La Tierra del Fuego – Ushuaia

Il me faudra 2 jours pour accomplir les 900 km entre El Calafate (glacier du Perito Moreno) et cette terre du bout du monde. Le J-1, je démarre de bonne heure sans savoir où je vais scinder ce trajet que je ne peux accomplir en une seule journée. Il fait froid et j’ai l’impression de perdre 1 degré toutes les 10 minutes de route. Le fameux vent patagonien est également présent mais j’ai appris à le dompter. Je ne me fais plus autant surprendre et balader comme au début. Parfois, je pilote même à une main. C’est un peu ma façon de lui dire de « Fuck Off ! »

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Doubler les camions, par contre, est une toute autre histoire et requiert une concentration de chaque instant (et aussi de bien serrer les fesses au passage). La masse et le volume déplacés par un camion créent des flux d’airs très particuliers et imprévisibles en temps normal mais encore davantage par grands vents. De base, la moto a déjà un angle d’une bonne vingtaine de degrés pour pouvoir faire face aux vents qui me frappent sur le flanc droit. Une fois à niveau du poids lourd, le vent se coupe instantanément. Il faut anticiper et redresser la moto pour ne pas se retrouver sous les roues arrières. Là, on pense que le plus dur est fait. Que nenni… Lorsque j’arrive au niveau de la cabine de pilotage, il y a un tourbillon de vent produit par la vitesse du camion et le vent latéral. La moto part dans tous les sens et il faut que je reste très en alerte pour ne pas finir encore une fois englouti avec Baloo sous les roues. Le cœur bat fort à chaque dépassement et procure une bonne montée d’adrénaline.

Panneau

Je me rassure en voyant les kilomètres me séparant de Ushuaia diminuer sur les panneaux de signalisation. Plus le chiffre est bas, plus l’émotion m’envahit. J’arrive enfin à destination, après 2 journées de route dans des conditions compliquées, avec fierté. Un des premiers réflexes sera de calculer le nombre de kilomètres parcourus. Un savant calcul sur mon portable me donne 22 266. Cela fait donc 22 266 km que Baloo et moi sommes en Amérique du Sud et nous avons enfin atteint le bout du monde !

Un panneau représente cette étape recherchée par les motards aventuriers du monde entier. La « route » et le panneau sont séparés par des pylônes en bois. La moto passe facilement entre ces poteaux et je me faufile donc pour la photo classique mais incontournable marquant mon arrivée. C’est à ce moment qu’un policier débarque et m’informe que je n’ai pas le droit d’être ici et que je dois retourner de l’autre côté des piliers. Je lui fais gentiment comprendre que j’ai conduit plus de 20 000 km pour me rendre devant ce signe et que ce n’est pas lui qui va m’empêcher de parcourir les 5 derniers mètres…

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Sur place, les bus de touristes défilent et beaucoup d’intrigués viennent à ma rencontre pour étancher leur soif de curiosité en me voyant tout équipé avec Baloo. Très vite, je me retrouve entouré par une foule qui me félicite et me prend en photo. Une vraie Rock Star !

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La ville d’Ushuaia n’est pas belle, il faut l’avouer. Certes, le street art est d’une grande beauté mais les infrastructures ne sont pas au niveau d’une ville d’une telle renommée. Cependant, la sensation du bout du monde est bien présente. Notamment lorsque l’on visite l’ancienne prison désormais transformée en musée et que l’on se ballade le long du port. Les environs par contre sont splendides.

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Je passerai plusieurs jours à découvrir (bien évidemment avec Baloo) les alentours. Estancias, pistes qui se terminent dans l’océan froid en direction de l’Antarctique, chevaux sauvages, forêts primaires, glaciers, montagnes… Tout y est ! Je me rends compte, encore une fois, de la chance que j’ai d’être à moto, en échangeant avec les autres voyageurs en sac à dos : ils ne peuvent se rendre là où je vais et sont totalement dépendants des transports en commun.

J’ai déjà voyagé à pied, en van, en voiture mais le deux-roues reste sans hésitation le moyen de transport idéal pour réellement visiter une région dans son ensemble. L’aventure ne fait que commencer !

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Le Glacier du Perito Moreno – La Cerise sur le Gâteau Patagonien

Le cul à terre. Voila ce que l’on peut ressentir quand on arrive face à ce mur de glace que mère nature nous offre. Un spectacle mettant en avant la puissance, la lenteur et l’extravagance. Le glacier du Perito Moreno tient son nom de l’explorateur Francisco Moreno qui explora cette région du globe au XIXème siècle et qui dédira sa vie à la protection de ce monde de glace.

C’est un grand moment pour Take A Way et pour ma vie « d’aventurier ». Quelques infos sur ce lieu remarquable doivent être mises en avant :

  • Long de plus de 25 km
  • Avance de deux mètres par jour
  • Un des trois seuls glaciers au monde à ne pas reculer
  • Il faut 400 ans à la glace du sommet des montagnes jusqu’au fjord où le glacier se jette.

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A sa fin, le mur de glace mesure 70 mètres de hauteur (mais plus de 100 mètres sont cachés sous la surface) et c’est dans un véritable vacarme que des morceaux tombent dans les eaux froides à longueur de journée. Cela me rappelle le bruit d’un bâtiment qui s’effondre. Au loin, on peut également entendre le glacier avancer et créer des crevasses sur son chemin, comme le frottement de deux plaques tectoniques entre elles. Le son résonne à travers toute la vallée et nous rappelle que malgré la force de l’Homme, nous ne sommes absolument rien.

Par cycles d’environ 4 ans, le glacier entre en contact avec la pointe de terre où se trouvent les passerelles d’observation créant ainsi un barrage entre le Lago Argentino au Nord et le Lago Roca au Sud. La fonte des glaces étant plus active d’un côté que de l’autre, le niveau de l’eau des lacs peut différer de plusieurs dizaines de mètres !

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Petit à petit, l’eau arrive tout de même à se frayer un passage en creusant ce barrage de glace et finit par créer une arche. L’événement le plus marquant se déroule quand cette arche cède lors de ce qui est surnommé « La Ruptura », représentant ainsi la fin d’un cycle et le commencement d’un nouveau. Et ce depuis des siècles.

Je resterai plusieurs heures à me balader sur les différentes plates-formes offertes par le parc, à regarder chaque détail sur la glace. Les fissures, les couleurs, les pics acérés, les icebergs dans l’eau, les chutes… Je m’imprègne de l’atmosphère de cet endroit magique et philosophe sur mon périple et ma vie en général. Mon esprit est toujours autant dans le flou. Mon envie d’aller toujours plus loin, de découvrir toujours plus de lieux et de cultures, mais aussi celle de partager tout cela avec quelqu’un et d’apprécier un quotidien auprès de ma famille et de mes amis. Une éternelle discussion sans fin qui se déroule dans ma tête depuis de nombreuses années maintenant, mais dont l’issue reste encore incertaine. Je compte sur ce voyage pour m’en apprendre plus.

