (=Planet Ride) et Axa ont décidé de me couvrir pour la durée de mon périple. Encore un grand merci à eux pour leur confiance et grand cœur.

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Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Pour résumer, une assurance classique n’assure pas les voyageurs en cas de problèmes lors de la conduite d’un véhicule motorisé. C’est malheureux mais c’est la loi du marché actuel. C’est ce manque de couverture que Axa et PR cherchent à combler afin d’apporter sérénité et sécurité à tous les aventuriers. Ils ont bien compris que les croisières cocktails / piscine n’étaient pas notre truc !

Bon lecteur que je suis (hum…hum), j’ai toujours préféré une belle image à de longues paroles. Je vous laisse donc apprécier, via le tableau en fin d’article, les avantages que procure l’assurance dont je dispose en comparaison avec des systèmes plus classiques.

Pour ma part, je dois avouer que c’est un confort inestimable que de me sentir couvert, peu importe ce qui peut bien m’arriver. Que ce soit sur Baloo ou à pied, je sais que je ne risque pas d’avoir de gros problèmes à financer, des frais d’hôpitaux ou de rapatriement. A ce jour (je touche du bois), mais je n’ai pas encore eu à utiliser cette assurance. Et ce, malgré de nombreuses chutes, un départ d’incendie, accident et plus dernièrement une collision avec une vache. Comme quoi, tout peut arriver à n’importe quel moment et il vaut mieux partir avec un bon filet de sécurité.

Pour plus d’informations, le mieux est encore de vous rendre sur le blog voyage de Planet Ride via le lien suivant :

https://www.planet-ride.com/voyage-moto/france/articles/planet-ride-et-axa-assurance-road-trip/

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Une semaine dans la peau de Take A Way Part 2

Deuxième partie d’une semaine au cœur de Take A Way –

Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.

PAR ICI POUR LA PART 1 

– PART 2 – La Patagonie me challenge

Jour 4 – 18/02/19 : Le feu aux fesses – ? km

Le lendemain de ma soirée pêche, j’ai pour objectif de visiter la «Cueva de Los Manos ». Un lieu historique classé au patrimoine de l’UNESCO où sont représentées de nombreuses peintures de mains dont certaines datent de plus de 9 700 ans. Ce lieu mystique est perdu le long du flan d’un canyon se jetant dans une vallée verdoyante. C’est un espace très curieux étant donné la nature du paysage des environs. Sur des centaines de kilomètres à la ronde, la sécheresse et l’aridité dominent faune et flore. Mais la petite rivière qui silionne au fond de ce canyon apporte de la vie dans cette région quasi post apocalyptique qui me fera souvent penser aux décors de Mad Max. De nombreuses espèces d’arbres et d’oiseaux ont élu domicile dans ce jardin d’Eden tout aussi passionnant que le spectacle affiché sur les falaises.

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Des centaines de mains sont peintes sur les murs. Ces artistes d’un autre temps utilisaient un mélange de terre des environs et d’eau pour souffler autour de leurs mains et ainsi en dessiner le contour. D’après les tests effectués au carbone 14, quatre périodes notables peuvent être distinguées vieilles de 9 700 ans, pour les plus anciennes, à environ 2 500 ans, pour les plus récentes. Cependant, la raison pour laquelle il existe un si gros écart entre les différentes périodes reste à ce jour encore inconnue. Un nouveau mystère de l’histoire qui me plaît. Comme un tour de magie dont on apprend les secrets qui perdrait alors tout son charme, j’apprécie quand un aspect reste encore caché de tous.

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Sur le chemin pour rejoindre ce site, mon voyage (et sûrement une partie de mon intégrité physique) a bien failli prendre un tournant tragique. Il y a une trentaine de kilomètres séparant la ruta 40 de la vallée. 30 km d’une piste en mauvais état mais à la vue incroyable (encore une…). Le paysage sec et aride est parsemé de petits buissons appréciés par les nombreux Guanacos que je croise. Les couleurs sont dominées par le brun et le marron de la terre et des roches. Mais là n’est pas où je veux en venir. Les vibrations de cette route ont permis à mon bidon d’essence auxiliaire de 5L de bouger de son emplacement d’origine et de se coller sur mon pot d’échappement. Alerté par une odeur de brûlé, je m’arrêterai précipitamment sur le bord de la piste pour découvrir un spectacle que j’espère ne plus retrouver.

