– Overlanding for Conservation –
Deuxième partie d’une semaine au cœur de Take A Way –
Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.
Jour 4 – 18/02/19 : Le feu aux fesses – ? km
Le lendemain de ma soirée pêche, j’ai pour objectif de visiter la «Cueva de Los Manos ». Un lieu historique classé au patrimoine de l’UNESCO où sont représentées de nombreuses peintures de mains dont certaines datent de plus de 9 700 ans. Ce lieu mystique est perdu le long du flan d’un canyon se jetant dans une vallée verdoyante. C’est un espace très curieux étant donné la nature du paysage des environs. Sur des centaines de kilomètres à la ronde, la sécheresse et l’aridité dominent faune et flore. Mais la petite rivière qui silionne au fond de ce canyon apporte de la vie dans cette région quasi post apocalyptique qui me fera souvent penser aux décors de Mad Max. De nombreuses espèces d’arbres et d’oiseaux ont élu domicile dans ce jardin d’Eden tout aussi passionnant que le spectacle affiché sur les falaises.

Des centaines de mains sont peintes sur les murs. Ces artistes d’un autre temps utilisaient un mélange de terre des environs et d’eau pour souffler autour de leurs mains et ainsi en dessiner le contour. D’après les tests effectués au carbone 14, quatre périodes notables peuvent être distinguées vieilles de 9 700 ans, pour les plus anciennes, à environ 2 500 ans, pour les plus récentes. Cependant, la raison pour laquelle il existe un si gros écart entre les différentes périodes reste à ce jour encore inconnue. Un nouveau mystère de l’histoire qui me plaît. Comme un tour de magie dont on apprend les secrets qui perdrait alors tout son charme, j’apprécie quand un aspect reste encore caché de tous.

Sur le chemin pour rejoindre ce site, mon voyage (et sûrement une partie de mon intégrité physique) a bien failli prendre un tournant tragique. Il y a une trentaine de kilomètres séparant la ruta 40 de la vallée. 30 km d’une piste en mauvais état mais à la vue incroyable (encore une…). Le paysage sec et aride est parsemé de petits buissons appréciés par les nombreux Guanacos que je croise. Les couleurs sont dominées par le brun et le marron de la terre et des roches. Mais là n’est pas où je veux en venir. Les vibrations de cette route ont permis à mon bidon d’essence auxiliaire de 5L de bouger de son emplacement d’origine et de se coller sur mon pot d’échappement. Alerté par une odeur de brûlé, je m’arrêterai précipitamment sur le bord de la piste pour découvrir un spectacle que j’espère ne plus retrouver.
La chaleur dégagée par l’échappement a fait fondre le plastique du bidon faisant alors un petit trou permettant à un filet d’essence de s’échapper. Ma plaque d’immatriculation est complètement carbonisée sur la partie supérieure droite. J’ai aspergé l’ensemble avec la poussière de ripio environnant pour stopper les dégâts, mais il est désormais impossible de voir mon beau numéro « 90 » pour représenter ma région. Un nouveau signe que je perds encore un peu plus de mon identité. Comme si la Patagonie cherchait à me happer dans son monde petit à petit. Ce n’est pas pour me déplaire pour autant. J’ai tout de même beaucoup de chance dans cette péripétie car à la vue du bidon, je pense qu’à quelques secondes près, le bidon et son contenu auraient totalement pris feu mettant en flamme Baloo, mes affaires et sûrement moi au passage. J’ai eu littéralement, le feu aux fesses !
Encore une fois, je vais en sourire et même en rire. Rire de ma bêtise, rire de ma chance insolente et surtout rire du fait que je trouve drôle cette situation qui aurait pu devenir tragique. Putain ce que je peux me trouver con parfois, mais entre nous ; j’adore ça…
Après plusieurs kilomètres d’une piste toute aussi belle que la précédente, je récupère la RN40 sans destination mais en gardant mon cap Sud. Le soleil embrase l’horizon et je n’ai toujours pas trouvé un endroit pour poser ma tente. Le vent souffle très fort dans ces grandes plaines où 350 km peuvent séparer deux villes l’une de l’autre.
Je m’abriterai le long d’une petite colline (ou très gros rocher) qui me couvre un peu de ce vent dévastateur. Avant de mettre en place le campement, je pourrai observer plusieurs cadavres et os de Guanacos éparpillés un peu partout. Cela ne fait aucun doute, je suis sur le territoire d’un puma. Pas le choix, nous allons devoir cohabiter ce soir. Il y a très peu de risque d’attaque, je le sais, mais je dormirai tout de même avec le couteau à portée de main…

Jour 5 – 19/02/19 : Le vent Patagonien dans toute sa splendeur – ? km
Au petit matin, le vent souffle si fort qu’il plie ma tente déjà bien abîmée depuis le Brésil. Je range donc toutes mes affaires devant ce spectacle d’immensité extrême où la nature fait loi. Pas le temps de déjeuner, je veux prendre la route au plus vite car une grosse journée m’attend et vu la force du vent dès le petit matin, je sais d’ores et déjà que je vais en chier.
Et effectivement, tout au long de la journée le vent se fera de plus en plus redoutable. Si puissant qu’il m’est parfois tout simplement impossible de m’arrêter car sans élan le souffle plaque la moto au sol et je n’ai pas la force de la retenir. Sur une portion de piste de 80 km, je ferai les frais de ce « mighty wind of Patagonia ». Je ne dispose pour rouler que d’une bande d’environ 40 cm de large tracée par le passage des voitures précédentes. Le reste est constitué de plusieurs centimètres d’épaisseur de ripio impraticable.

