Test Bottes Forma Adventure

Les bottes Adventure proposées par la marque Forma sont désormais un grand classique dans le monde du trail. Et plus encore auprès des voyageurs au long cours. Il existe beaucoup de tests, de retours-clients et d’informations concernant ce modèle. La raison est simple. Elles sont excellentes et super polyvalentes.

Mes critères de choix d’achat étaient simples. Je voulais une paire de bottes imperméables qui me protègent correctement chevilles et tibias tout en restant confortables. J’ai trouvé mon bonheur auprès de ces bottes. Elles sont le bon compromis entre des bottes de cross qui protègent très bien, mais sont bien trop rigides pour marcher, et des bottes de touring sans réelle protection. Ici, on cherche le bon compromis entre confort et sécurité.

Bottes

Elles protègent moins que des bottes cross mais plus que des tourings. Elles sont moins confortables que des tourings mais plus que des cross. Bref, un juste milieu appréciable qui répond parfaitement à mes besoins.

Il n’est pas rare que je doive m’arrêter sur le bord de la route pour aller marcher quelques minutes ou pour visiter un endroit. Ou même ne serait-ce que pour aller dans un petit magasin acheter eau et nourriture. Dans ces conditions, ces bottes sont superbes. On les oublie très vite et on peut marcher avec sans soucis. Attention à ne pas se lancer tout de même dans une randonnée…

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En terme de protection, je n’ai à ce jour rien à redire. J’ai déjà fini la cheville sous la moto après un lourd impact avec une vache et je n’ai presque rien senti. Même pas un bleu. Il en va de même pour les quelques pierres déjà reçues sur le tibia en roulant.

La membrane étanche Drytex remonte jusqu’à la moitié de la botte. J’aurais aimé qu’elle remonte encore plus haut car lors de passage de rivière il vaut mieux éviter de poser le pied dans l’eau. Sinon on se retrouve vite avec de l’eau à l’intérieur. Mais si la membrane remontait tout au-dessus, elle deviendrait très compliquée à enfiler et moins confortable (encore une question de compromis).

Il semblerait que certains modèles ne soient pas assez étanches aux dires de plusieurs utilisateurs. Pour ma part, tant que le niveau de l’eau ne dépasse pas la hauteur de la membrane, je n’ai absolument aucun problème. Peut-être que ce problème est d’ores et déjà rectifié. En roulant sous la pluie, aucun souci à signaler non plus.

Bien évidemment, la botte possède une protection sur la pointe du pied qui la protège du sélecteur de vitesse. Également, un petit renfort ressort de la botte en-dessous des 3 boucles de fermeture pour éviter qu’une pierre vienne les casser. Dans tous les cas, Forma vend séparément ces boucles de maintien qui, au passage, sont très efficaces. Une fois trouvé le bon réglage des boucles, on est super bien maintenu.

Même si cela ne devrait pas être votre motif d’achat premier, je dois avouer les trouver magnifiques. Elles donnent un super look en plus de leur efficacité. Une petite cerise sur le gâteau, dirons-nous.

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Attention cependant, ces bottes taillent petit. Information à prendre en compte lors de la commande.

Prix : 229,99€

Retrouvez les bottes KKKK de Forma sur le lien suivant :

http://www.forma-france.fr/off-road/65-adventure-homologuee-brown.html

Test Sacoche Kriega Drypack US-10

Petit accessoire sympa proposé par la marque Kriega dont je suis de plus en plus fan. La Drypack US d’un volume de 10L est un super « add-on » pour tout système de bagagerie. Ce modèle de petit sac existe en plusieurs tailles (de 5L à 30L).

Tout comme l’ensemble des produits de la même marque, cette sacoche est complètement étanche et résistante à l’abrasion. Elle est constituée de deux sacs. Sac interne étanche qui est accroché avec un système de scratch sur le sac externe qui a pour fonction de résister aux chutes (en Cordura 420D et renfort en Hypalon). Et il le fait très bien, croyez-moi sur parole.

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Elle s’attache facilement grâce à 4 sangles à crochets réglables ce qui la rend super polyvalente. On peut donc l’attacher absolument partout.

Personnellement, je l’utilise sur mon Backcountry 40 de chez Mosko Moto pour y mettre des équipements dont je pourrais avoir besoin au cours d’une journée. Une autre paire de gants, un tour de coup, une cagoule, un tee shirt, casse-croûte…

Ainsi, j’ai tout ce dont j’ai besoin en moins d’une minute et je n’ai pas besoin d’ouvrir l’ensemble de mes sacs pour trouver quelque chose.

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En plus de sa poche principale étanche qui se referme en enroulant la matière (minimum 3 tours) et qui se clipse, la sacoche dispose d’une autre petite poche à fermeture éclair.

Pas grand-chose d’autre à dire sur ce petit sac qui devrait faire partie de votre kit tant il est polyvalent et simple d’utilisation. Il est aussi possible de l’utiliser en sacoche de réservoir via le « Tank Converter » ou bien sur tous les sacs à dos de la marque.