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J’aurai également la chance de partir marcher sur ce glacier quelques heures et ainsi découvrir de très près l’envers du décor. Muni de crampons, j’observe la différence des couleurs de la glace dans les crevasses où s’infiltre l’eau. Ces différentes nuances de bleus sont dues à la pression de la glace qui varie selon la profondeur. L’eau ne peut pénétrer à plus de 40 m de fond. En effet, à plus de 40 m, la densité de la glace est trop forte pour que l’eau puisse s’y infiltrer.

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Par endroits, la couche de glace peut dépasser les 700 m d’épaisseur. A la vue du chemin parcouru par la glace du sommet de ces montagnes, je me sens petit, impuissant, voire même inexistant. J’éprouve tout de même une grande sensation de fierté à constater que j’ai débuté mon voyage au cœur de la jungle amazonienne pour, aujourd’hui, me retrouver sur l’un des plus beaux glaciers du monde. Pour fêter cela, je prendrai double dose du whisky servi avec des glaçons directement tirés du glacier qui est proposé à la fin de la marche. Il faut que je fasse tout de même attention, car mes amis les plus proches savent très bien que lorsque je bois trop de whisky, j’ai tendance à finir complètement nu… Mais bon, après tout, je pense bien l’avoir mérité celui-là !

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Comment Suis-je Assuré à L’autre Bout du Monde?

[Je vous invite à contacter l’équipe de Planet Ride pour obtenir réponses à toutes vos questions sur cette assurance. Vous pouvez les contacter directement sur le site www.Planet-Ride.com ]

Il y a un sujet que je n’ai pas encore abordé depuis mon départ.

Celui de mon assurance perso. Loin d’être un gros fanatique des démarches administratives, je vais tout de même tenter de vous expliquer comment je suis couvert au cas où il m’arriverait un problème.

Cette assurance délivrée par Axa n’est pas disponible pour le grand public. Elle a été créée en partenariat avec Planet Ride pour couvrir l’ensemble des voyageurs qui décident de partir à l’aventure avec ces professionnels du voyage.

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Petite piqûre de rappel, Planet Ride est un organisme français qui sélectionne scrupuleusement les meilleures offres de Road Trips partout dans le monde afin de les proposer sur la toile. Sans surcoût pour le consommateur, Planet Ride propose aussi de nombreux avantages pour les futurs aventuriers. Parmi ces avantages, cette fameuse assurance taillée sur mesure.

Touchée par mon projet, l’équipe de « PR » (=Planet Ride) et Axa ont décidé de me couvrir pour la durée de mon périple. Encore un grand merci à eux pour leur confiance et grand cœur.

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Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Pour résumer, une assurance classique n’assure pas les voyageurs en cas de problèmes lors de la conduite d’un véhicule motorisé. C’est malheureux mais c’est la loi du marché actuel. C’est ce manque de couverture que Axa et PR cherchent à combler afin d’apporter sérénité et sécurité à tous les aventuriers. Ils ont bien compris que les croisières cocktails / piscine n’étaient pas notre truc !

Bon lecteur que je suis (hum…hum), j’ai toujours préféré une belle image à de longues paroles. Je vous laisse donc apprécier, via le tableau en fin d’article, les avantages que procure l’assurance dont je dispose en comparaison avec des systèmes plus classiques.

Pour ma part, je dois avouer que c’est un confort inestimable que de me sentir couvert, peu importe ce qui peut bien m’arriver. Que ce soit sur Baloo ou à pied, je sais que je ne risque pas d’avoir de gros problèmes à financer, des frais d’hôpitaux ou de rapatriement. A ce jour (je touche du bois), mais je n’ai pas encore eu à utiliser cette assurance. Et ce, malgré de nombreuses chutes, un départ d’incendie, accident et plus dernièrement une collision avec une vache. Comme quoi, tout peut arriver à n’importe quel moment et il vaut mieux partir avec un bon filet de sécurité.

Pour plus d’informations, le mieux est encore de vous rendre sur le blog voyage de Planet Ride via le lien suivant :

https://www.planet-ride.com/voyage-moto/france/articles/planet-ride-et-axa-assurance-road-trip/

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Une semaine dans la peau de Take A Way Part 2

Deuxième partie d’une semaine au cœur de Take A Way –

Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.

PAR ICI POUR LA PART 1 

– PART 2 – La Patagonie me challenge

Jour 4 – 18/02/19 : Le feu aux fesses – ? km

Le lendemain de ma soirée pêche, j’ai pour objectif de visiter la «Cueva de Los Manos ». Un lieu historique classé au patrimoine de l’UNESCO où sont représentées de nombreuses peintures de mains dont certaines datent de plus de 9 700 ans. Ce lieu mystique est perdu le long du flan d’un canyon se jetant dans une vallée verdoyante. C’est un espace très curieux étant donné la nature du paysage des environs. Sur des centaines de kilomètres à la ronde, la sécheresse et l’aridité dominent faune et flore. Mais la petite rivière qui silionne au fond de ce canyon apporte de la vie dans cette région quasi post apocalyptique qui me fera souvent penser aux décors de Mad Max. De nombreuses espèces d’arbres et d’oiseaux ont élu domicile dans ce jardin d’Eden tout aussi passionnant que le spectacle affiché sur les falaises.

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Des centaines de mains sont peintes sur les murs. Ces artistes d’un autre temps utilisaient un mélange de terre des environs et d’eau pour souffler autour de leurs mains et ainsi en dessiner le contour. D’après les tests effectués au carbone 14, quatre périodes notables peuvent être distinguées vieilles de 9 700 ans, pour les plus anciennes, à environ 2 500 ans, pour les plus récentes. Cependant, la raison pour laquelle il existe un si gros écart entre les différentes périodes reste à ce jour encore inconnue. Un nouveau mystère de l’histoire qui me plaît. Comme un tour de magie dont on apprend les secrets qui perdrait alors tout son charme, j’apprécie quand un aspect reste encore caché de tous.

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Sur le chemin pour rejoindre ce site, mon voyage (et sûrement une partie de mon intégrité physique) a bien failli prendre un tournant tragique. Il y a une trentaine de kilomètres séparant la ruta 40 de la vallée. 30 km d’une piste en mauvais état mais à la vue incroyable (encore une…). Le paysage sec et aride est parsemé de petits buissons appréciés par les nombreux Guanacos que je croise. Les couleurs sont dominées par le brun et le marron de la terre et des roches. Mais là n’est pas où je veux en venir. Les vibrations de cette route ont permis à mon bidon d’essence auxiliaire de 5L de bouger de son emplacement d’origine et de se coller sur mon pot d’échappement. Alerté par une odeur de brûlé, je m’arrêterai précipitamment sur le bord de la piste pour découvrir un spectacle que j’espère ne plus retrouver.