Seulement, même à 25km/h, il m’est très difficile de rester sur cette bande de piste avec le vent frappant le côté droit de Baloo. C’est physiquement très éprouvant. Les bras sont crispés sur le guidon, les abdos contractés pour garder la moto droite et les cervicales mises à rude épreuve par les rafales qui viennent se heurter sur mon casque. C’est comme un coup de poing qui essaierait de me dénuquer à la Stallone à chaque impact. En Patagonie, je pense que le vent ne devrait pas être exprimé en vitesse mais en angle. L’angle que la moto doit prendre pour rester droite.

Comme si cela n’était pas suffisant, une petite pluie fine s’invite sur le champ de bataille. Ma visière et mon masque sont trop sales pour vraiment y voir au travers et j’avance donc sans protection face à ces gouttes d’eau qui ressemblent à de véritables cure dents acérés cherchant à me crever les yeux. Sur la moto, encouragé par un gros set de Drum & Bass dans les oreilles, je crierai de toutes mes forces à plusieurs reprises pour me donner du courage et motiver Baloo : « PUTAIN ON EN CHIE BALOO MAIS ON VA LE ****** CE VENT DE ***** ! ». La guerre est déclarée et on n’est pas du genre à baisser les bras !
Mais au bout d’un moment, le corps ne suit plus. Je suis fatigué, épuisé par ces derniers jours de combat avec mère nature. Une énième bourrasque me fera dévier une nouvelle fois de ma trajectoire mais ce coup-ci je n’ai ni les réflexes, ni le physique me permettant de récupérer la moto qui partira dans tous les sens me faisant goûter ce ripio épais.
Par chance, une chute sans gros dégâts pour Baloo (et pour moi également d’ailleurs mais ce n’est pas le plus important). Je dois cependant me dépêcher de relever la moto car de l’essence s’échappe de mon bouchon de réservoir modifié. Les 240 kg chargés de Baloo semblent doublés par le vent qui plaque la moto au sol de toute sa puissance. Ce sera sans doute l’effort physique le plus dur et intense de ma vie. Mais pas le choix, je suis seul et plus de 100 km me séparent de la prochaine ville.
Jour 6 – 19/02/19 : El Chalten, domaine du Fitz Roy – 0 km
La veille fut si compliquée physiquement que j’ai besoin d’une journée de repos. Je pense que Baloo est également partant pour une journée sur sa béquille. Par chance, la météo est excellente. Depuis ce petit village d’El Chalten, je peux observer le sommet du Fitz Roy qui domine la vallée. Il est majestueux, tout puissant, comme un gardien qui surveillerait de son œil malicieux les activités des randonneurs et des locaux.
Après avoir fait la connaissance de mes colocataires éphémères de l’auberge, j’irai réserver ma place dans un bus pour l’ascension de cette attraction immanquable de la Patagonie. Un café / gaufre, une coupe de cheveux et un tour au supermarché plus tard, je me retrouverai à traîner, une bière à la main, à observer les nuages entrer en collision avec le sommet plusieurs heures durant jusqu’à ce que le sommeil me rattrape.
Une journée aussi utile qu’inutile comme on dit. Elles font du bien de temps en temps. Je pense même qu’elles sont nécessaires pour pouvoir vraiment apprécier les journées plus intenses.
Jour 7 – 20/02/19 : El Chalten, La désillusion du Fitz Roy – 0 km
Le rendez-vous avec le chauffeur de bus est pris pour 9h00 du matin devant l’agence pour rejoindre le point de départ de ma marche du jour. Après 35 min de bus le long d’une superbe rivière, nous arrivons à bon port. Cet endroit est très touristique, il y a donc de nombreux marcheurs au départ. Cela me pose problème car je n’aime pas être dans un endroit aussi beau et naturel entouré de marcheurs qui parlent et font du bruit. Je passe donc la seconde et double l’intégralité des groupes partis avant moi.
Je me retrouverai au point de vue prisé de tous en 2 heures au lieu de 4h annoncées pour ces 10 km. Beaucoup sont déjà arrivés car partis de points de départ plus proches que le mien. La vue pourrait (et devrait être) spectaculaire mais la météo se joue de moi et il m’est impossible de voir le sommet du Fitz Roy au-dessus de ce petit lac.