Infos :

Volume : 10L

Dimensions : 330 x 240 x 120

Poids : 500g

Prix : 95€

Retrouvez le Drypack US-10 de Kriega sur Ixtem-Moto et bénéficiez de 8% de réduction avec le code « Takeaway8 » via le lien suivant :

https://ixtem-moto.com/Sacoche-de-selle-moto-Kriega-DRYPACK-US-10-(2019)_p163928.html

Test Sac Mosko Moto Backcountry 40

Depuis mon départ, j’ai axé mon système de bagagerie autour de ma pièce maîtresse : le sac duffle de chez Mosko Moto modèle Backcountry 40. Mosko Moto est une marque américaine qui vient tout juste d’introduire ses produits sur le marché européen. Nul doute qu’ils vont faire un tabac vu la qualité et la variété des produits offerts par la marque. L’équipe de Mosko construit ses produits en partenariat actif avec les consommateurs via de nombreux forums sur les sites spécialisés des voyages en deux roues. Le but de cette démarche est de déterminer les besoins réels des voyageurs afin d’apporter les solutions les plus adaptées.

J’ai pris beaucoup de temps pour préparer mon équipement. Qu’il soit pour moi-même, ma bagagerie ou pour camper. J’ai fait des recherches, comparaisons produits, lectures de tests et retours- clients. Et c’est bien le sac de chez Mosko qui a le plus de succès.

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J’annonce tout de suite, il fait partie des produits haut de gamme. Le prix va avec et il est vrai qu’il peut être un frein à l’achat. Cependant, je suis persuadé que je vais garder ce sac à vie. La question est donc de savoir s’il vaut mieux acheter un sac qui va durer dans le temps sans problèmes, ou bien acheter plusieurs sacs qui risquent de vous lâcher en plein milieu de votre trip.

Depuis plus de 35 000 kms désormais, mon sac Mosko est installé à l’aide de Rock Straps à l’arrière de ma machine. Le sac est bien évidemment totalement étanche. J’ai conduit des heures durant sous la pluie et je n’ai eu aucun problème. Également, il est super résistant grâce à son nylon balistique à toute épreuve. En fait, il est constitué de deux sacs. L’interne est un sac étanche (détachable à scratch) et l’externe est quant à lui prévu pour résister à un char d’assaut.

Côté pratique, le Backcountry dispose de plusieurs petits accessoires très utiles. Il est équipé de ce qui s’appelle une « Beaver Tail » qui se clipse. A l’intérieur de celle-ci, on trouve une petite poche filet ainsi qu’une poche en plastique qui se scratche (parfait pour cartes et documents). La « Beaver Tail » permet de ranger quelques affaires quand on conduit. Par exemple, une veste chaude si on pense monter en altitude (ou pour séparer un pantalon boueux de ses affaires propres…). Tout est alors très rapide d’accès. Parfois, je l’utilise aussi comme espace pour cuisiner ou pour poser mes outils lors des réparations en bord de route.

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Le sac dispose aussi d’un emplacement pour les piquets de tente, un trépied ou encore une bouteille d’essence pour le réchaud avec une poche qui prend la longueur du sac.

Il s’ouvre de part et d’autre comme un sac tunnel et se referme comme un sac étanche avec des clips. Il dispose aussi d’emplacements simples mais ingénieux pour faire passer des sangles. Bien attaché avec une paire de Rock Straps, il ne bouge absolument pas. Ni de gauche à droite, ni d’avant en arrière.

Sur son dessus, on y aperçoit le système « Molle » très populaire dans le monde militaire permettant d’attacher alors un grand nombre d’accessoires et sacs supplémentaires si besoin.

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Autres accessoires très sympa, la possibilité de le transformer en sac à dos en moins d’une minute avec des bretelles qui sont rangées dans une poche spécifique quand on ne les utilise pas. Certes, il n’est pas prévu pour partir en randonnée pour plusieurs jours mais cela peut bien dépanner en cas de problème sur le bord de la route ou pour porter le sac dans la chambre d’hôtel.

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Avec ses 40L, je trouve qu’il a la taille et le volume parfaits pour les voyages d’un week-end ou d’une vie. Grand fan de la bagagerie souple comparée à un top case, je ne me verrais pas partir avec un autre sac sur ma selle.

Je suis extrêmement satisfait de mon achat et de la qualité du produit qui répond totalement aux exigences requises par mon voyage.

Infos :

Volume : 40L

Poids : 2,7kg

Longueur : 53 à 66cm         Largeur : 40cm         Hauteur : 25cm

Prix : 225€

Lien d’achat : https://moskomoto.eu/collections/all/products/backcountry-40-rear-duffle

Test Combo Kriega OS Base + Sacoche OS-18 Adventure

L’important, quand on voyage, c’est de placer le poids des affaires au plus proche du centre de gravité de la moto pour affecter le moins possible les capacités de nos machines. Pour cela, le meilleur moyen reste encore d’utiliser des sacoches cavalières.

Pour ma part, j’ai une grande préférence pour la bagagerie souple qui est beaucoup plus légère que des valises rigides. Entre le système d’attache et les valises elles-mêmes, on parle d’une différence de plusieurs kilos comparée à un système souple. En voyage comme en tout-terrain, le poids est notre ennemi. Chaque kilo gagné se ressent sur la facilité de pilotage. Il y a aussi l’aspect sécurité que je dois souligner. J’ai entendu (et vu) beaucoup de motards blessés à cause d’une chute où leur jambe s’est retrouvée coincée sous les valises.