La chaleur dégagée par l’échappement a fait fondre le plastique du bidon faisant alors un petit trou permettant à un filet d’essence de s’échapper. Ma plaque d’immatriculation est complètement carbonisée sur la partie supérieure droite. J’ai aspergé l’ensemble avec la poussière de ripio environnant pour stopper les dégâts, mais il est désormais impossible de voir mon beau numéro « 90 » pour représenter ma région. Un nouveau signe que je perds encore un peu plus de mon identité. Comme si la Patagonie cherchait à me happer dans son monde petit à petit. Ce n’est pas pour me déplaire pour autant. J’ai tout de même beaucoup de chance dans cette péripétie car à la vue du bidon, je pense qu’à quelques secondes près, le bidon et son contenu auraient totalement pris feu mettant en flamme Baloo, mes affaires et sûrement moi au passage. J’ai eu littéralement, le feu aux fesses !

Encore une fois, je vais en sourire et même en rire. Rire de ma bêtise, rire de ma chance insolente et surtout rire du fait que je trouve drôle cette situation qui aurait pu devenir tragique. Putain ce que je peux me trouver con parfois, mais entre nous ; j’adore ça…

Après plusieurs kilomètres d’une piste toute aussi belle que la précédente, je récupère la RN40 sans destination mais en gardant mon cap Sud. Le soleil embrase l’horizon et je n’ai toujours pas trouvé un endroit pour poser ma tente. Le vent souffle très fort dans ces grandes plaines où 350 km peuvent séparer deux villes l’une de l’autre.

Je m’abriterai le long d’une petite colline (ou très gros rocher) qui me couvre un peu de ce vent dévastateur. Avant de mettre en place le campement, je pourrai observer plusieurs cadavres et os de Guanacos éparpillés un peu partout. Cela ne fait aucun doute, je suis sur le territoire d’un puma. Pas le choix, nous allons devoir cohabiter ce soir. Il y a très peu de risque d’attaque, je le sais, mais je dormirai tout de même avec le couteau à portée de main…

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Jour 5 – 19/02/19 : Le vent Patagonien dans toute sa splendeur – ? km

Au petit matin, le vent souffle si fort qu’il plie ma tente déjà bien abîmée depuis le Brésil. Je range donc toutes mes affaires devant ce spectacle d’immensité extrême où la nature fait loi. Pas le temps de déjeuner, je veux prendre la route au plus vite car une grosse journée m’attend et vu la force du vent dès le petit matin, je sais d’ores et déjà que je vais en chier.

Et effectivement, tout au long de la journée le vent se fera de plus en plus redoutable. Si puissant qu’il m’est parfois tout simplement impossible de m’arrêter car sans élan le souffle plaque la moto au sol et je n’ai pas la force de la retenir. Sur une portion de piste de 80 km, je ferai les frais de ce « mighty wind of Patagonia ». Je ne dispose pour rouler que d’une bande d’environ 40 cm de large tracée par le passage des voitures précédentes. Le reste est constitué de plusieurs centimètres d’épaisseur de ripio impraticable.

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Seulement, même à 25km/h, il m’est très difficile de rester sur cette bande de piste avec le vent frappant le côté droit de Baloo. C’est physiquement très éprouvant. Les bras sont crispés sur le guidon, les abdos contractés pour garder la moto droite et les cervicales mises à rude épreuve par les rafales qui viennent se heurter sur mon casque. C’est comme un coup de poing qui essaierait de me dénuquer à la Stallone à chaque impact. En Patagonie, je pense que le vent ne devrait pas être exprimé en vitesse mais en angle. L’angle que la moto doit prendre pour rester droite.

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Comme si cela n’était pas suffisant, une petite pluie fine s’invite sur le champ de bataille. Ma visière et mon masque sont trop sales pour vraiment y voir au travers et j’avance donc sans protection face à ces gouttes d’eau qui ressemblent à de véritables cure dents acérés cherchant à me crever les yeux. Sur la moto, encouragé par un gros set de Drum & Bass dans les oreilles, je crierai de toutes mes forces à plusieurs reprises pour me donner du courage et motiver Baloo : « PUTAIN ON EN CHIE BALOO MAIS ON VA LE ****** CE VENT DE ***** ! ». La guerre est déclarée et on n’est pas du genre à baisser les bras !

Mais au bout d’un moment, le corps ne suit plus. Je suis fatigué, épuisé par ces derniers jours de combat avec mère nature. Une énième bourrasque me fera dévier une nouvelle fois de ma trajectoire mais ce coup-ci je n’ai ni les réflexes, ni le physique me permettant de récupérer la moto qui partira dans tous les sens me faisant goûter ce ripio épais.

Par chance, une chute sans gros dégâts pour Baloo (et pour moi également d’ailleurs mais ce n’est pas le plus important). Je dois cependant me dépêcher de relever la moto car de l’essence s’échappe de mon bouchon de réservoir modifié. Les 240 kg chargés de Baloo semblent doublés par le vent qui plaque la moto au sol de toute sa puissance. Ce sera sans doute l’effort physique le plus dur et intense de ma vie. Mais pas le choix, je suis seul et plus de 100 km me séparent de la prochaine ville.

Jour 6 – 19/02/19 : El Chalten, domaine du Fitz Roy – 0 km

La veille fut si compliquée physiquement que j’ai besoin d’une journée de repos. Je pense que Baloo est également partant pour une journée sur sa béquille. Par chance, la météo est excellente. Depuis ce petit village d’El Chalten, je peux observer le sommet du Fitz Roy qui domine la vallée. Il est majestueux, tout puissant, comme un gardien qui surveillerait de son œil malicieux les activités des randonneurs et des locaux.

Après avoir fait la connaissance de mes colocataires éphémères de l’auberge, j’irai réserver ma place dans un bus pour l’ascension de cette attraction immanquable de la Patagonie. Un café / gaufre, une coupe de cheveux et un tour au supermarché plus tard, je me retrouverai à traîner, une bière à la main, à observer les nuages entrer en collision avec le sommet plusieurs heures durant jusqu’à ce que le sommeil me rattrape.

Une journée aussi utile qu’inutile comme on dit. Elles font du bien de temps en temps. Je pense même qu’elles sont nécessaires pour pouvoir vraiment apprécier les journées plus intenses.

Jour 7 – 20/02/19 : El Chalten, La désillusion du Fitz Roy – 0 km

Le rendez-vous avec le chauffeur de bus est pris pour 9h00 du matin devant l’agence pour rejoindre le point de départ de ma marche du jour. Après 35 min de bus le long d’une superbe rivière, nous arrivons à bon port. Cet endroit est très touristique, il y a donc de nombreux marcheurs au départ. Cela me pose problème car je n’aime pas être dans un endroit aussi beau et naturel entouré de marcheurs qui parlent et font du bruit. Je passe donc la seconde et double l’intégralité des groupes partis avant moi.

Je me retrouverai au point de vue prisé de tous en 2 heures au lieu de 4h annoncées pour ces 10 km. Beaucoup sont déjà arrivés car partis de points de départ plus proches que le mien. La vue pourrait (et devrait être) spectaculaire mais la météo se joue de moi et il m’est impossible de voir le sommet du Fitz Roy au-dessus de ce petit lac.