C’est pas grave, je relativise et me dis que l’on ne peut pas être victorieux à chaque bataille. Cela permet d’apprécier encore davantage les différentes victoires que je peux rencontrer sur la route. Et entre nous, depuis mon premier jour sur la route, j’ai eu plus de victoires que de défaites ! L’ensemble de cette marche est très diversifié et il est tout de même possible de voir de nombreux glaciers dès que l’on tourne la tête.
Malheureusement, avec ma blessure lors d’une randonnée précédente et ma chute de l’autre jour, je finirai les 10 derniers kilomètres de cette marche de 20 km au total, en boitant et mettrai deux fois plus de temps qu’à l’aller (alors que je redescends). Je serre les dents, m’accroche et profite de ce paysage que je ne reverrai sûrement pas de si tôt.
La vie continue et quelle est belle ! Les semaines qui suivent seront toutes aussi exceptionnelles. J’ai pris plaisir à vous faire partager en détails ce qui peut se passer quotidiennement pendant mon aventure. Pour conclure je n’aurai qu’une seule chose à dire : FONCEZ !
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Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.
Jour 1 – 15/02/19 : Départ de El Bolson en direction de Esquel – 160 km
Après avoir fait mes adieux à toute l’équipe de cette auberge paradisiaque, je prends la route pour Esquel. N’étant qu’à seulement 3 h et quelques de route, je décide de quitter la RN40 dès que possible pour la RP71. Cette piste de ripio bien roulante me permet d’entrer dans le Parc National Los Alerces par le Nord. Après avoir payé les 350 pesos (= 8€) aux deux superbes femmes qui gardent l’entrée du parc, j’entre dans ce territoire dominé par de nombreux lacs et forêts primaires. De nouveau, le ripio est d’une qualité exceptionnelle et je me retrouve à évoluer le long de cette piste à fleur de colline qui épouse la berge des lacs.

Je pensais être seulement de passage pour la journée dans ce parc, mais face à tant de beauté et de pureté patagonienne, je ne suis qu’un vulgaire pantin. Il me sera impossible de résister à y passer la nuit. Je camperai donc sur la « Playa del Frances ». Comme une énième cerise sur le gâteau, la Patagonie m’offre une nouvelle fois un signe de son immense générosité avec une plage dont le nom semble me crier « Mi casa es su casa ! ».
Le campement installé, je sors la canne à pêche et espère prendre mes premiers poissons. « De toute façon, ce soir je mange du poisson ou rien ! ». Voilà ce que je me suis dit en faisant mon premier lancé dans ce lac d’une beauté quasi incompréhensible. Durant 3 heures, je resterai patient à garder un œil conquérant à la recherche d’un dîner potentiel. La nuit tombe et comme la réponse d’un politicien, je n’obtiens absolument rien ! Mais alors rien du tout !
La vue y est cependant spectaculaire. La plage de galets immerge de la forêt pour se jeter dans ce lac entouré de montagnes dont certaines ont encore leur manteau d’hiver. D’un bleu pur et translucide, l’eau laisse apparaître une biodiversité très variée quand on s’en approche. Les poissons (car oui en plus ils sont là ces ******) slaloment entre les différentes espèces d’algues qui, quant à elles, effectuent une chorégraphie lente et ondulée bercée par les quelques mouvements du lac.

Bredouille et déçu par mon inaptitude à remonter un poisson de l’eau, je casserai ma promesse de ne rien manger en avalant ma dose de riz habituel. Je ferai la rencontre de Luis et Beatriz qui me dépanneront d’un tire-bouchon me permettant de noyer ce qu’il me reste de dignité dans mon Malbec au bord du feu.
Jour 2 : 16/02/19 : Esquel entre motards – 35 km
Le lendemain, après un petit déjeuner gueule de bois au bord du lac et une nouvelle sieste, je continuerai à explorer le parc et ses pistes avant de rejoindre la ville d’Esquel. Quelques jours auparavant, je m’étais arrêté sur le bord de la route pour échanger avec deux motards argentins voyageurs. Ils m’avaient parlé d’un rassemblement de motards au camping « La Colina ». J’arrive sur place à 17h et m’attends à voir 10 motos maximum dans un coin du jardin. Que néni ! A la place, je tombe face à une véritable concentration de deux roues en tout genre qui monopolise l’ensemble du camping.

Vite repéré par mes deux compères, je gare Baloo et descends de ma monture. Je n’ai même pas enlevé mon casque que je me retrouve déjà avec une bière et un verre de vin dans les mains. L’un des deux partira même demander de mettre sur les braises de l’asado central de quoi me restaurer. De toute évidence, à table, tout le monde fait déjà la fête depuis plusieurs heures. « Tu arrives à temps ! A 18 h nous partons tous boire un verre en ville ». L’heure approchant rapidement, les participants, encore en état de conduire un œil ouvert, partent s’habiller pour se rendre en ville et régler ce problème d’excès de vision inacceptable…