La chaleur dégagée par l’échappement a fait fondre le plastique du bidon faisant alors un petit trou permettant à un filet d’essence de s’échapper. Ma plaque d’immatriculation est complètement carbonisée sur la partie supérieure droite. J’ai aspergé l’ensemble avec la poussière de ripio environnant pour stopper les dégâts, mais il est désormais impossible de voir mon beau numéro « 90 » pour représenter ma région. Un nouveau signe que je perds encore un peu plus de mon identité. Comme si la Patagonie cherchait à me happer dans son monde petit à petit. Ce n’est pas pour me déplaire pour autant. J’ai tout de même beaucoup de chance dans cette péripétie car à la vue du bidon, je pense qu’à quelques secondes près, le bidon et son contenu auraient totalement pris feu mettant en flamme Baloo, mes affaires et sûrement moi au passage. J’ai eu littéralement, le feu aux fesses !

Encore une fois, je vais en sourire et même en rire. Rire de ma bêtise, rire de ma chance insolente et surtout rire du fait que je trouve drôle cette situation qui aurait pu devenir tragique. Putain ce que je peux me trouver con parfois, mais entre nous ; j’adore ça…

Après plusieurs kilomètres d’une piste toute aussi belle que la précédente, je récupère la RN40 sans destination mais en gardant mon cap Sud. Le soleil embrase l’horizon et je n’ai toujours pas trouvé un endroit pour poser ma tente. Le vent souffle très fort dans ces grandes plaines où 350 km peuvent séparer deux villes l’une de l’autre.

Je m’abriterai le long d’une petite colline (ou très gros rocher) qui me couvre un peu de ce vent dévastateur. Avant de mettre en place le campement, je pourrai observer plusieurs cadavres et os de Guanacos éparpillés un peu partout. Cela ne fait aucun doute, je suis sur le territoire d’un puma. Pas le choix, nous allons devoir cohabiter ce soir. Il y a très peu de risque d’attaque, je le sais, mais je dormirai tout de même avec le couteau à portée de main…

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Jour 5 – 19/02/19 : Le vent Patagonien dans toute sa splendeur – ? km

Au petit matin, le vent souffle si fort qu’il plie ma tente déjà bien abîmée depuis le Brésil. Je range donc toutes mes affaires devant ce spectacle d’immensité extrême où la nature fait loi. Pas le temps de déjeuner, je veux prendre la route au plus vite car une grosse journée m’attend et vu la force du vent dès le petit matin, je sais d’ores et déjà que je vais en chier.

Et effectivement, tout au long de la journée le vent se fera de plus en plus redoutable. Si puissant qu’il m’est parfois tout simplement impossible de m’arrêter car sans élan le souffle plaque la moto au sol et je n’ai pas la force de la retenir. Sur une portion de piste de 80 km, je ferai les frais de ce « mighty wind of Patagonia ». Je ne dispose pour rouler que d’une bande d’environ 40 cm de large tracée par le passage des voitures précédentes. Le reste est constitué de plusieurs centimètres d’épaisseur de ripio impraticable.

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Seulement, même à 25km/h, il m’est très difficile de rester sur cette bande de piste avec le vent frappant le côté droit de Baloo. C’est physiquement très éprouvant. Les bras sont crispés sur le guidon, les abdos contractés pour garder la moto droite et les cervicales mises à rude épreuve par les rafales qui viennent se heurter sur mon casque. C’est comme un coup de poing qui essaierait de me dénuquer à la Stallone à chaque impact. En Patagonie, je pense que le vent ne devrait pas être exprimé en vitesse mais en angle. L’angle que la moto doit prendre pour rester droite.

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Comme si cela n’était pas suffisant, une petite pluie fine s’invite sur le champ de bataille. Ma visière et mon masque sont trop sales pour vraiment y voir au travers et j’avance donc sans protection face à ces gouttes d’eau qui ressemblent à de véritables cure dents acérés cherchant à me crever les yeux. Sur la moto, encouragé par un gros set de Drum & Bass dans les oreilles, je crierai de toutes mes forces à plusieurs reprises pour me donner du courage et motiver Baloo : « PUTAIN ON EN CHIE BALOO MAIS ON VA LE ****** CE VENT DE ***** ! ». La guerre est déclarée et on n’est pas du genre à baisser les bras !