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C’est pas grave, je relativise et me dis que l’on ne peut pas être victorieux à chaque bataille. Cela permet d’apprécier encore davantage les différentes victoires que je peux rencontrer sur la route. Et entre nous, depuis mon premier jour sur la route, j’ai eu plus de victoires que de défaites ! L’ensemble de cette marche est très diversifié et il est tout de même possible de voir de nombreux glaciers dès que l’on tourne la tête.

Malheureusement, avec ma blessure lors d’une randonnée précédente et ma chute de l’autre jour, je finirai les 10 derniers kilomètres de cette marche de 20 km au total, en boitant et mettrai deux fois plus de temps qu’à l’aller (alors que je redescends). Je serre les dents, m’accroche et profite de ce paysage que je ne reverrai sûrement pas de si tôt.

La vie continue et quelle est belle ! Les semaines qui suivent seront toutes aussi exceptionnelles. J’ai pris plaisir à vous faire partager en détails ce qui peut se passer quotidiennement pendant mon aventure. Pour conclure je n’aurai qu’une seule chose à dire : FONCEZ !

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Une semaine dans la peau de Take A Way Part 1

Pour changer un peu, je voudrais vous emmener avec moi une semaine durant. Vous faire partager mon quotidien en détails sur la route. Mes rencontres, mes visites, mes sensations, mon itinéraire et mes galères. Car oui, un bon récit se doit de contenir quelques merdes. Disons que c’est moins fun sans. Et croyez-moi, j’ai parfois l’impression de faire tout mon possible pour vous apporter mon lot d’emmerdes. Voici donc ce qui s’est passé durant ces 7 jours.

 – PART 1 – Quand tout va bien

Jour 1 – 15/02/19 : Départ de El Bolson en direction de Esquel – 160 km

Après avoir fait mes adieux à toute l’équipe de cette auberge paradisiaque, je prends la route pour Esquel. N’étant qu’à seulement 3 h et quelques de route, je décide de quitter la RN40 dès que possible pour la RP71. Cette piste de ripio bien roulante me permet d’entrer dans le Parc National Los Alerces par le Nord. Après avoir payé les 350 pesos  (= 8€) aux deux superbes femmes qui gardent l’entrée du parc, j’entre dans ce territoire dominé par de nombreux lacs et forêts primaires. De nouveau, le ripio est d’une qualité exceptionnelle et je me retrouve à évoluer le long de cette piste à fleur de colline qui épouse la berge des lacs.

Parc Alerces

Je pensais être seulement de passage pour la journée dans ce parc, mais face à tant de beauté et de pureté patagonienne, je ne suis qu’un vulgaire pantin. Il me sera impossible de résister à y passer la nuit. Je camperai donc sur la « Playa del Frances ». Comme une énième cerise sur le gâteau, la Patagonie m’offre une nouvelle fois un signe de son immense générosité avec une plage dont le nom semble me crier « Mi casa es su casa ! ».

Le campement installé, je sors la canne à pêche et espère prendre mes premiers poissons. « De toute façon, ce soir je mange du poisson ou rien ! ». Voilà ce que je me suis dit en faisant mon premier lancé dans ce lac d’une beauté quasi incompréhensible. Durant 3 heures, je resterai patient à garder un œil conquérant à la recherche d’un dîner potentiel. La nuit tombe et comme la réponse d’un politicien, je n’obtiens absolument rien ! Mais alors rien du tout !

La vue y est cependant spectaculaire. La plage de galets immerge de la forêt pour se jeter dans ce lac entouré de montagnes dont certaines ont encore leur manteau d’hiver. D’un bleu pur et translucide, l’eau laisse apparaître une biodiversité très variée quand on s’en approche. Les poissons (car oui en plus ils sont là ces ******) slaloment entre les différentes espèces d’algues qui, quant à elles, effectuent une chorégraphie lente et ondulée bercée par les quelques mouvements du lac.

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Bredouille et déçu par mon inaptitude à remonter un poisson de l’eau, je casserai ma promesse de ne rien manger en avalant ma dose de riz habituel. Je ferai la rencontre de Luis et Beatriz qui me dépanneront d’un tire-bouchon me permettant de noyer ce qu’il me reste de dignité dans mon Malbec au bord du feu.

Jour 2 : 16/02/19 : Esquel entre motards – 35 km

Le lendemain, après un petit déjeuner gueule de bois au bord du lac et une nouvelle sieste, je continuerai à explorer le parc et ses pistes avant de rejoindre la ville d’Esquel. Quelques jours auparavant, je m’étais arrêté sur le bord de la route pour échanger avec deux motards argentins voyageurs. Ils m’avaient parlé d’un rassemblement de motards au camping « La Colina ». J’arrive sur place à 17h et m’attends à voir 10 motos maximum dans un coin du jardin. Que néni ! A la place, je tombe face à une véritable concentration de deux roues en tout genre qui monopolise l’ensemble du camping.

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Vite repéré par mes deux compères, je gare Baloo et descends de ma monture. Je n’ai même pas enlevé mon casque que je me retrouve déjà avec une bière et un verre de vin dans les mains. L’un des deux partira même demander de mettre sur les braises de l’asado central de quoi me restaurer. De toute évidence, à table, tout le monde fait déjà la fête depuis plusieurs heures. « Tu arrives à temps ! A 18 h nous partons tous boire un verre en ville ». L’heure approchant rapidement, les participants, encore en état de conduire un œil ouvert, partent s’habiller pour se rendre en ville et régler ce problème d’excès de vision inacceptable…

Caravane

Nous sommes près de 150 motos à être escortées par les services de la ville en direction du pub. Il y a de tout. De la petite 125 aux grosses 1300. Et de toutes marques. Notamment une superbe Bullet 500 qui me rappellera cette aventure en Royal Enfield au cœur du Rajasthan que j’ai vécue il y a peu. Je suis aux anges. Quelle expérience géniale pour moi qui ne suis que de passage mais accueilli comme un membre de la famille. Un nouvel exemple de la bonté de la communauté des motards qui n’a ni barrières, ni frontières, ni religions.

Sur place, c’est à base de pintes de 1 L que mes nouveaux amis barbus tatoués s’exultent devant la scène où un virtuose de l’harmonica fera trembler la foule sur un fond de Rock Argentin. Je resterai plus sage avec mes quelques verres de 500 cl…

Emporté par la folie du moment, un des organisateurs amènera son chopper devant la scène, avant d’entamer une danse sensuelle autour de sa moto. J’utilise le terme de « sensuelle » pour garder un brin de décence dans ce texte car on était tout de même très proche de l’objectophilie.

De retour au QG, nous démarrons un feu avant le festin. Au menu, cœur et foie d’agneau accompagnés d’aubergines Made in Argentina. Elles sont coupées en deux dans la longueur puis incisées afin d’y introduire du sel et une huile d’olive à l’ail et au piment doux. Le tout saupoudré d’un savoureux mélange d’herbes. POUAAA le délice !