Nous sommes près de 150 motos à être escortées par les services de la ville en direction du pub. Il y a de tout. De la petite 125 aux grosses 1300. Et de toutes marques. Notamment une superbe Bullet 500 qui me rappellera cette aventure en Royal Enfield au cœur du Rajasthan que j’ai vécue il y a peu. Je suis aux anges. Quelle expérience géniale pour moi qui ne suis que de passage mais accueilli comme un membre de la famille. Un nouvel exemple de la bonté de la communauté des motards qui n’a ni barrières, ni frontières, ni religions.
Sur place, c’est à base de pintes de 1 L que mes nouveaux amis barbus tatoués s’exultent devant la scène où un virtuose de l’harmonica fera trembler la foule sur un fond de Rock Argentin. Je resterai plus sage avec mes quelques verres de 500 cl…
Emporté par la folie du moment, un des organisateurs amènera son chopper devant la scène, avant d’entamer une danse sensuelle autour de sa moto. J’utilise le terme de « sensuelle » pour garder un brin de décence dans ce texte car on était tout de même très proche de l’objectophilie.
De retour au QG, nous démarrons un feu avant le festin. Au menu, cœur et foie d’agneau accompagnés d’aubergines Made in Argentina. Elles sont coupées en deux dans la longueur puis incisées afin d’y introduire du sel et une huile d’olive à l’ail et au piment doux. Le tout saupoudré d’un savoureux mélange d’herbes. POUAAA le délice !
Jour 3 : 17/02/19 : Passage des 20 000 km – ??? km
Le réveil sera difficile mais animé d’une bonne humeur après la journée de la veille. A nouveau, il est temps de faire mes adieux à toutes ces nouvelles rencontres et continuer ma route. Surtout qu’aujourd’hui est une journée très particulière…
En effet, je vais dépasser officiellement mon 20 000ème kilomètre depuis mon départ. En moins de 100 km de route, l’environnement change de façon drastique. Le matin, dans un coin où la biodiversité explose de richesses, la faune et la flore sont accueillantes et merveilleuses. Puis soudainement, le paysage change pour laisser place à un territoire aride, avec seulement quelques buissons vaillants bravant le vent qui souffle de plus en plus en fort dans ces plaines. C’est aussi ça la Patagonie.

Je m’arrêterai au bord de la route sur la borne kilométrique 1511 de la Ruta 40, installé au cœur de ce Nomansland sec mais pas sans vie marquant ainsi le passage au + de 20 000 km. Je l’aime ma borne 1511, j’y laisserai même un sticker et une petite pièce à son pied.
Après quelques photos souvenirs, je poursuivrai ma route cap Sud sans destination précise (qu’est ce que j’aime cette sensation de ne pas savoir où aller !). Vers 17h30, j’aperçois une berge sympathique lors d’un passage sur un pont. Elle semble à l’abri du vent qui continue de s’intensifier un peu plus chaque jour. La tente montée et le bois pour le feu récolté, je décide de prendre ma revanche sur la pêche. Bingo ! 5 poissons en 1h30. Bon, ils font la taille d’un orteil mais je me considère comme grand vainqueur de ce second round. 1 partout, balle au centre. Bien évidemment, je les relâcherai à l’eau indemnes.

De toute façon, ce soir je déguste en plus du riz, un mélange de poulet aux carottes précuits qui marine dans un bocal en verre rempli d’huile parfumée. Un autre cadeau de mes amis bikers lors de mon arrivée au rassemblement.
Au bord du feu, inspiré peut-être par une session de guitare au coucher du soleil, mais aussi par ces dernières 72h mémorables, je me laisse porter par l’écriture et remplis plusieurs pages de mon carnet de voyage. Je n’avais jamais réellement écrit de ma vie. Je n’ai jamais vraiment aimé ça d’ailleurs. Ma plume est faible, simple mais transpire la sincérité qui m’habite. Certains de ces écrits vous sont partagés, d’autres resteront privés…. TO BE CONTINUED IN PART 2.
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Un des grands moments de ma descente dans le Sud le long de la Ruta 40 sera le passage entre San Martin de Los Andes et Villa Angostura, plus communément appelé la « Route des 7 Lacs ». Cette région dispose de bien plus de lacs que son nom ne l’indique mais la route principale ne permet pas de tous les observer.
Avant de débuter cette route de renommée, je m’arrête à Junin de Los Andes. Notamment pour acheter un nouveau support pour mon téléphone (le premier ayant littéralement pris son envol pour Mars alors que j’étais entrain de rouler) ainsi qu’une nouvelle sortie 12V USB pour recharger mes caméras. J’en profite pour passer du temps avec le propriétaire du magasin de moto local avec qui je viens de travailler sur la moto. Très vite, cet échange mécanique se transforme en apéro surprise autour d’une bouteille de Fernet. Un alcool qui ressemble beaucoup au Jägermeister. Sans surprise, nous laissons Baloo de côté pour nous concentrer sur notre nouveau passe-temps. La nuit tombée, ce gentil jeune homme rentrera chez lui me laissant seul avec mon cerveau tordu remettre Baloo en état. Sympa les Argentins…

Le lendemain, j’emmène ce qui me reste de cervelle pour explorer la Route des 7 lacs. Elle ne fait que 110 km de long (environ 2 heures sans les pauses pour observer le paysage). C’est un de mes « highlights » donc hors de question de ne passer qu’une demi-journée ici ! J’ai tout le temps du monde et je compte bien en profiter. L’axe principal est très touristique. Vu son incroyable beauté, je n’en attendais pas moins. Mais arrivé à un certain point, trop de tourisme tue le tourisme. Un cousin motard rencontré sur un point de vue splendide me confirme qu’il existe des pistes superbes perpendiculaires à notre position. Bonne nouvelle, voici mon échappatoire. Allez hop, je fais quelques courses (juste les immanquables : vin et gros bout de viande) et me voilà sorti du flux de bus et autres voitures de tourisme en direction des trésors cachés de cette route. Je suis la piste 65 puis la 63 pour effectuer une boucle dans le parc. Je le conseille à quiconque se baladerait dans les environs !