Mais au bout d’un moment, le corps ne suit plus. Je suis fatigué, épuisé par ces derniers jours de combat avec mère nature. Une énième bourrasque me fera dévier une nouvelle fois de ma trajectoire mais ce coup-ci je n’ai ni les réflexes, ni le physique me permettant de récupérer la moto qui partira dans tous les sens me faisant goûter ce ripio épais.

Par chance, une chute sans gros dégâts pour Baloo (et pour moi également d’ailleurs mais ce n’est pas le plus important). Je dois cependant me dépêcher de relever la moto car de l’essence s’échappe de mon bouchon de réservoir modifié. Les 240 kg chargés de Baloo semblent doublés par le vent qui plaque la moto au sol de toute sa puissance. Ce sera sans doute l’effort physique le plus dur et intense de ma vie. Mais pas le choix, je suis seul et plus de 100 km me séparent de la prochaine ville.

Jour 6 – 19/02/19 : El Chalten, domaine du Fitz Roy – 0 km

La veille fut si compliquée physiquement que j’ai besoin d’une journée de repos. Je pense que Baloo est également partant pour une journée sur sa béquille. Par chance, la météo est excellente. Depuis ce petit village d’El Chalten, je peux observer le sommet du Fitz Roy qui domine la vallée. Il est majestueux, tout puissant, comme un gardien qui surveillerait de son œil malicieux les activités des randonneurs et des locaux.

Après avoir fait la connaissance de mes colocataires éphémères de l’auberge, j’irai réserver ma place dans un bus pour l’ascension de cette attraction immanquable de la Patagonie. Un café / gaufre, une coupe de cheveux et un tour au supermarché plus tard, je me retrouverai à traîner, une bière à la main, à observer les nuages entrer en collision avec le sommet plusieurs heures durant jusqu’à ce que le sommeil me rattrape.

Une journée aussi utile qu’inutile comme on dit. Elles font du bien de temps en temps. Je pense même qu’elles sont nécessaires pour pouvoir vraiment apprécier les journées plus intenses.

Jour 7 – 20/02/19 : El Chalten, La désillusion du Fitz Roy – 0 km

Le rendez-vous avec le chauffeur de bus est pris pour 9h00 du matin devant l’agence pour rejoindre le point de départ de ma marche du jour. Après 35 min de bus le long d’une superbe rivière, nous arrivons à bon port. Cet endroit est très touristique, il y a donc de nombreux marcheurs au départ. Cela me pose problème car je n’aime pas être dans un endroit aussi beau et naturel entouré de marcheurs qui parlent et font du bruit. Je passe donc la seconde et double l’intégralité des groupes partis avant moi.

Je me retrouverai au point de vue prisé de tous en 2 heures au lieu de 4h annoncées pour ces 10 km. Beaucoup sont déjà arrivés car partis de points de départ plus proches que le mien. La vue pourrait (et devrait être) spectaculaire mais la météo se joue de moi et il m’est impossible de voir le sommet du Fitz Roy au-dessus de ce petit lac.

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C’est pas grave, je relativise et me dis que l’on ne peut pas être victorieux à chaque bataille. Cela permet d’apprécier encore davantage les différentes victoires que je peux rencontrer sur la route. Et entre nous, depuis mon premier jour sur la route, j’ai eu plus de victoires que de défaites ! L’ensemble de cette marche est très diversifié et il est tout de même possible de voir de nombreux glaciers dès que l’on tourne la tête.

Malheureusement, avec ma blessure lors d’une randonnée précédente et ma chute de l’autre jour, je finirai les 10 derniers kilomètres de cette marche de 20 km au total, en boitant et mettrai deux fois plus de temps qu’à l’aller (alors que je redescends). Je serre les dents, m’accroche et profite de ce paysage que je ne reverrai sûrement pas de si tôt.

La vie continue et quelle est belle ! Les semaines qui suivent seront toutes aussi exceptionnelles. J’ai pris plaisir à vous faire partager en détails ce qui peut se passer quotidiennement pendant mon aventure. Pour conclure je n’aurai qu’une seule chose à dire : FONCEZ !