Jour 3 : 17/02/19 : Passage des 20 000 km – ??? km

Le réveil sera difficile mais animé d’une bonne humeur après la journée de la veille. A nouveau, il est temps de faire mes adieux à toutes ces nouvelles rencontres et continuer ma route. Surtout qu’aujourd’hui est une journée très particulière…

En effet, je vais dépasser officiellement mon 20 000ème kilomètre depuis mon départ. En moins de 100 km de route, l’environnement change de façon drastique. Le matin, dans un coin où la biodiversité explose de richesses, la faune et la flore sont accueillantes et merveilleuses. Puis soudainement, le paysage change pour laisser place à un territoire aride, avec seulement quelques buissons vaillants bravant le vent qui souffle de plus en plus en fort dans ces plaines. C’est aussi ça la Patagonie.

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Je m’arrêterai au bord de la route sur la borne kilométrique 1511 de la Ruta 40, installé au cœur de ce Nomansland sec mais pas sans vie marquant ainsi le passage au + de 20 000 km. Je l’aime ma borne 1511, j’y laisserai même un sticker et une petite pièce à son pied.

Après quelques photos souvenirs, je poursuivrai ma route cap Sud sans destination précise (qu’est ce que j’aime cette sensation de ne pas savoir où aller !). Vers 17h30, j’aperçois une berge sympathique lors d’un passage sur un pont. Elle semble à l’abri du vent qui continue de s’intensifier un peu plus chaque jour. La tente montée et le bois pour le feu récolté, je décide de prendre ma revanche sur la pêche. Bingo ! 5 poissons en 1h30. Bon, ils font la taille d’un orteil mais je me considère comme grand vainqueur de ce second round. 1 partout, balle au centre. Bien évidemment, je les relâcherai à l’eau indemnes.

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De toute façon, ce soir je déguste en plus du riz, un mélange de poulet aux carottes précuits qui marine dans un bocal en verre rempli d’huile parfumée. Un autre cadeau de mes amis bikers lors de mon arrivée au rassemblement.

Au bord du feu, inspiré peut-être par une session de guitare au coucher du soleil, mais aussi par ces dernières 72h mémorables, je me laisse porter par l’écriture et remplis plusieurs pages de mon carnet de voyage. Je n’avais jamais réellement écrit de ma vie. Je n’ai jamais vraiment aimé ça d’ailleurs. Ma plume est faible, simple mais transpire la sincérité qui m’habite. Certains de ces écrits vous sont partagés, d’autres resteront privés…. TO BE CONTINUED IN PART 2.

 

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La Route des 7 Lacs, Bariloche et El Bolson : Entre Aventures et Ambiance Hippie

Un des grands moments de ma descente dans le Sud le long de la Ruta 40 sera le passage entre San Martin de Los Andes et Villa Angostura, plus communément appelé la « Route des 7 Lacs ». Cette région dispose de bien plus de lacs que son nom ne l’indique mais la route principale ne permet pas de tous les observer.

Avant de débuter cette route de renommée, je m’arrête à Junin de Los Andes. Notamment pour acheter un nouveau support pour mon téléphone (le premier ayant littéralement pris son envol pour Mars alors que j’étais entrain de rouler) ainsi qu’une nouvelle sortie 12V USB pour recharger mes caméras. J’en profite pour passer du temps avec le propriétaire du magasin de moto local avec qui je viens de travailler sur la moto. Très vite, cet échange mécanique se transforme en apéro surprise autour d’une bouteille de Fernet. Un alcool qui ressemble beaucoup au Jägermeister. Sans surprise, nous laissons Baloo de côté pour nous concentrer sur notre nouveau passe-temps. La nuit tombée, ce gentil jeune homme rentrera chez lui me laissant seul avec mon cerveau tordu remettre Baloo en état. Sympa les Argentins…

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Le lendemain, j’emmène ce qui me reste de cervelle pour explorer la Route des 7 lacs. Elle ne fait que 110 km de long (environ 2 heures sans les pauses pour observer le paysage). C’est un de mes « highlights » donc hors de question de ne passer qu’une demi-journée ici ! J’ai tout le temps du monde et je compte bien en profiter. L’axe principal est très touristique. Vu son incroyable beauté, je n’en attendais pas moins. Mais arrivé à un certain point, trop de tourisme tue le tourisme. Un cousin motard rencontré sur un point de vue splendide me confirme qu’il existe des pistes superbes perpendiculaires à notre position. Bonne nouvelle, voici mon échappatoire. Allez hop, je fais quelques courses (juste les immanquables : vin et gros bout de viande) et me voilà sorti du flux de bus et autres voitures de tourisme en direction des trésors cachés de cette route. Je suis la piste 65 puis la 63 pour effectuer une boucle dans le parc. Je le conseille à quiconque se baladerait dans les environs !

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Comme on ne change pas une équipe qui gagne, le programme du soir sera : camping sauvage / rivière / feu de bois. Avec en bonus, une bonne bouteille de Malbec de Mendoza et un bon 350 gr de barbac qui cuira doucement au-dessus des flammes pendant une heure. Servi avec son riz aux légumes sauce béchamel, je vous raconte pas le délice ! La nuit tombée, je pense à ma vie, mon aventure, mes choix. Depuis 2012, je suis sur les routes des quatre coins du globe avec seulement quelques petits retours en France. Il est parfois dur d’expliquer aux gens que je rencontre que ceci est ma vie et non une « pause » dans mon quotidien en France. Non, je ne dispose pas d’une maison ou d’un appartement qui m’attend en métropole. Non je n’ai pas la sécurité de retrouver un travail à mon éventuel retour. Mais bordel qu’est ce que je suis libre ! Je suis très fier de ce que j’ai accompli ces 7 dernières années et j’ai encore plein d’idées cachées dans un coin de ma caboche.

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Une fois rassiabourré (rassasié / bourré), mes doigts deviennent incontrôlables sur ma petite guitare achetée au Brésil. L’avantage du camping sauvage est qu’il n’y a pas de voisins. Tant mieux pour moi mais surtout pour eux !

Le reste de ma visite dans ce parc sera tout aussi festif et féérique. Les lacs sont tous d’une beauté à faire craquer Geneviève de Fontenay, et la météo est une nouvelle fois de mon côté. Cette journée se terminera dans une ville bien connue des voyageurs et touristes de Patagonie : San Carlos de Bariloche.

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Comme une maquette de la Suisse, on y retrouve chocolat et chalets en bois. Quelques jours de repos dans cette ville au passé sombre mais à l’avenir brillant. Après la deuxième guerre mondiale, ce fût un refuge pour de nombreux nazis. Peu de vestiges de cette époque pour cette ville idéalement placée au pied d’un lac parsemé de nombreuses îles au milieu de montagnes forestières à ne pas manquer.