Comme on ne change pas une équipe qui gagne, le programme du soir sera : camping sauvage / rivière / feu de bois. Avec en bonus, une bonne bouteille de Malbec de Mendoza et un bon 350 gr de barbac qui cuira doucement au-dessus des flammes pendant une heure. Servi avec son riz aux légumes sauce béchamel, je vous raconte pas le délice ! La nuit tombée, je pense à ma vie, mon aventure, mes choix. Depuis 2012, je suis sur les routes des quatre coins du globe avec seulement quelques petits retours en France. Il est parfois dur d’expliquer aux gens que je rencontre que ceci est ma vie et non une « pause » dans mon quotidien en France. Non, je ne dispose pas d’une maison ou d’un appartement qui m’attend en métropole. Non je n’ai pas la sécurité de retrouver un travail à mon éventuel retour. Mais bordel qu’est ce que je suis libre ! Je suis très fier de ce que j’ai accompli ces 7 dernières années et j’ai encore plein d’idées cachées dans un coin de ma caboche.

Une fois rassiabourré (rassasié / bourré), mes doigts deviennent incontrôlables sur ma petite guitare achetée au Brésil. L’avantage du camping sauvage est qu’il n’y a pas de voisins. Tant mieux pour moi mais surtout pour eux !
Le reste de ma visite dans ce parc sera tout aussi festif et féérique. Les lacs sont tous d’une beauté à faire craquer Geneviève de Fontenay, et la météo est une nouvelle fois de mon côté. Cette journée se terminera dans une ville bien connue des voyageurs et touristes de Patagonie : San Carlos de Bariloche.

Comme une maquette de la Suisse, on y retrouve chocolat et chalets en bois. Quelques jours de repos dans cette ville au passé sombre mais à l’avenir brillant. Après la deuxième guerre mondiale, ce fût un refuge pour de nombreux nazis. Peu de vestiges de cette époque pour cette ville idéalement placée au pied d’un lac parsemé de nombreuses îles au milieu de montagnes forestières à ne pas manquer.
A seulement 2 heures de route, se trouve la petite ville de El Bolson : reconnue pour son ambiance hippie, son marché spécialisé dans les artefacts faits main, ses glaces artisanales et bien évidemment ses bières locales. J’atterrirai dans ce que je peux considérer comme la plus belle auberge de jeunesse dans laquelle j’ai séjourné. La Casona de Odile est un lieu de relaxation ultime : cours de Yoga deux fois par jour, massages, jardin donnant sur une rivière et ses hamacs idéalement situés entre boulots et eucalyptus. Par principe, je les essaierai tous. Je resterai deux semaines complètes dans ce havre de paix à explorer à pied les environs et fournir mon aide en tant que volontaire pour m’occuper du jardin en échange du logement et nourriture.

La porte d’entrée donne sur un salon tout en bois avec de nombreuses tables et un coin « lounge » propice à la lecture et au repos. Les poutres apparentes garnies de branches de lavande se marient parfaitement avec les bibliothèques remplies de récits d’aventures et d’encyclopédies aussi vieilles que l’étagère qui les maintient hors du sol. Le bar / restaurant est tout aussi charmant : tout en bois et en pierre, il y règne une atmosphère toute particulière. J’aurai d’ailleurs un coup de cœur pour ce vieux pot à thé qui, grâce à un système ingénieux de poulie, permet à la porte d’entrée de se refermer en douceur sans claquer.
Sur place, je ferai la rencontre marquante de deux Françaises (Chloé et Déborah) sourdes qui voyagent en auto-stop sur tout le continent. Elles disposent d’une capacité à lire sur les lèvres à faire rougir les plus grands agents secrets du FBI. Cela fait 4 ans que je me donne comme bonne résolution d’apprendre la langue des signes (et non « langage » comme me le souligne régulièrement Déborah). Enfin l’opportunité est à mes pieds et je vais saisir ma chance d’en apprendre plus sur le monde des sourds. Comme une éponge, j’absorbe chacune de leurs informations et mes progrès en signes sont notables de jour en jour. Je suis admiratif devant ces deux jeunes femmes courageuses d’entreprendre un tel voyage et suis même jaloux de leur force d’esprit.

Ensemble nous partirons deux jours en tente à la découverte du Rio Azul et de ses environs. Une randonnée compliquée, très physique mais pleine de charme. Notamment avec la traversée d’une cavité créée dans la neige par un ruisseau alimenté par la fonte des neiges. Niveau sécurité, on repassera mais le fun est au rendez-vous ! Vivement la prochaine aventure !

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« La Cordillère des Andes »… Rien que de prononcer son nom, on peut avoir des frissons. Cela sonne comme un lieu loin de tout, loin du temps, loin de toute modernité, loin de chez nous, loin de nos standards. Une terre d’aventure aussi précieuse que capricieuse. En tout cas, c’est ce que la plus grande chaîne montagneuse du monde m’évoquait lorsque je suis arrivé à ses pieds en ce début 2019.
Après avoir littéralement explosé de joie à ma première vision de ses sommets enneigés, j’ai tout de suite su que j’allais lier une relation forte avec cette région du monde.
Pour le petit cours de Géographie :
Allez Bim ! Mange ! Une fois que tu as pris ça dans les dents, tu comprends que les mois qui arrivent vont être sauvages ! Et c’est exactement ce que je recherche. Me lancer à l’ascension de ces reliefs et voir ce que le voyage me réserve de plus extrême.