Également, une chute peut très facilement casser la valise elle-même ou bien tout le système d’attache et ainsi causer de gros problèmes. Surtout perdu au milieu de nulle part… Les fans de valises rigides argumenteront qu’elles ont la capacité d’être fermées avec une clé comparées à des sacs souples. Même si cet argument est recevable, n’importe quel voleur avec un tournevis ne fera qu’une bouchée des serrures. Pour ma part, j’utilise des câbles de chez PacSafe pour sécuriser ma bagagerie. Et avec plus de 35 000km au compteur en Amérique du Sud, je n’ai eu aucun vol.

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Parlons désormais plus précisément du système que j’utilise. Les deux sacoches de 18L chacune sont constituées d’un sac interne étanche (à scratch) et d’un revêtement externe en Cordura 1000D + Hypalon très robuste. Après de nombreuses chutes, je n’ai absolument rien à dire sur la solidité des sacoches. Seul un petit trou tout au début de mon voyage (sûrement dû à un problème de fabrication qui aurait sans aucun doute été pris en charge par le service de garantie) est à signaler. Facilement réparé au Brésil en 10 minutes. Garantie 10 ans.

Niveau étanchéité, on est sur du très bon produit également. Aucune pénétration d’eau n’a été remarquée malgré des heures sous la pluie. Juste un tout petit peu d’humidité sur le dessus (et encore c’est vraiment pour trouver un point négatif). Contrairement à d’autres concurrents, le tissu ne devient pas trop lourd car n’absorbe pas l’eau. Les sacoches se ferment comme un sac étanche en repliant le dessus du sac (minimum 3 tours) et se clipse fermement avec 3 boucles.

Le volume proposé de 18L (nombreux autres volumes dispo) est excellent. Pas besoin de plus pour être honnête. Surtout si on emporte un sac de selle. Dans une sacoche, j’ai tout mon matériel de camping (tente, sac de couchage, sac à viande, matelas gonflable, une petite bâche et même un oreiller !). De l’autre côté, j’ai mes pièces de rechange pour la moto, mes cartes, un compresseur AirMan, mon réchaud et ma nourriture.

Pour le montage sur la moto, les sacoches sont installées sur le système de « tapis » OS Base proposé par Kriega. Une fois en place, je ne les enlève jamais de l’OS Base. Même pour aller dans une chambre d’hôtel, j’ai juste à détacher le tapis de la moto et l’installer sur mon épaule en ayant une sacoche qui pend de chaque côté (une torse, une dos). Cela me laisse les mains libres pour porter d’autres sacs et éviter les aller-retours à répétition. Il me faut moins de 2 minutes pour retirer le tapis de la moto et le même temps pour le réinstaller le lendemain matin.

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L’OS Base passe sur la selle et longe le flanc de la moto. Il est très robuste et se fixe à l’aide de deux sangles de chaque côté à accrocher sur le châssis et de deux autres sangles à l’arrière qui se fixent sur des petits anneaux fournis par Kriega lors de l’achat. Ces anneaux doivent être vissés sur votre porte bagages ou directement sur vos plastiques. L’OS Base est utilisé pour une grande variété de sacoches proposées par Kriega ce qui permet d’être très polyvalent en fonction de la durée du voyage.

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Une fois installé, le tapis reste parfaitement en place et permet aux sacoches d’être au plus proche de la moto (encore une fois : centre de gravité !). Il y a très peu de mouvements des sacoches même sur les terrains les plus capricieux.

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En cas de chute, j’aime le fait que les sacoches amortissent une bonne partie du choc et protègent ainsi ma moto. Attention cependant à bien évidemment éviter de mettre des choses fragiles ou qui pourraient endommager la moto lors d’une chute.

Tout cet ensemble est formidable de simplicité et d’utilisation au quotidien. Je partirais sur le même système sans aucun doute.

Infos:

Poids d’une sacoche : 1kg

Poids OS-Base : 700gr

Dimensions sacoche : 380 x 250 x 190 (18L de volume)

Dimensions Os-Base : 510 x 190

Prix sacoche: 109€ par unité

Prix Os-Base : 89€

Retrouvez l’ensemble des bagageries Kriega sur Ixtem-Moto et bénéficiez de 8% de réduction avec le code « Takeaway8 » via les liens suivants :

OS Base :

https://ixtem-moto.com/Fixation-Kriega-OS-BASE-pour-trail+enduro_p149433.html

Sacoche OS-18 Adventure :

https://ixtem-moto.com/Sacoche-Kriega-OS-18-ADVENTURE-PACK_p136733.html

Test Tente Ferrino Nemesis 2

Géniale! Voici l’adjectif que j’utiliserais pour qualifier la tente Nemesis 2 de Ferrino. Elle est tout simplement parfaite pour les voyages à moto car elle répond à tous les critères (sauf un) qu’une tente doit offrir.