Si vous aussi vous avez envie de découvrir l’Argentine en moto ou tout autre véhicule, vous pouvez vous renseigner auprès des pro de l’aventure Planet Ride via le site www.Planet-Ride.com

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Une semaine dans la peau de Take A Way Part 1

Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.

 – PART 1 – Quand tout va bien

Jour 1 – 15/02/19 : Départ de El Bolson en direction de Esquel – 160 km

Après avoir fait mes adieux à toute l’équipe de cette auberge paradisiaque, je prends la route pour Esquel. N’étant qu’à seulement 3 h et quelques de route, je décide de quitter la RN40 dès que possible pour la RP71. Cette piste de ripio bien roulante me permet d’entrer dans le Parc National Los Alerces par le Nord. Après avoir payé les 350 pesos  (= 8€) aux deux superbes femmes qui gardent l’entrée du parc, j’entre dans ce territoire dominé par de nombreux lacs et forêts primaires. De nouveau, le ripio est d’une qualité exceptionnelle et je me retrouve à évoluer le long de cette piste à fleur de colline qui épouse la berge des lacs.

Parc Alerces

Je pensais être seulement de passage pour la journée dans ce parc, mais face à tant de beauté et de pureté patagonienne, je ne suis qu’un vulgaire pantin. Il me sera impossible de résister à y passer la nuit. Je camperai donc sur la « Playa del Frances ». Comme une énième cerise sur le gâteau, la Patagonie m’offre une nouvelle fois un signe de son immense générosité avec une plage dont le nom semble me crier « Mi casa es su casa ! ».

Le campement installé, je sors la canne à pêche et espère prendre mes premiers poissons. « De toute façon, ce soir je mange du poisson ou rien ! ». Voilà ce que je me suis dit en faisant mon premier lancé dans ce lac d’une beauté quasi incompréhensible. Durant 3 heures, je resterai patient à garder un œil conquérant à la recherche d’un dîner potentiel. La nuit tombe et comme la réponse d’un politicien, je n’obtiens absolument rien ! Mais alors rien du tout !

La vue y est cependant spectaculaire. La plage de galets immerge de la forêt pour se jeter dans ce lac entouré de montagnes dont certaines ont encore leur manteau d’hiver. D’un bleu pur et translucide, l’eau laisse apparaître une biodiversité très variée quand on s’en approche. Les poissons (car oui en plus ils sont là ces ******) slaloment entre les différentes espèces d’algues qui, quant à elles, effectuent une chorégraphie lente et ondulée bercée par les quelques mouvements du lac.

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Bredouille et déçu par mon inaptitude à remonter un poisson de l’eau, je casserai ma promesse de ne rien manger en avalant ma dose de riz habituel. Je ferai la rencontre de Luis et Beatriz qui me dépanneront d’un tire-bouchon me permettant de noyer ce qu’il me reste de dignité dans mon Malbec au bord du feu.

Jour 2 : 16/02/19 : Esquel entre motards – 35 km

Le lendemain, après un petit déjeuner gueule de bois au bord du lac et une nouvelle sieste, je continuerai à explorer le parc et ses pistes avant de rejoindre la ville d’Esquel. Quelques jours auparavant, je m’étais arrêté sur le bord de la route pour échanger avec deux motards argentins voyageurs. Ils m’avaient parlé d’un rassemblement de motards au camping « La Colina ». J’arrive sur place à 17h et m’attends à voir 10 motos maximum dans un coin du jardin. Que néni ! A la place, je tombe face à une véritable concentration de deux roues en tout genre qui monopolise l’ensemble du camping.

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Vite repéré par mes deux compères, je gare Baloo et descends de ma monture. Je n’ai même pas enlevé mon casque que je me retrouve déjà avec une bière et un verre de vin dans les mains. L’un des deux partira même demander de mettre sur les braises de l’asado central de quoi me restaurer. De toute évidence, à table, tout le monde fait déjà la fête depuis plusieurs heures. « Tu arrives à temps ! A 18 h nous partons tous boire un verre en ville ». L’heure approchant rapidement, les participants, encore en état de conduire un œil ouvert, partent s’habiller pour se rendre en ville et régler ce problème d’excès de vision inacceptable…

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Nous sommes près de 150 motos à être escortées par les services de la ville en direction du pub. Il y a de tout. De la petite 125 aux grosses 1300. Et de toutes marques. Notamment une superbe Bullet 500 qui me rappellera cette aventure en Royal Enfield au cœur du Rajasthan que j’ai vécue il y a peu. Je suis aux anges. Quelle expérience géniale pour moi qui ne suis que de passage mais accueilli comme un membre de la famille. Un nouvel exemple de la bonté de la communauté des motards qui n’a ni barrières, ni frontières, ni religions.