C’est donc dans la région de Mendoza que je pénètre ce territoire inapprivoisé. Plus précisément, à Las Vegas (si si, je te jure !). Je prendrai 10 jours pour me reposer au cœur des montagnes et pour faire connaissance avec douceur avec mon nouveau terrain de jeux. Ce petit camping est le lieu parfait pour cela. Avec une vue sur deux sommets à plus de 5 000 m, le café du matin à un goût des plus particuliers, et les Asado / vins du soir une saveur unique. Par moment, je m’équipe et pars en expédition avec Baloo sur les pistes des environs. Sans bagage et poignée dans l’angle, on s’amuse comme deux enfants dans un bac à sable.

J’y ferai la rencontre de Aureliano, propriétaire du camping mais surtout passionné de sa région, de son histoire et de sa culture. Quant à la famille de Français volontaires sur place (Agnes, Sébastien et leurs deux enfants), nous échangerons sur ce qu’est la vie, la vraie ! L’éducation des enfants, la situation en France et dans le reste du monde. Nous rêvons de solidarité, de paix, d’égalité mais aussi d’aventures. Ils seront une famille de substitution pour moi pendant ces quelques jours. Si Agnès lit qu’ils ont été comme des parents pour moi, elle va me tuer, c’est sûr et je préfère ne pas m’y risquer.

Un beau matin ensoleillé, je donne rendez-vous à Sébastien, du projet « L’oiseau Rouge », un autre motard voyageur français, pour une ballade jusqu’à la frontière avec le Chili. Une ballade à moto qui nous prendra toute la journée. Le paysage qui défile est spectaculaire. Les couleurs se battent pour être élues « la plus éclatante ». Les blancs des neiges et nuages, les différents bruns, marrons et rouges des roches, les verts des buissons et timides arbres, les bleus du ciel et des rivières… A chaque kilomètre, sa nuance.
Arrivés à la frontière, une piste annexe nous emmènera à presque 4 000 m d’altitude sur la crête entre l’Argentine et le Chili. Il y a du vent (beaucoup), il fait froid et l’altitude se fait remarquer sur le corps et sur les machines qui ont perdu en puissance. Mais après un chocolat chaud, nous repartons fiers de notre accomplissement du jour. Je n’avais jamais conduit à cette hauteur. Pour comparaison, la plus haute route d’Europe (« Route de la Bonette ») s’élève à 2 802 m de haut. Une enfant…

Sur le retour, nous prenons le temps d’observer l’Aconcagua. A 6 962 m, c’est le plus haut sommet de toutes les Amériques. Une nouvelle journée de rêve à l’actif de Take A Way et je suis impatient de partir plus au Sud.
« La vie ce n’est pas simplement respirer, c’est aussi avoir le souffle coupé »
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C’est donc avec Baloo remis en état que je quitte Buenos Aires pour cette nouvelle année. La destination ? LES ANDES ! Ce lieu qui me parait lointain mais à portée de roue. Cependant, avant de rejoindre cette terre d’aventure, je dois parcourir plus de 1 000 Km à travers la Pampa.
La Pampa est un lieu assez ennuyant pour être franc ; peuplé de lignes droites sans fin qui coupent les champs et cultures de fruits et légumes. Au début, on peut être émerveillé par cette atmosphère mais, rapidement, on se rend compte que le paysage semble ne pas défiler et seules les coupures de la ligne centrale de la route me rappellent qu’effectivement, je suis bien entrain d’avancer. Par chance, la météo est de mon côté. Pour le moment…

Le Dimanche 6 Janvier, je décide de m’arrêter au camping municipal de Général Levalle. Il est situé au bord d’un petit lac calme et reposant. Plusieurs familles sont déjà installées à mon arrivée mais je trouve sans difficulté un petit coin au calme. Le temps d’installer le campement, je sens le vent se lever. J’ai un mauvais pressentiment mais il est trop tard pour faire marche arrière et remballer toutes mes affaires.

C’est lorsque le soleil disparaît à l’horizon que le vent s’accentue à nouveau et des nuages menaçants font leur entrée en scène de nulle part. Pas grave, c’est l’heure d’aller dormir de toute façon. Cependant, voici ce que j’ai écrit dans mon carnet de voyage à 2 h du matin :
« C’est la nuit noire au bord de ce petit lac. C’est la tempête. Je suis piégé dans ma tente depuis 22 h. Impossible de fermer l’œil. Il pleut de plus en plus fort et c’est une véritable compétition qui débute entre la pluie et le vent. Le but du jeu ? C’est à celui qui grondera le plus fort.
Le vent est tellement puissant qu’il fait s’élever des gouttes d’eau du lac donnant alors, malgré lui, un coup de pouce à son adversaire du jour. Ma tente se remplit de sable dont les grains sont bien trop fins pour être stoppés par ma moustiquaire. La paroi extérieure de la tente est plaquée par le vent sur la paroi intérieure. La pluie se transfère d’une couche à l’autre comme un morceau de sucre trempé dans du café et me voila désormais en plein dégât des eaux.
Du sable et de l’eau au milieu de la Pampa entre Buenos Aires et Mendoza. Je dors dans un vrai Oasis. Seule la crainte de me recevoir un arbre ou une branche déchue par le vent vient briser mon rêve ».
Je ne trouverai le sommeil qu’après 4h30 du matin où la fatigue de tenir les arceaux de ma tente maltraitée par les conditions climatiques aura raison de mon énergie.
Le lendemain fût tout aussi horrible. Pluie, vent et froid sur plus de 300 km. L’occasion de tester pour la première fois mes gants chauffants. Mais malgré cela, j’ai le corps gelé et complètement crispé sur la moto. San Luis sera ma maison pour la nuit.
Le jour d’après, par contre, restera gravé dans ma mémoire à tout jamais. Les lignes droites sont toujours aussi ennuyantes. Je décide donc d’emprunter la piste qui longe l’autoroute à quelques mètres. C’est bien plus fun… Le gris des nuages a laissé place à un ciel d’un bleu éclatant. Je garde mes yeux rivés sur l’horizon à la recherche de ma première vision des Andes. Rien n’y fait, malgré les kilomètres avalés, les reliefs restent timides.