  • Légère
  • Petite et compacte
  • Espace de vie confortable
  • Dispose de deux vestibules
  • Solide
  • Résiste au vent fort
  • Très imperméable
  • Se monte rapidement

La plupart des tentes ne rentrent pas dans les bagages mis à disposition des motards. Je ne compte plus le nombre de deux roues croisés sur la route qui accrochent leur tente tant bien que mal sur leurs sacoches. La possibilité de ranger ma tente dans ma sacoche cavalière Kriega était sans doute un des critères les plus importants pour moi. Ainsi, elle est plus en sécurité que simplement accrochée à l’extérieur et cela facilite le quotidien quand on doit enlever / installer les bagages sur la moto.

Tente 1

C’est une tente deux personnes qui dispose de deux entrées et deux vestibules assez grands pour y stocker toutes mes affaires durant la nuit. Elle est assez spacieuse sans pour autant être trop grande ce qui impacterait sa résistance face au vent. J’ai déjà eu à combattre le fameux vent fort de Patagonie et quand elle est bien plantée et correctement orientée, il n’y a absolument aucun problème.

Niveau étanchéité, c’est le même constat. Des nuits entières sous des trombes d’eau et pas une goutte à l’intérieur. Encore une fois (et comme toute tente), il faut bien la mettre en place pour que la paroi extérieure ne rentre pas en contact avec l’interne.

Les deux entrées permettent une bonne versatilité et un accès facile aux affaires placées dans les deux vestibules. A l’intérieur, on retrouve des poches sur le côté pour y mettre les affaires importantes et un crochet au plafond pour une lanterne.

La fabrique utilisée est à la fois légère et très résistante (Rispstop). Je passe plus de la moitié du  voyage à dormir dans la tente. Parfois sur de l’herbe, parfois du sable, parfois des cailloux et à ce jour aucun problème à relever sur la solidité du tapis de sol. Les arceaux sont en duraluminium.

Tente 2

Avec un peu d’entraînement (même si elle est très simple à monter), il me faut moins de 5 minutes pour la monter entièrement et profiter des beaux paysages qui m’entourent. Pour le démontage, il faut compter quelques minutes de plus, le temps de plier et ranger la tente dans son sac de transport.

Le seul bémol que je pourrais souligner est le fait qu’il faille monter la paroi interne (moustiquaire) avant l’externe ce qui, en cas de pluie, peut être problématique. Mais je trouve toujours une solution ou le moment propice pour mettre en place la tente sans dégâts des eaux.

Elle est venue avec un kit de réparation, un sac de transport et de nombreuses sardines.

Infos :

Poids : 2,4kg

Taille rangée : 16 x 36cm

Espace de vie : 210 x 220 (110 la chambre)

Hauteur : 110cm

Niveau d’imperméabilité : 3000mm

Prix : 189,90€

Retrouvez la tente Nemesis 2 de Ferrino sur :

https://www.ekosport.fr/ferrino-tent-nemesi-2-fr-olive-green-18-p-9-38441.html

La Côte Chilienne sur Deux Roues

Après avoir quitté les hauteurs à l’Est du pays, je retrouve la côte à l’Ouest. Là où la terre et le sable laissent place à un océan bleu à perte de vue. Des plages brutes sur des centaines de kilomètres longées par des chemins féeriques. Quel plaisir d’observer ces superbes vagues déferler sur la plage en slalomant entre les rochers. Je me vois déjà debout sur ma planche de surf et imagine chacun de mes mouvements dans le creux de la vague.

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Malheureusement, mon épaule droite devient de plus en plus douloureuse au point de ne plus vraiment réussir à lever le bras. De quoi tirer une croix sur mon rêve de surfeur chilien. Je pense m’être abîmé l’épaule il y a un mois et demi en relevant Baloo face au vent fort de Patagonie lors d’une chute en Argentine. Cet effort le plus intense de ma vie aura eu raison de mon intégrité physique petit à petit.

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Malgré cette douleur intense, je continue à me concentrer sur les pistes le long de l’océan. Dès que la route devient bétonnée, je dérive dans les hauteurs pour me perdre dans les forêts. En totale autonomie, je me laisse voguer à mes envies et intuitions du moment, à vivre au cœur de la nature, à boire et me laver dans les rivières, à me chauffer les soirs avec ces feux de camp que j’aime tant. C’est un peu comme un ami que je quitte quand je pars me coucher pour le retrouver le lendemain soir. Je lui raconte alors ma journée. Parfois même à voix haute. Je ne souffre pas de la solitude mais je pense que certains docteurs pourraient me diagnostiquer un syndrome de schizophrénie aiguë à tendance complètement débile. Cela m’amuse, me fait rire. Au moins « je » et « moi » nous ne nous ennuyons pas.

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Après 3 jours complets à me perdre dans ce labyrinthe de pistes dans la forêt, je retrouve la civilisation au village de Pichelimu. Je pensais seulement m’y arrêter pour refaire les stocks d’essence, d’eau et de nourriture mais le charme de ce petit village de surfeur m’a totalement conquis. J’y resterai alors plusieurs jours pour assouvir ma curiosité.

Un matin, je reprends la route sous un brouillard si dense qu’il m’est impossible de voir la route à plus de 10m devant mon Heidenau K60 qui commence à montrer des signes de fatigue après plus de 10 000kms de loyaux services. Je ferai les frais de ce manque de visibilité sur une piste à l’allure plutôt sèche au premier abord. Mais au détour d’un espace arboré, la piste devient soudainement très boueuse et mon fameux compagnon à crampons se dérobe sous la boue me faisant goûter le sol sur plusieurs mètres.