Sur place, c’est à base de pintes de 1 L que mes nouveaux amis barbus tatoués s’exultent devant la scène où un virtuose de l’harmonica fera trembler la foule sur un fond de Rock Argentin. Je resterai plus sage avec mes quelques verres de 500 cl…

Emporté par la folie du moment, un des organisateurs amènera son chopper devant la scène, avant d’entamer une danse sensuelle autour de sa moto. J’utilise le terme de « sensuelle » pour garder un brin de décence dans ce texte car on était tout de même très proche de l’objectophilie.

De retour au QG, nous démarrons un feu avant le festin. Au menu, cœur et foie d’agneau accompagnés d’aubergines Made in Argentina. Elles sont coupées en deux dans la longueur puis incisées afin d’y introduire du sel et une huile d’olive à l’ail et au piment doux. Le tout saupoudré d’un savoureux mélange d’herbes. POUAAA le délice !

Jour 3 : 17/02/19 : Passage des 20 000 km – ??? km

Le réveil sera difficile mais animé d’une bonne humeur après la journée de la veille. A nouveau, il est temps de faire mes adieux à toutes ces nouvelles rencontres et continuer ma route. Surtout qu’aujourd’hui est une journée très particulière…

En effet, je vais dépasser officiellement mon 20 000ème kilomètre depuis mon départ. En moins de 100 km de route, l’environnement change de façon drastique. Le matin, dans un coin où la biodiversité explose de richesses, la faune et la flore sont accueillantes et merveilleuses. Puis soudainement, le paysage change pour laisser place à un territoire aride, avec seulement quelques buissons vaillants bravant le vent qui souffle de plus en plus en fort dans ces plaines. C’est aussi ça la Patagonie.

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Je m’arrêterai au bord de la route sur la borne kilométrique 1511 de la Ruta 40, installé au cœur de ce Nomansland sec mais pas sans vie marquant ainsi le passage au + de 20 000 km. Je l’aime ma borne 1511, j’y laisserai même un sticker et une petite pièce à son pied.

Après quelques photos souvenirs, je poursuivrai ma route cap Sud sans destination précise (qu’est ce que j’aime cette sensation de ne pas savoir où aller !). Vers 17h30, j’aperçois une berge sympathique lors d’un passage sur un pont. Elle semble à l’abri du vent qui continue de s’intensifier un peu plus chaque jour. La tente montée et le bois pour le feu récolté, je décide de prendre ma revanche sur la pêche. Bingo ! 5 poissons en 1h30. Bon, ils font la taille d’un orteil mais je me considère comme grand vainqueur de ce second round. 1 partout, balle au centre. Bien évidemment, je les relâcherai à l’eau indemnes.

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De toute façon, ce soir je déguste en plus du riz, un mélange de poulet aux carottes précuits qui marine dans un bocal en verre rempli d’huile parfumée. Un autre cadeau de mes amis bikers lors de mon arrivée au rassemblement.

Au bord du feu, inspiré peut-être par une session de guitare au coucher du soleil, mais aussi par ces dernières 72h mémorables, je me laisse porter par l’écriture et remplis plusieurs pages de mon carnet de voyage. Je n’avais jamais réellement écrit de ma vie. Je n’ai jamais vraiment aimé ça d’ailleurs. Ma plume est faible, simple mais transpire la sincérité qui m’habite. Certains de ces écrits vous sont partagés, d’autres resteront privés…. TO BE CONTINUED IN PART 2.

 

Si vous aussi vous avez envie de découvrir l’Argentine en moto ou tout autre véhicule, vous pouvez vous renseigner auprès des pro de l’aventure Planet Ride via le site www.Planet-Ride.com

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