A 90 km de Mendoza, je me concentre une nouvelle fois pour observer bien plus loin que le bout de mon nez. Et là, c’est la grande surprise. Ce que je pensais être des nuages était en fait les sommets enneigés des Andes. Une sensation de joie extrême m’emporte. Je saute sur la moto, je crie de toutes mes forces, le poing levé en l’air et je fonds en larmes. J’attendais ce moment depuis si longtemps ! Depuis la préparation de ce voyage, les Andes ont toujours été le point fort de mon périple. Et après plus de 15 000 km, 3 mois et demi, une crevaison, 4 chutes et des tempêtes, j’y suis enfin arrivé ! Une chose est sûre : « Ca va envoyer le pâté ! »

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Le 26 Décembre, je prends la route au départ de Puerto Iguazu en direction de la capitale. Je laisse les chutes d’Iguazu derrière moi, mais dans un coin de ma tête pour le restant de mes jours. J’enchaîne les kilomètres voulant être à Buenos Aires le plus rapidement possible pour fêter la nouvelle année. Je partagerai une portion de route avec Daniel. Un anglais un peu paumé qui vit au Brésil. Il veut faire l’aller-retour pour la Patagonie en moins de 7 jours… Mais il ne sait même pas où se trouve cette région du continent. Une mission vouée à l’échec. Je vous avais bien dit qu’il était paumé.

Mon arrivée à Buenos Aires fût des plus remarquables. Après avoir avalé 700 km dans la journée, j’arrive en pleine heure de pointe sur l’Avenue 9 de Julio ; l’avenue la plus large du monde. Il y a en tout 20 voies de circulation : 2 fois 4 voies dans un sens et la même chose pour l’autre sens, séparées par 4 voies de bus au centre. Je zigzague entre les voitures pour me frayer un chemin dans cette jungle urbaine. C’est à ce moment que mes deux câbles d’embrayage (celui en fonction et celui de secours) se bloquent dans ma direction m’empêchant soudainement de tourner à gauche. Je finirai donc par faire un « tout-droit » en pleine action avant de chuter fortement au sol. Un homme m’aide à relever la moto et la ranger sur le trottoir. Je vais bien. J’inspecte la moto à la recherche de la cause de mon accident et après plusieurs minutes, je peux observer que mes deux câbles sont complètement rongés et bloqués dans la potence de mon guidon. Pas le choix, sans embrayage, je vais devoir pousser la moto sur les 2 km restants pour rejoindre mon hôtel.

C’est la sortie du travail et les hommes d’affaires en costard me regardent pousser ma moto d’un œil stupéfait. « Mais qu’est-ce que ce mec fout ici ? » Je les imagine se poser ce genre de question. Par le passé, j’ai déjà eu à porter ce genre de costume pour le travail. Et je vous assure que je suis bien mieux à pousser ma moto ; je ne changerais ma place pour rien au monde. Seul un motard Brésilien viendra à mon secours sur le dernier kilomètre. Je le remercie encore aujourd’hui car je commençais à voir le bout de mes capacités physiques. La famille des motards n’a pas de frontière !

Il fait chaud, la moto est lourde, l’équipement est pesant et je me demande pourquoi cela est arrivé. Je n’en tire qu’une seule conclusion : Baloo a voulu me faire passer un message. J’avais parcouru plus de 4 000 km en moins de 12 jours (dont 3 jours de pause). C’est sa façon à lui de me dire qu’il n’aime pas voyager ainsi. Cet accident aurait pu m’arriver à n’importe quel moment. Mais c’est à 20 km/h et à 2 km de mon hôtel que celui-ci s’est produit. Je pense que j’ai grillé un bon joker sur ce coup.
Après quelques jours passés à me reposer et réparer les dégâts subis par Baloo, les dernières heures de 2018 se font sentir. Pour l’occasion, je décide de me rendre à un dîner de gala pour observer un spectacle de Tango dans un des théâtres les plus mythiques de Buenos Aires. Tout le monde est bien habillé, et à voir mes voisins de table, je pourrais être pour eux un digne représentant du tiers-monde. Je suis loin d’être à mon aise et j’ai davantage l’impression de sortir de ma zone de confort ici que lorsque je suis sur la route, perdu au milieu de nulle part. Mais le spectacle est d’une beauté inimaginable. La complicité entre les couples de danseurs est presque palpable. Ils échangent regard et sourire en enchaînant des pas de danse venues d’un autre monde et ne font qu’un avec l’orchestre qui les accompagne. Je ne pensais pas que le Tango était aussi technique. Je suis bouche-bée, complètement scotché devant ce qui se passe. J’ai l’impression que la grâce de ce spectacle est un cadeau d’accueil des Argentins. C’est un moment unique que je n’oublierai jamais.