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Je me relève couvert de boue, des bottes au casque, le poignet douloureux mais sans gros dégâts pour moi ou Baloo. Par contre, à 8h30/9h du matin, ça réveille son bonhomme ! Je continue cette petite piste pour finalement atterrir 100km plus loin dans un cul de sac. Demi-tour, on refait les 100km, on glisse une nouvelle fois sur la partie boueuse (sans chute cette fois) et on reprend la route.

La moto est de plus en plus fatiguée. Le moteur chauffe trop souvent (ventilateur mort) et les roulements de direction sont épuisés. Il faut dire que cela fait presque 30 000km que je voyage, depuis mon départ, il y a 7 mois. Malgré un moral toujours aussi joyeux, je suis, moi aussi, à bout. J’ai beau essayer par moment de me reposer plusieurs jours quelque part, je reste à bout de force. Le physique est mis à rude épreuve quotidiennement mais c’est surtout la fatigue psychologique qui est devenue compliquée à gérer. Car oui, seul et sans assistance, je dois prendre toutes les décisions. Où aller ? Où dormir ? Où trouver de l’eau ? De l’essence ? De la nourriture ? Quelle route choisir ? Devoir toujours anticiper sur le trafic chaotique des pays traversés. Etablir le camp, refaire mes affaires tous les matins, choisir ma ligne sur les pistes en fonction des changements de couleurs du terrain et des reliefs, le tout avec une moto pesant 250kg est épuisant.

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Je décide donc de rentrer en France depuis Mendoza en Argentine pour quelques semaines afin de repartir sur de bonnes bases physiques, morales et avec de nouvelles pièces pour Baloo qui a bien mérité une remise en forme, surtout que la suite de l’aventure s’annonce encore plus rude avec de la jungle, des hautes altitudes et des régions encore plus reculées. Ça va être génial !

Si vous aussi vous avez envie de découvrir le Chili en moto ou tout autre véhicule, vous pouvez vous renseigner auprès des pro de l’aventure Planet Ride via le site www.Planet-Ride.com

Retrouvez tout mon équipement et bien plus encore dans le catalogue de www.Ixtem-Moto.com

Parc National de Conguillio

Toujours dans la même lancée, je visite les parcs nationaux à moto au fil des envies et des intuitions. Heure par heure, je décide de mon itinéraire et me laisse guider par ce magnifique pays qu’est le Chili. C’est le paysage et la structure des routes/pistes qui définissent mon emploi du temps d’aventurier en herbe. Je répète ce processus de choix de chemins chaque heure toute la journée. Cela me permet d’aller de surprises en surprises sans me donner aucune limite ou contrainte. C’est un pied monstre que d’avoir l’opportunité de vivre mon aventure avec tant de liberté.

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A mon départ, je n’avais aucune connaissance de la conduite en tout-terrain, mais les milliers de km de pistes effectués jusqu’à aujourd’hui m’ont permis d’acquérir une certaine expérience et de désormais me lancer à l’assaut de ces territoires reculés avec plus de confiance. C’est vraiment debout sur les cale-pieds et les genoux serrés sur le réservoir que je me sens le plus heureux. Jouer du poids de mon corps pour épouser les caprices des pistes est une sensation très agréable qui me donne une sacrée banane sous le casque.

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C’est dans cette optique que j’approche doucement de l’endroit le plus extraordinaire où nous allons conduire avec Baloo. Petit à petit, le paysage change, l’environnement évolue. En quelques minutes seulement, je passe de pistes en terre au milieu de forêts verdoyantes à une atmosphère des plus apocalyptiques. Les grands arbres et la verdure ont disparu. La flore se fait de plus en plus rare pour laisser place à des champs infinis de rochers si hors du commun que je vais vite les identifier. Il s’agit de roche volcanique. Par moment, ils sont gros (voire très gros), parfois si fins que je peux alors rouler dessus. Je suis désormais au cœur du Parc National de Conguillio.

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Quelle sensation incroyable que de rouler sur des vestiges venus des profondeurs de notre planète. Le plus haut volcan du Chili domine le parc de ses 3 150m de haut. Il est beau, grand, majestueux, puissant mais calme et reposant à la fois. C’est d’ailleurs l’ambiance qui ressort de ce parc. Un fin équilibre entre le repos et la tempête, la vie et la mort… Un espace coupé du temps qui pourrait se réveiller et bousculer l’ensemble de la région en un claquement de doigt. Sa dernière colère date d’ailleurs d’il y a moins de 10 ans et on peut encore deviner le chemin de la coulée de lave en observant les flancs du volcan.

Je resterai deux jours durant à vagabonder au milieu des cendres. Etant arrivé tardivement dans le parc, il m’est compliqué de trouver un spot pour établir mon campement hors des extraits volcaniques qui ne feraient qu’une bouchée de ma tente. Je décide donc à contre-cœur de me rendre dans un camping payant. Je suis le seul à y dormir et seul un couple me rejoindra une fois la nuit tombée. En attendant, en me préparant mon repas, je peux admirer le soleil se coucher derrière le volcan. Les couleurs oscillent du rouge / orange / violet au bleu magenta donnant alors une vie après la nuit aux silhouettes des arbres environnants.