A seulement 2 heures de route, se trouve la petite ville de El Bolson : reconnue pour son ambiance hippie, son marché spécialisé dans les artefacts faits main, ses glaces artisanales et bien évidemment ses bières locales. J’atterrirai dans ce que je peux considérer comme la plus belle auberge de jeunesse dans laquelle j’ai séjourné. La Casona de Odile est un lieu de relaxation ultime : cours de Yoga deux fois par jour, massages, jardin donnant sur une rivière et ses hamacs idéalement situés entre boulots et eucalyptus. Par principe, je les essaierai tous. Je resterai deux semaines complètes dans ce havre de paix à explorer à pied les environs et fournir mon aide en tant que volontaire pour m’occuper du jardin en échange du logement et nourriture.

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La porte d’entrée donne sur un salon tout en bois avec de nombreuses tables et un coin « lounge » propice à la lecture et au repos. Les poutres apparentes garnies de branches de lavande se marient parfaitement avec les bibliothèques remplies de récits d’aventures et d’encyclopédies aussi vieilles que l’étagère qui les maintient hors du sol. Le bar / restaurant est tout aussi charmant : tout en bois et en pierre, il y règne une atmosphère toute particulière. J’aurai d’ailleurs un coup de cœur pour ce vieux pot à thé qui, grâce à un système ingénieux de poulie, permet à la porte d’entrée de se refermer en douceur sans claquer.

Sur place, je ferai la rencontre marquante de deux Françaises (Chloé et Déborah) sourdes qui voyagent en auto-stop sur tout le continent. Elles disposent d’une capacité à lire sur les lèvres à faire rougir les plus grands agents secrets du FBI. Cela fait 4 ans que je me donne comme bonne résolution d’apprendre la langue des signes (et non « langage » comme me le souligne régulièrement Déborah). Enfin l’opportunité est à mes pieds et je vais saisir ma chance d’en apprendre plus sur le monde des sourds. Comme une éponge, j’absorbe chacune de leurs informations et mes progrès en signes sont notables de jour en jour. Je suis admiratif devant ces deux jeunes femmes courageuses d’entreprendre un tel voyage et suis même jaloux de leur force d’esprit.

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Ensemble nous partirons deux jours en tente à la découverte du Rio Azul et de ses environs. Une randonnée compliquée, très physique mais pleine de charme. Notamment avec la traversée d’une cavité créée dans la neige par un ruisseau alimenté par la fonte des neiges. Niveau sécurité, on repassera mais le fun est au rendez-vous ! Vivement la prochaine aventure !

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Pourquoi est-ce que je Voyage Seul?

C’est un débat dont l’issue est propre à chacun. Certaines personnes ne conçoivent pas l’idée de partir sans être accompagné, d’autres préfèrent se retrouver seul lors de leurs voyages. Je fais partie de la seconde catégorie. Non pas que je sois un marginal asocial antisystème anarchique qui refuse tout contact avec autrui. Au contraire, j’aime rencontrer de nouvelles personnes et avoir des liens sociaux comme tout le monde. Mais j’aime également me retrouver face à mes propres choix et décisions. J’aime affronter seul les obstacles que je peux trouver sur ma route. Mais surtout, j’aime la sensation de liberté que l’on ressent lorsqu’aucun compromis ne doit être fait.

L’idée ici n’est pas de dire ce qui est bon ou pas, ou d’affirmer qu’une façon de voyager est meilleure que l’autre. Chacune dispose de ses avantages et inconvénients et il en revient à chacun de faire son propre choix. La solitude est quelque chose qu’il peut être parfois difficile à gérer pour beaucoup d’entre nous et la peur de l’ennui apparaît comme un frein à se lancer dans une nouvelle aventure. J’ai déjà voyagé en famille, entre amis et en couple et chacun de ces périples fût extraordinaire. Je n’ai aucun regret.

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Etre en groupe apporte une sécurité non négligeable. On peut se reposer par moments sur les autres membres et les laisser prendre les décisions. Nous avons toujours quelqu’un disponible pour nous donner un coup de main en cas de pépins et il est très agréable d’avoir une tête familière lorsque l’environnement qui nous entoure est aux antipodes du quotidien que nous avons à la maison. Inconsciemment, je pense que cela nous rassure aussi. Le soir, autour d’une bonne mousse, les moments de franche camaraderie à se ressasser les péripéties de la journée sont toujours des instants géniaux.

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Pour ma part, je ne m’ennuie que très rarement lorsque je voyage seul et la solitude ne me fait pas peur. J’ai appris au cours de mes précédentes expériences que je peux gérer cet aspect du voyage (malgré des hauts et des bas bien évidemment). Etre seul, cela force à la réflexion, sur ce que l’on est et ce que l’on veut. Je trouve que de ne pas avoir à faire de compromis est un luxe inestimable. Je m’arrête, dors, mange, bois où et quand je veux et aussi  longtemps que je le désire. Egalement, réussir à passer au-delà d’un obstacle ou d’une difficulté sans l’aide de personne est un atout merveilleux pour évoluer et développer sa confiance en soi.

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De nos jours (et surtout depuis l’arrivée des réseaux sociaux), nous avons un besoin constant d’être apprécié, de réussir, d’avoir une bonne image et d’être entouré (virtuellement ou non). J’aime à combattre ce monde dans lequel j’ai grandi. Il y aura toujours quelqu’un pour critiquer ou donner un avis contraire à ce que l’on fait. Je le ressens bien avec la communication que j’opère sur mon voyage. Alors à quoi bon se soucier de ce que pensent les autres ? La vie est trop courte pour jouer un rôle ou être aimé pour ce que l’on n’est pas.

Pour être plus concret, je vais donner un exemple de deux situations similaires vécues en groupe ou seul. Imaginez-vous un soir de camping au bord d’un feu après une belle journée de randonnée ou sur deux roues. Vous partagez un beau moment avec vos amis à échanger sur la beauté du lieu, du coucher du soleil, du ciel étoilé. Quelle belle expérience n’est-ce pas ? Maintenant, je vais vous décrire ce que moi je vis dans ce moment. Sans bruit, j’entends les chants de tous les oiseaux des environs qui se répondent. Au bout d’un moment, j’arrive à différencier le chant de chaque espèce. J’observe les arbres avec curiosité et me demande pourquoi cette branche pousse ici et non autre part. J’observe le soleil se rapprocher de l’horizon, seconde après seconde, tout en étant témoin du changement des nuances de couleurs des nuages autour de moi. Une fois la nuit tombée, je garde les yeux fixés sur le noir du ciel qui, en devenant de plus en plus sombre, permet, à la lumière de nouvelles étoiles, d’atteindre une par une mes yeux après des milliers d’années de voyage.

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C’est la différence entre voir et regarder, entre entendre et écouter, entre manger et savourer. Et surtout entre exister et VIVRE. En tout cas, c’est la façon dont je vois les choses.

J’aurais aussi tendance à affirmer que seul, on développe plus nos aptitudes à créer des liens avec des inconnus. En effet, la nature humaine (chez la majorité d’entre nous) nous pousse à rechercher cet effet de « meute ». Nous avons un besoin de communiquer. Seul, nous sommes plus ouvert à aller chercher le contact avec des locaux, ce qui parfois peut mener à des discussions et événements des plus intéressants. Inversement, nous sommes plus abordable étant assis seul à une table plutôt qu’à discuter avec ses amis ou sa compagne. Il est beaucoup plus facile d’entamer une conversation avec quelqu’un qui est seul plutôt qu’avec un groupe.

