La Carretera Austral – Part 2

Me voila de retour dans mon merdier. Ensablé sur cette plage du bout du monde à la recherche d’une âme charitable pour m’en sortir après avoir tenté de me libérer seul pendant plusieurs heures. Le refus de la police fut clair, net et précis. Pas de problème, que des solutions. Je reste positif et je me ballade dans les petites ruelles ensablées du village avant de tomber nez à nez sur un tracteur. Je frappe aux portes des environs et rencontre le propriétaire : un homme d’une soixantaine d’années qui accepte de me porter secours.

Tracteur

Le tracteur n’est pas en grande forme. Je dois le pousser pour le faire démarrer… Je me demande même s’il va réussir à sortir Baloo de son igloo de sable. Je saute à l’arrière du tracteur et nous partons ensemble sur la plage. Une paire de sangles, une bonne coordination et hop ! Voilà Baloo libéré de son emprise. Pour remercier ce brave homme, je partirai lui acheter une bouteille de vin et lui donnerai un petit billet pour l’essence et le dérangement.

Plage 5

C’est à mon tour de célébrer. Pour moi, en plus de la bouteille de vin, je décide de dormir sur la plage à la belle étoile. Le campement installé et le bois récupéré pour la nuit, je pars une nouvelle fois au bord de l’eau (à pied cette fois ci. Pas con le mec…) tenter ma chance à la pêche. Comme à mon habitude, je n’ai aucune touche. Bientôt, une photo de moi devrait apparaître dans un dictionnaire pour expressions « bidon », à la page « L’espoir fait vivre » ou « A force de forger, on devient forgeron ». Seul l’avenir nous le dira.

Nuit 1

Par contre, l’océan en face de moi ne manque pas de ressources et c’est juste avant le coucher de soleil que se réveille un groupe de plus de 15 dauphins. Ils sont juste là, face à moi, à une vingtaine de mètres du bord. Ils jouent dans les petites vagues et chassent en même temps (donc il y a du poiscaille !). Pendant presque 30 minutes, je resterai à observer ce spectacle superbe dont je suis le seul témoin privilégié. Aux dernières lueurs, je démarre mon propre feu et installe mon matelas percé à ses côtés. Je sais déjà que la nuit va être longue et froide mais je sais que la Lune sera absente ce soir laissant place à un tapis d’étoiles. C’est un de mes plaisirs le soir. Regarder les étoiles apparaître une à une alors que le ciel devient de plus en plus sombre. Et ce soir je suis gâté ! La voie lactée m’offre son plus doux visage. Une nuit extraordinaire face à l’immensité de notre univers.

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Une fois n’est pas coutume, je repars le lendemain sur ces pistes splendides en direction de Chaiten où se trouve le ferry pour l’île de Chiloé. Je me revois rouler à faible allure depuis plus d’une heure en observant la rivière que je longe et ses nombreuses cascades. A un moment, je décide de passer en mode sport. L’arrière de la moto chasse dans les virages, je suis debout sur les cales pieds, genoux contre le réservoir et ne fais qu’un avec Baloo. Je suis à l’aise. Trop peut-être et je relâche mon attention… Une vache sort alors de nulle part et (effrayée par le bruit de l’échappement) me coupe la route au dernier moment. Je suis debout sur les freins mais il m’est impossible de l’éviter. Baloo et la vache feront connaissance à environ 70 ou 80 km/h. Je la percute sur son flanc droit avec mon protège main gauche et finis ma course dans le fossé à droite de la piste, une partie du corps sous la moto. Comme toute activité que l’on fait régulièrement, il est possible de se laisser aller et baisser sa garde. Cependant, en moto, tout va très vite et les erreurs peuvent faire très mal.

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Je suis sous le choc de cet accident et me retrouve une nouvelle fois à rire de cette péripétie alors que je me relève presque indemne. La moto est également en très bon état. Mais je ne suis pas surpris. Après tout : Baloo est un Ours ! Ce n’est que les deux jours suivants que la douleur fera son apparition. Tout le côté gauche de mon corps est douloureux de la cheville à l’épaule. Rien de bien alarmant. En tout cas, cela ne m’a pas empêché de partager plusieurs litres de vin avec mes nouveaux amis rencontrés dans une auberge en attendant le ferry. J’ai même remporté le concours de limbo…

Prochaine étape : l’ile de Chiloé !

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2 commentaires sur “La Carretera Austral – Part 2

  1. Je lis toujours vos aventure avec autant d’intérêt. Merci pour ces moments de rêve que vous partagez. Voyager si longtemps en solo est une expérience fabuleuse mais qui ne doit pas être toujours facile.
    Je vous souhaite une bonne continuation.
    Alain Certon

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  2. Merci pour ces petites doses régulières de rêve. Je vous suis toubours avec intérêt.
    Bonne chance pour la suite de vos aventures
    Alain

    J'aime

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