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Le petit déjeuner du lendemain englouti et la moto chargée, je continue à explorer ce parc aussi émerveillé qu’un enfant à Disney. La journée commencera par la vue de ce lagon où se stoppent les coulées de laves des dernières éruptions. Les troncs d’arbres qui se trouvent sur le bord du lac sont en pleine décomposition. Cela accentue encore cette sensation de désolation très présente dans ce coin du monde. Le reste de la visite se fera au cœur des cendres, la mâchoire complètement désaxée tellement je suis bouche bée devant ce spectacle.

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Je suis toujours à l’Est du pays, le long des Andes et j’ai envie de voir à quoi ressemble la côte chilienne pour observer les fameuses vagues du littoral. Cela sera mon prochain objectif pour continuer mon ascension en direction du Nord du continent.

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Chili – Pays des volcans

Après une traversée en ferry de quelques heures avec mes nouveaux amis rencontrés à Chaiten, le long de la Carretera Austral, je m’attaque à la fameuse ile de Chiloé. J’en ai entendu beaucoup de bien. Sur sa beauté, son authenticité, son charme singulier. Personnellement, je dois avouer ne pas avoir été spécialement conquis par cet endroit. Il est vrai que la culture y est différente, que les églises qui en font sa popularité sont d’une belle architecture et que les fruits de mer sont délicieux.

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Cependant, on ne peut pas être tout le temps séduit par un lieu. Ce fût mon cas pour Chiloé. J’aurai tout de même très apprécié le temps partagé avec ce groupe d’amis dans ce AirBnB sympathique basé au centre de l’île.

Après un rapide stop mécanique à Puerto Montt (changement de mon pneu arrière plus usé qu’un ancien combattant et de mes plaquettes de frein) je me dirige vers Pucon. Sur le chemin, je décide d’emprunter une piste qui traverse le Parc National de Villarica qui tient son nom du volcan qui le domine. A l’entrée, les gardes ne me font pas payer les frais d’accès au parc n’étant que de passage. Ils m’avertissent cependant que le chemin comporte quelques sections difficiles… Pfff ! Même pas peur !

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Finalement, après 10 min dans les bois, je comprend mieux ce qu’ils voulaient dire. Les choses sérieuses commencent. Notamment une grosse montée pleine de boue, de gros cailloux et de goulets dont doit s’écouler l’eau en cas de forte pluie. On est plus sur un terrain d’enduro que de trail paisible. La roue avant de ma moto chargée se lève à plusieurs reprises. Je cale. Repars. Cale à nouveau. J’en chie mais j’arrive au bout de la montée malgré mon câble d’embrayage désormais inutile. Car oui, suite à ma rencontre douloureuse avec cette vache dans le Sud du pays, mon ventilateur de radiateur ne fonctionne plus et mon moteur chauffe beaucoup. L’huile devient alors trop chaude et mon levier d’embrayage trop mou.

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Ne sachant pas à ce moment d’où provient le problème, je passerai plusieurs minutes sur le bas-côté à installer mon câble d’embrayage de rechange, lorsque j’entends soudainement une langue familière au détour du virage. A court d’eau, je décide d’aller à la rencontre de ces Français pour demander un petit soutien hydratant. A ma grande surprise, je tomberai nez à nez avec Pierre-Henni, un très bon ami de France, actuellement dans le pays pour tourner un film promotionnel avec un pro du vélo de descente (Killian Bron). Une rencontre incroyable du bout du globe qui me rappelle que le monde est finalement tout petit, mais surtout que toutes les galères amènent à des moments improbables. Car oui, j’ai eu beaucoup d’emmerdes depuis mon départ mais chacune d’entre elles m’a finalement amené à des rencontres superbes, à des manifestations de solidarité, à des échanges poignants ou bien dans des lieux splendides.

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Une fois arrivé à Pucon, je resterai tranquillement cloîtré au lit à cause d’une maladie suite à une baignade nu dans un lac lors d’un énième camping sauvage (« quand on est con : on est con »). De nouveau sur pied, je me lance à l’ascension du volcan Villarica haut de 2 800m. C’est le volcan le plus actif du Chili dont la dernière éruption date de 2015. 1 400m de dénivelé positif dont une bonne partie en crampons sur le glacier. Au sommet, on doit porter un masque à gaz à cause des toxines de souffre qui s’échappent du cratère fumant. Bien évidemment, le mien à un trou béant et ne filtre donc absolument rien. Respirer me brûle, du nez aux poumons, et j’ai l’impression de perdre 1 mois de vie à chaque inspiration.

La descente se fera en partie en luge sur le glacier puis à pied dans des cendres volcaniques. Il faudra 6h30 de marche pour faire l’aller-retour, accompagné de la vue sur le lac bordé par une mer de nuages dont seuls les sommets des montagnes environnantes osent dépasser le bout de leur nez. Un peu comme des îlots au milieu des archipels polynésiens.