Dès la fin du show, je quitte la salle pour observer le feu d’artifice avant de rejoindre un autre lieu où l’ambiance sera bien différente. J’ai acheté en ligne un billet pour une soirée de musique trance qui se situe dans un quartier festif de la capitale. Buenos Aires est une ville où moderne et traditions avancent main dans la main et non en conflit comme dans la plupart des autres grandes métropoles. Je voulais donc vivre ces deux expériences dans la même soirée. Malheureusement, après 1h30 d’attente, la porte de la soirée reste close et je décide de rentrer gentiment en direction de l’hôtel. De toute façon ce n’est pas grave, j’ai encore quelques jours à profiter des beautés de cette ville avant de me lancer dans la traversée de la Pampa en direction des Andes !
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Incroyable et majestueux. Ce sont les deux adjectifs qui nous sautent à la tête lorsque l’on arrive face aux chutes d’Iguazu. Ces chutes se situent sur la frontière entre le Brésil et l’Argentine. Et quelle frontière ! Je suis incapable de vous donner le nombre de cascades dont ce parc dispose. Mais je peux vous donner un chiffre : 1,5 millions.
1,5 millions, c’est le nombre de litres d’eau qui s’écoulent chaque seconde. Un débit impressionnant qui peut augmenter après de fortes pluies. En 2014, le parc a enregistré un débit record de 45 MILLIONS de litres à la seconde. Le parc a été ravagé et les plate-formes pour les visiteurs ont été détruites.

Il est possible de visiter ce lieu du côté brésilien et du côté argentin. Venant du Brésil, je commence logiquement par ce pays. Les chutes sont les mêmes mais la vue est différente. Il y a une seule plate-forme / parcours faisable facilement en une demi-journée. Du coté Argentin par contre, le parc s’étend sur plusieurs kilomètres et il faut une journée complète pour profiter pleinement de ce lieu « Hakuna Matata ».
J’arrive à 7h30 pour l’ouverture du parc à 8h00. Nous sommes déjà environ 300 personnes à attendre l’ouverture des portes. A 8h tapantes, nous entrons dans le parc mais prenons des chemins différents. L’ensemble de ces 300 personnes se dirige vers la cascade du Diable. La plus grosse attraction du parc. Je me doutais que cela allait arriver, j’ai donc décidé de prendre un chemin annexe (le chemin supérieur). Cette décision fût la bonne. Je me retrouve seul, de bon matin, dans l’immensité de ces cascades. Toute la faune et la flore m’offrent un spectacle privé pour le petit-déjeuner. Je me sens privilégié d’être ici et d’avoir la chance de vivre cette expérience loin de la foule touristique en ce 25 Décembre.

Je ne pouvais rêver mieux comme endroit pour me servir de transition entre ces deux pays. C’est avec émotion que je me promène entre les chutes en me ressassant chaque moment marquant de mon aventure au Brésil. Les bons comme les mauvais. J’ai parcouru tellement de kilomètres, rencontré un nombre incroyable de personnes formidables, les plages, les cocktails, la musique, les chutes, les emmerdes… Pour quelqu’un de très émotif comme moi, cet instant de grâce fût très intense. Une véritable récompense.
Il y a de nombreux visiteurs, nos regards se croisent, nous échangeons quelques mots, nous observons le même spectacle, et pourtant je vous assure que nous ne voyons pas la même chose. Ou en tout cas pas de la même façon. Il est compliqué de mettre des mots sur cette pensée mais je n’ai pas pris un avion pour me rendre ici en seulement quelques heures. J’ai conduit près de 15 000 km pour y arriver. Cela donne une toute autre dimension et c’est aussi pour cela que j’aime ce voyage à moto. Tout a un goût différent.

Les chutes, quant à elles, sont extraordinaires. L’eau est calme avant d’atteindre le précipice et commence à s’agiter fortement à l’arrivée du grand saut. Les berges de la rivière se resserrent et l’eau accélère. Les couleurs changent aussi. L’eau transparente devient laiteuse en s’oxygénant. Les chutes sont tellement grandes qu’on a l’impression de voir tomber l’eau au ralenti. Par moments, on pourrait presque croire que la terre est plate dans ce lieu. Le bruit est tout aussi impressionnant que le reste. Les tonnes d’eau qui se heurtent sur la rivière et les rochers en contre-bas pourraient faire croire à une collision entre un bus et une locomotive. Malgré ces 90 m de hauteur, la chute du Diable dispose d’assez de puissance pour faire surgir une brume palpable de son gouffre et ainsi mouiller l’ensemble des personnes perchées sur la plate-forme d’observation. Sous 35°C, je ne vais pas me plaindre et vais en profiter pour me rafraîchir de nombreuses minutes. La plus belle douche de ma vie !

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