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Je pense m’être instauré un système me permettant d’allier le meilleur des deux mondes. J’ai pour habitude de partir une bonne semaine avec Baloo, seul, face à moi-même. Puis lorsqu’il est temps de visiter une ville ou de me reposer, je profite de cet instant pour me rendre dans une auberge de jeunesse où la vie foisonne de nouvelles rencontres : des locaux et d’autres voyageurs toujours prêts à partager des expériences et faire un peu la fête. Une fois mes besoins sociaux comblés, je reprends la route, prêt à affronter à nouveau ce que l’aventure pure me réserve. Et cette vie, je ne l’échangerais pour rien au monde !

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La Ruta 40 : Synonyme d’Extase et de Liberté

C’est après plus de 10 jours dans la région de Mendoza que je repars enfin vers de nouveaux horizons. Mon GPS Garmin Montana est mort pour le moment, mais ce n’est pas grave car ma direction est simple, je vais vers le SUD. Près de 3 500 km me séparent de mon objectif argentin : Ushuaia. Mais l’heure n’est pas à rêver de ce bout du monde. D’ici-là, il y a de nombreuses expériences que j’attends avec impatience.

Il a fallu plus de 10 jours d’une bataille administrative sans fin pour récupérer deux colis envoyés de France contenant des pièces de rechange pour Baloo. 10 jours perché à 2 000 m d’altitude pour remettre Baloo en parfait état, car au Sud de Mendoza, les garages se font rares et les pièces de rechange timides. Mais le jour du nouveau grand départ est arrivé. Il fait beau, pas un seul nuage dans le ciel et malgré un bon mal de crâne, je suis en pleine forme. A 10 h, le café et le petit déjeuner sont engloutis et les affaires sont chargées sur la moto. Baloo semble tout aussi impatient que moi de reprendre enfin la route. 10 jours sur place pour des nomades comme nous deux, cela fait trop. On a la bougeotte, que veux-tu !!

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La journée débutera par 100 km de pistes aussi incroyables que compliquées. Le sol est très sableux et profond de 4 à 5 cm par endroit. Il faut rester prudent et ne pas se laisser emporter par l’envie de faire parler les quelques chevaux de ma KLR sous peine de grosses frayeurs. J’en ferai d’ailleurs les frais après une portion où le revêtement de la piste était de bien meilleure qualité me permettant alors d’augmenter ma vitesse de croisière. Cependant, sans signe de changement, la piste redevient tout à coup couverte de cette poussière épaisse. L’avant partira à gauche tandis que l’arrière lui dira merde en partant tout à droite. Perdu au milieu de ce conflit, mon corps tordu tentera de réconcilier les deux parties de ma moto. Par chance avec succès. Cela remet les choses en place sous le casque. Mais j’en ai quand même bien rigolé, je dois l’avouer.

La vue est superbe. J’évolue à l’Est des Andes et passe à côté d’un volcan qui semble avoir été dessiné au milieu de cette plaine pour donner un point de repère aux voyageurs pour leur montrer qu’ils avancent belle et bien. Car hormis ce petit relief, il n’y a absolument rien à l’horizon à part cette piste qui disparaît là où le regard ne peut plus aller.

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Le soir venu, je m’arrête sur la R222 (près de « Pozo de los Animos ») le long d’une rivière avec vue sur les montagnes. J’installe le camp et démarre le feu sous les yeux d’une jument et de son petit. Au départ, ils hésitent à s’approcher de moi, mais je leur montre que je ne suis d’aucune menace pour eux et ils traversent donc la rivière à quelques mètres de moi. Le feu dégage une odeur que je ne connais pas. Le bois que j’utilise doit sûrement être différent de celui que j’ai pu rencontrer auparavant.  Quelle scène magnifique ! Me retrouver ici, à profiter de la chaleur du feu et à observer ces deux chevaux sauvages avec comme seul fond sonore le bruit de l’eau sur les galets et les oiseaux qui chantent en plein coucher de soleil. Je me sens privilégié et ému de l’expérience que je suis en train de vivre.

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Les jours qui suivent seront tout aussi magiques. J’ai passé toute une semaine à explorer les régions traversées par la fameuse Route 40. Par moments, je sors de cet axe principal et pars à l’aventure sur de nombreuses pistes annexes qui me mèneront à de nouveaux endroits loin des circuits touristiques. Je campe tous les soirs, cuisine au feu de bois, me lave dans les rivières et m’approvisionne en eau potable. L’eau est fraîche, pleine de minéraux et savoir qu’elle coule directement des montagnes environnantes lui donne une saveur spéciale. Le soir,  j’observe les étoiles et reste rêveur sur les derniers mois passés et sur les nombreux autres qui m’attendent.

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Je n’avais jamais ressenti une sensation de liberté aussi forte. Pour mon entrée en Patagonie, j’ai décidé de ne faire qu’un avec la nature. Pas de GPS, pas de téléphone. Juste une carte papier et l’orientation du soleil pour m’aider à prendre une décision lors d’un croisement. Les paysages sont de toute beauté et d’une diversité qui me surprend énormément. En quelques kilomètres, je passe de grande plaine aride à des montagnes vêtues de forêts luxuriantes. Lacs et rivières sont également de l’équation pour mon plus grand plaisir. Je fais partie intégrante du milieu dans lequel j’évolue. Comme un membre de la faune et flore locales et non comme un être humain de passage. Que la vie est belle…

« Le voyage est le meilleur moyen de se perdre et de se retrouver en même temps »

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Voyager à Moto : Une Relation au-delà des Mots

Depuis le début de mes articles, j’ai décrit des lieux, des ressentis, des rencontres. Mais il y a une personne à qui je n’ai pas encore rendu hommage. Et pourtant, cette personne m’accompagne à chaque instant depuis le tout premier jour et sa place dans ma vie et dans mon cœur n’a cessé de grandir. Une personne si importante que, sans elle, mon aventure n’existerait pas, mes journées seraient moins intenses et sans qui, je dois l’avouer, ma vie serait moins belle.

Je veux parler de mon ami, de mon amour, de mon enfant, de mon cousin et surtout de mon complice « BALOO ». Car oui, Baloo est tout ça à la fois pour moi. Pour la majeure partie des 7 milliards d’habitants de notre planète, ce n’est qu’une vulgaire machine. Un simple moyen de transport. Pfff… Quelle bande d’ignorants ! Baloo a une âme et un cœur bien plus vivant que la plupart d’entre eux. Il me parle, je le comprends et lui réponds. Il s’exprime à sa façon et je suis le seul privilégié à pouvoir déchiffrer le message qu’il veut faire passer. Je perçois chacun de ses changements d’humeur qui peut s’exprimer par une pression des pneus plus faible, un ralenti plus haut ou plus bas, un retour d’échappement à la décélération ou bien encore une accélération plus incisive qu’à l’habitude.