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Le lendemain, je reprends mon fidèle destrier pour de nouvelles aventures et décide de me perdre dans les montagnes. Je vis désormais heure par heure. Cela fait déjà un bon moment que je voyage sans connaître ma destination finale de la journée. Mais maintenant, je pousse ma logistique encore un cran en-dessous. Le matin, je regarde la carte, café à la main, et décide de la route à prendre pour la prochaine heure. La petite piste, celle qui passe dans un parc national ou celle qui va se perdre loin des autres axes est la perle que je recherche. Après 1 à 2h de conduite, je stoppe et observe une nouvelle fois la carte à la recherche d’un nouvelle destination pour la prochaine heure. Et ainsi de suite jusqu’à ce que le soleil embrasant l’horizon m’ordonne de trouver un endroit pour y poser ma tente.

C’est dans cette quête ultime de liberté et d’indépendance que je vais tomber par hasard sur le lieu le plus incroyable qu’il m’est été donné d’explorer à moto…

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La Carretera Austral – Part 2

Me voila de retour dans mon merdier. Ensablé sur cette plage du bout du monde à la recherche d’une âme charitable pour m’en sortir après avoir tenté de me libérer seul pendant plusieurs heures. Le refus de la police fut clair, net et précis. Pas de problème, que des solutions. Je reste positif et je me ballade dans les petites ruelles ensablées du village avant de tomber nez à nez sur un tracteur. Je frappe aux portes des environs et rencontre le propriétaire : un homme d’une soixantaine d’années qui accepte de me porter secours.

Tracteur

Le tracteur n’est pas en grande forme. Je dois le pousser pour le faire démarrer… Je me demande même s’il va réussir à sortir Baloo de son igloo de sable. Je saute à l’arrière du tracteur et nous partons ensemble sur la plage. Une paire de sangles, une bonne coordination et hop ! Voilà Baloo libéré de son emprise. Pour remercier ce brave homme, je partirai lui acheter une bouteille de vin et lui donnerai un petit billet pour l’essence et le dérangement.

Plage 5

C’est à mon tour de célébrer. Pour moi, en plus de la bouteille de vin, je décide de dormir sur la plage à la belle étoile. Le campement installé et le bois récupéré pour la nuit, je pars une nouvelle fois au bord de l’eau (à pied cette fois ci. Pas con le mec…) tenter ma chance à la pêche. Comme à mon habitude, je n’ai aucune touche. Bientôt, une photo de moi devrait apparaître dans un dictionnaire pour expressions « bidon », à la page « L’espoir fait vivre » ou « A force de forger, on devient forgeron ». Seul l’avenir nous le dira.

Nuit 1

Par contre, l’océan en face de moi ne manque pas de ressources et c’est juste avant le coucher de soleil que se réveille un groupe de plus de 15 dauphins. Ils sont juste là, face à moi, à une vingtaine de mètres du bord. Ils jouent dans les petites vagues et chassent en même temps (donc il y a du poiscaille !). Pendant presque 30 minutes, je resterai à observer ce spectacle superbe dont je suis le seul témoin privilégié. Aux dernières lueurs, je démarre mon propre feu et installe mon matelas percé à ses côtés. Je sais déjà que la nuit va être longue et froide mais je sais que la Lune sera absente ce soir laissant place à un tapis d’étoiles. C’est un de mes plaisirs le soir. Regarder les étoiles apparaître une à une alors que le ciel devient de plus en plus sombre. Et ce soir je suis gâté ! La voie lactée m’offre son plus doux visage. Une nuit extraordinaire face à l’immensité de notre univers.

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Une fois n’est pas coutume, je repars le lendemain sur ces pistes splendides en direction de Chaiten où se trouve le ferry pour l’île de Chiloé. Je me revois rouler à faible allure depuis plus d’une heure en observant la rivière que je longe et ses nombreuses cascades. A un moment, je décide de passer en mode sport. L’arrière de la moto chasse dans les virages, je suis debout sur les cales pieds, genoux contre le réservoir et ne fais qu’un avec Baloo. Je suis à l’aise. Trop peut-être et je relâche mon attention… Une vache sort alors de nulle part et (effrayée par le bruit de l’échappement) me coupe la route au dernier moment. Je suis debout sur les freins mais il m’est impossible de l’éviter. Baloo et la vache feront connaissance à environ 70 ou 80 km/h. Je la percute sur son flanc droit avec mon protège main gauche et finis ma course dans le fossé à droite de la piste, une partie du corps sous la moto. Comme toute activité que l’on fait régulièrement, il est possible de se laisser aller et baisser sa garde. Cependant, en moto, tout va très vite et les erreurs peuvent faire très mal.

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Je suis sous le choc de cet accident et me retrouve une nouvelle fois à rire de cette péripétie alors que je me relève presque indemne. La moto est également en très bon état. Mais je ne suis pas surpris. Après tout : Baloo est un Ours ! Ce n’est que les deux jours suivants que la douleur fera son apparition. Tout le côté gauche de mon corps est douloureux de la cheville à l’épaule. Rien de bien alarmant. En tout cas, cela ne m’a pas empêché de partager plusieurs litres de vin avec mes nouveaux amis rencontrés dans une auberge en attendant le ferry. J’ai même remporté le concours de limbo…

Prochaine étape : l’ile de Chiloé !

