La Côte Chilienne sur Deux Roues

Après avoir quitté les hauteurs à l’Est du pays, je retrouve la côte à l’Ouest. Là où la terre et le sable laissent place à un océan bleu à perte de vue. Des plages brutes sur des centaines de kilomètres longées par des chemins féeriques. Quel plaisir d’observer ces superbes vagues déferler sur la plage en slalomant entre les rochers. Je me vois déjà debout sur ma planche de surf et imagine chacun de mes mouvements dans le creux de la vague.

Cote

Malheureusement, mon épaule droite devient de plus en plus douloureuse au point de ne plus vraiment réussir à lever le bras. De quoi tirer une croix sur mon rêve de surfeur chilien. Je pense m’être abîmé l’épaule il y a un mois et demi en relevant Baloo face au vent fort de Patagonie lors d’une chute en Argentine. Cet effort le plus intense de ma vie aura eu raison de mon intégrité physique petit à petit.

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Malgré cette douleur intense, je continue à me concentrer sur les pistes le long de l’océan. Dès que la route devient bétonnée, je dérive dans les hauteurs pour me perdre dans les forêts. En totale autonomie, je me laisse voguer à mes envies et intuitions du moment, à vivre au cœur de la nature, à boire et me laver dans les rivières, à me chauffer les soirs avec ces feux de camp que j’aime tant. C’est un peu comme un ami que je quitte quand je pars me coucher pour le retrouver le lendemain soir. Je lui raconte alors ma journée. Parfois même à voix haute. Je ne souffre pas de la solitude mais je pense que certains docteurs pourraient me diagnostiquer un syndrome de schizophrénie aiguë à tendance complètement débile. Cela m’amuse, me fait rire. Au moins « je » et « moi » nous ne nous ennuyons pas.

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Après 3 jours complets à me perdre dans ce labyrinthe de pistes dans la forêt, je retrouve la civilisation au village de Pichelimu. Je pensais seulement m’y arrêter pour refaire les stocks d’essence, d’eau et de nourriture mais le charme de ce petit village de surfeur m’a totalement conquis. J’y resterai alors plusieurs jours pour assouvir ma curiosité.

Un matin, je reprends la route sous un brouillard si dense qu’il m’est impossible de voir la route à plus de 10m devant mon Heidenau K60 qui commence à montrer des signes de fatigue après plus de 10 000kms de loyaux services. Je ferai les frais de ce manque de visibilité sur une piste à l’allure plutôt sèche au premier abord. Mais au détour d’un espace arboré, la piste devient soudainement très boueuse et mon fameux compagnon à crampons se dérobe sous la boue me faisant goûter le sol sur plusieurs mètres.

brouillard

Je me relève couvert de boue, des bottes au casque, le poignet douloureux mais sans gros dégâts pour moi ou Baloo. Par contre, à 8h30/9h du matin, ça réveille son bonhomme ! Je continue cette petite piste pour finalement atterrir 100km plus loin dans un cul de sac. Demi-tour, on refait les 100km, on glisse une nouvelle fois sur la partie boueuse (sans chute cette fois) et on reprend la route.

La moto est de plus en plus fatiguée. Le moteur chauffe trop souvent (ventilateur mort) et les roulements de direction sont épuisés. Il faut dire que cela fait presque 30 000km que je voyage, depuis mon départ, il y a 7 mois. Malgré un moral toujours aussi joyeux, je suis, moi aussi, à bout. J’ai beau essayer par moment de me reposer plusieurs jours quelque part, je reste à bout de force. Le physique est mis à rude épreuve quotidiennement mais c’est surtout la fatigue psychologique qui est devenue compliquée à gérer. Car oui, seul et sans assistance, je dois prendre toutes les décisions. Où aller ? Où dormir ? Où trouver de l’eau ? De l’essence ? De la nourriture ? Quelle route choisir ? Devoir toujours anticiper sur le trafic chaotique des pays traversés. Etablir le camp, refaire mes affaires tous les matins, choisir ma ligne sur les pistes en fonction des changements de couleurs du terrain et des reliefs, le tout avec une moto pesant 250kg est épuisant.

Sieste 2

Je décide donc de rentrer en France depuis Mendoza en Argentine pour quelques semaines afin de repartir sur de bonnes bases physiques, morales et avec de nouvelles pièces pour Baloo qui a bien mérité une remise en forme, surtout que la suite de l’aventure s’annonce encore plus rude avec de la jungle, des hautes altitudes et des régions encore plus reculées. Ça va être génial !

Si vous aussi vous avez envie de découvrir le Chili en moto ou tout autre véhicule, vous pouvez vous renseigner auprès des pro de l’aventure Planet Ride via le site www.Planet-Ride.com

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