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Voilà 20 000 km que nous explorons ensemble ce territoire qui nous est à tous deux inconnu. Ensemble, nous avons vaincu vents et tempêtes et découvert des endroits tous plus extraordinaires les uns que les autres. Nous sommes un duo de choc et lorsque nous roulons, rien ne peut nous stopper.

C’est grâce à Baloo que je peux expérimenter cette sensation de liberté qui m’est si précieuse et je sais qu’il prend tout autant son pied que moi. Parfois, j’ai l’impression que nous étions faits pour nous rencontrer et chaque jour notre relation s’intensifie. Je ne suis pas tout le temps facile à vivre mais, après tout, lui non plus. Comme cette fois au Brésil où au milieu de cette petite ville (probablement la plus moche qu’il m’est été donné de voir dans ce pays) perdue au milieu de nulle part, il a refusé de démarrer après 30 min d’efforts acharnés. Ce n’est seulement qu’après avoir chuchoté gentiment à son « oreille » que je l’aimais, que nous devions poursuivre notre route et que vous avions encore de nombreuses aventures qui nous attendaient qu’il a décidé de démarrer du premier coup. Quel capricieux !

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Mais je lui dois tout et chaque jour nous rapproche l’un de l’autre. Voyageant seul (ou en tout cas sans autre être humain), il est mon seul compagnon. Il sait tout ce que j’ai vécu depuis le début. Il connaît chacune de mes rencontres, chacune des pistes compliquées que j’ai empruntées, et chaque moment qui m’a coupé le souffle. Tous ces instants que je ne vous ai pas racontés, où je n’ai pas pris de photos et qui ne feront jamais partie de mes synthèses vidéo, Lui, il les connaît.

Je ne pensais pas qu’il était possible de créer ce genre de relation mais chaque tour de mon compteur journalier me prouve le contraire. Il faut le vivre pour le comprendre. A cette moto, j’y ai consacré toute mon âme. Avec mon père, nous l’avons transformée pour l’adapter au mieux à ce périple. Nous y avons passé des heures, des jours et des semaines. Des moments père / fils inoubliables.

 

Chaque matin, j’ai pour habitude de la saluer (oui par moments c’est un « il » et d’autres un « elle », tout dépend de notre humeur respective), de lui demander si tout va bien. Parfois à haute voix et parfois dans ma tête. De toute façon, on se comprend d’un seul regard ! Sur la route, je lui parle, je lui chante mes chansons préférées,  je m’extasie sur les paysages avec lui, et je le félicite d’une tape sur le réservoir comme un cheval après une section offroad difficile. Le soir, je viens même faire trinquer mon verre avec son châssis. A se demander, si comme Robinson Crusoé, je ne serais pas doucement entrain de développer quelques symptômes schizophrènes.

Nous avons encore tellement à découvrir ensemble. Des routes, des pistes, des galères mais surtout un nombre incroyable d’aventures plus dingues les unes que les autres et c’est un honneur pour moi que de vivre tous ces moments à ses côtés. Alors à toi Baloo : MERCI POUR TOUT !

 

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Mes Premiers Pas dans les Andes

« La Cordillère des Andes »… Rien que de prononcer son nom, on peut avoir des frissons. Cela sonne comme un lieu loin de tout, loin du temps, loin de toute modernité, loin de chez nous, loin de nos standards. Une terre d’aventure aussi précieuse que capricieuse.  En tout cas, c’est ce que la plus grande chaîne montagneuse du monde m’évoquait lorsque je suis arrivé à ses pieds en ce début 2019.

Après avoir littéralement explosé de joie à ma première vision de ses sommets enneigés, j’ai tout de suite su que j’allais lier une relation forte avec cette région du monde.

Pour le petit cours de Géographie :

  • Longue de 7 100 km, commence au Venezuela et traverse la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et vient mourir au Sud de l’Argentine
  • De 200 à 800 km de large
  • Altitude moyenne 4 000 m

Allez Bim ! Mange ! Une fois que tu as pris ça dans les dents, tu comprends que les mois qui arrivent vont être sauvages ! Et c’est exactement ce que je recherche. Me lancer à l’ascension de ces reliefs et voir ce que le voyage me réserve de plus extrême.

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C’est donc dans la région de Mendoza que je pénètre ce territoire inapprivoisé. Plus précisément, à Las Vegas (si si, je te jure !). Je prendrai 10 jours pour me reposer au cœur des montagnes et pour faire connaissance avec douceur avec mon nouveau terrain de jeux. Ce petit camping est le lieu parfait pour cela. Avec une vue sur deux sommets à plus de 5 000 m, le café du matin à un goût des plus particuliers, et les Asado / vins du soir une saveur unique. Par moment, je m’équipe et pars en expédition avec Baloo sur les pistes des environs. Sans bagage et poignée dans l’angle, on s’amuse comme deux enfants dans un bac à sable.

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J’y ferai la rencontre de Aureliano, propriétaire du camping mais surtout passionné de sa région, de son histoire et de sa culture. Quant à la famille de Français volontaires sur place (Agnes, Sébastien et leurs deux enfants), nous échangerons sur ce qu’est la vie, la vraie ! L’éducation des enfants, la situation en France et dans le reste du monde. Nous rêvons de solidarité, de paix, d’égalité mais aussi d’aventures. Ils seront une famille de substitution pour moi pendant ces quelques jours. Si Agnès lit qu’ils ont été comme des parents pour moi, elle va me tuer, c’est sûr et je préfère ne pas m’y risquer.

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Un beau matin ensoleillé, je donne rendez-vous à Sébastien, du projet « L’oiseau Rouge », un autre motard voyageur français, pour une ballade jusqu’à la frontière avec le Chili. Une ballade à moto qui nous prendra toute la journée. Le paysage qui défile est spectaculaire. Les couleurs se battent pour être élues « la plus éclatante ». Les blancs des neiges et nuages, les différents bruns, marrons et rouges des roches, les verts des buissons et timides arbres, les bleus du ciel et des rivières… A chaque kilomètre, sa nuance.

Arrivés à la frontière, une piste annexe nous emmènera à presque 4 000 m d’altitude sur la crête entre l’Argentine et le Chili. Il y a du vent (beaucoup), il fait froid et l’altitude se fait remarquer sur le corps et sur les machines qui ont perdu en puissance. Mais après un chocolat chaud, nous repartons fiers de notre accomplissement du jour. Je n’avais jamais conduit à cette hauteur. Pour comparaison, la plus haute route d’Europe (« Route de la Bonette ») s’élève à 2 802 m de haut. Une enfant…

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Sur le retour, nous prenons le temps d’observer l’Aconcagua. A 6 962 m, c’est le plus haut sommet de toutes les Amériques. Une nouvelle journée de rêve à l’actif de Take A Way et je suis impatient de partir plus au Sud.

« La vie ce n’est pas simplement respirer, c’est aussi avoir le souffle coupé »

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