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La Carretera Austral – Part 1

Je me suis fait totalement happer par cette région du Sud du Chili. Bouche bée à chaque seconde, à chaque kilomètre, à chaque tour de roue. Au point de ne même plus pouvoir mettre à jour mon carnet de voyage tant la Carretera Austral m’a démuni d’adjectifs assez puissants pour la décrire. Et pourtant il s’en est passé des choses.

C’est, sans aucun doute, l’étendue de terre la plus incroyable que j’ai visitée. Je me suis même régulièrement retrouvé à m’imaginer m’installer ici, à me renseigner auprès des locaux sur la vie, le climat, l’histoire et les traditions. Une région où les paysages me parlent et me touchent au plus profond de moi. Des forêts verdoyantes qui couvrent les bases des montagnes aux sommets sauvages dominés par de nombreux glaciers ; le tout situé au cœur d’un labyrinthe de lacs et rivières à l’eau pure, fraîche et aux couleurs venues d’une autre planète. Elles varient du bleu turquoise au vert selon leur chargement en minéraux.

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Tout débuta après ma grande traversée de plus de 40 h en ferry au départ de Puerto Natales en direction de Puerto Yungay. De là, seul un nouveau ferry et quelques heures de pistes féériques me mènent à l’extrême Sud de la route à Villa O’Higgins. Un panneau annonce la fin (ou, dans mon cas, le début) de cette route mythique sur la bucket liste de tout bon motard avide de nature et d’aventures. L’info tombe : 1 247. Comme le nombre de kilomètres que je vais suivre sur cette route en direction du Nord.

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Je passerai ma première nuit au bord d’une rivière de galets avec une vue imprenable sur un glacier qui semble observer mon campement. Au départ, la météo n’est pas de mon côté mais cela donne un charme tout particulier à cette contrée. La Patagonie chilienne a beau porter le même nom que sa voisine en Argentine, un seul point commun les unit. Chacune située d’un côté des Andes, l’une est définie par les grandes plaines arides aux vents capricieux, l’autre (au Chili) est, quant à elle, située au cœur d’un climat humide où la végétation est luxuriante et d’un vert éblouissant.

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Ici, les journées sont marquées par un enchaînement de « Wow », « Bim » et « Bouya ». Les mots me perdent et je me laisse, moi aussi, dériver au grès des envies de la Carretera. Car oui, c’est bien elle qui me domine et c’est peut-être même ce qui m’a le plus frappé durant ces quelques semaines. Mon inaptitude à résister au charme et à être toujours aussi surpris à chaque virage ou à chaque piste annexe. Le ripio est très bon. On peut rouler vite sans grosses frayeurs. Ca monte, tourne, descend, tourne à nouveau, traverse des petits villages au milieu des fermes de chevaux, moutons et vaches.

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J’assisterai même à une fête culturelle dans un de ces villages. De nombreux stands remplissent les ventres affamés des spectateurs de leurs brochettes, empanadas et autres bières locales tandis que l’asado central cuit lentement cette viande si tendre et typique de l’Argentine et du Chili. Mais le cœur de cette fête réside dans le spectacle des gauchos qui montent des chevaux sauvages à la manière d’un rodéo. J’avoue ne pas être un grand supporter de ces pratiques mais, voyager, c’est aussi respecter les us et coutumes des pays que l’on explore.

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La « route » est régulièrement interrompue par des rivières qu’il faut traverser en barque. Cela permet d’effectuer des pauses bien méritées car malgré la beauté, rouler ici est très physique. J’aurai un coup de cœur tout particulier pour cette petite barque d’une capacité max de 2 voitures qui se maintient hors du courant et sur sa trajectoire grâce à un système de poulies raccordé à un câble qui est accroché sur le bord des rives. C’est d’ailleurs après une énième traversée sur l’eau que je vais me retrouver sur ce petit bout de terre à 100 km à l’Ouest de la RN7.

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Une plage sauvage comme j’aime. Encore une fois, je suis incapable de résister et me lance à son assaut avec Baloo. Le résultat est aussi prévisible que celui d’un enfant face à un gâteau au chocolat. Me voilà donc ensablé comme jamais. Je me débats, creuse, essaie de faire un ponton avec du bois récupéré sur la plage, retire les bagages pour alléger la moto. Rien n’y fait. Deux heures durant je mettrai mon corps à rude épreuve pour me sortir de ce merdier. Et je dois solutionner ce problème au plus vite car la marée est montante. Je décide donc de partir chercher de l’aide dans le plus proche village à 3 km de marche.

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Je commencerai logiquement mes recherches auprès de la police locale qui me fera bien comprendre que « Personne ne s’aventure sur cette plage car nous savons tous que le sable est trop mou. Nous ne pouvons rien faire pour vous ». Ce à quoi je répondrai « Mais quand vous avez des voyageurs comme moi qui ne le savent pas et qui finissent ensablés, que faites-vous ? ». La réponse de l’agent fut sans appel : « Personne ne vient jamais ici, le dernier motard date de plus d’un an ». Honteux de ma situation, j’en sortirai tout de même un peu de fierté dans cette réponse.

Suite en PART 2

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