La Découverte d’un Lieu Hors du Commun

A la sortie du bateau à Belèm, je visite la campagne brésilienne et essuie les échecs de ma recherche d’un coin de paradis (d’abord à Maruda puis à Turiaçu) pour finalement prendre le ferry à Alcantara en direction de Sao Luis. La capitale de l’état du Maranhao est dotée d’un centre historique où l’influence des différents colonisateurs se fait sentir. D’abord les Français et les Hollandais et finalement les Portugais : tous ont ajouté leur pierre à l’édifice pour donner à cette ville un attrait historique certain. Chaque quartier a sa spécialité : ophtalmologie, vêtements, musique… C’est dans ce dernier qu’un achat compulsif me verra acquérir une « Requinto » : Sorte de petite guitare d’Amérique Latine pour laquelle il me faudra trouver un moyen pour la transporter sur la moto. Parlant moto, une courte négociation avec les policiers verra Baloo dormir sur le parking du commissariat le temps de mon séjour à Sao Luis. Merci à eux.

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Avant mon départ, c’est encore un échec qui m’attend. Oui j’enchaîne… La visite guidée du musée de la ville est proposée uniquement en portugais. Autant dire que j’aurais davantage compris une conférence sur la physique quantique en Népalais.

Après quelques jours, je décide donc de quitter cette ville festive pour le Parc National de Lençois et le village de Santo Amaro de Maranhao qui semble moins touristique que les autres villes du parc. Surement car l’accès y est beaucoup plus compliqué. Pour atteindre ce village, il faut traverser le Rio Grande après une piste de sable. Je n’ai aucune véritable expérience en tout-terrain et encore moins dans le sable. C’est donc après avoir baissé la pression des pneus que je lance les gaz pour atteindre Santo Amaro. Le sable est profond, l’avancée est lente et c’est avec un style, certes peu esthétique, mais efficace que j’arrive sur les rives du Rio Grande. De l’autre côté, se trouve mon objectif mais ici pas de pont. Je me rapproche de trois femmes qui se baignent dans une eau assez profonde pour qu’elles n’aient pas pieds. « Ou est ce que je peux traverser pour rejoindre le village ? ». On me pointe du doigt un local qui zigzague avec sa moto dans le cours d’eau. J’étudie sa trajectoire avant d’essayer de la reproduire de mémoire. Sur environ 80 m, j’ai de l’eau au-dessus des bottes et le sourire qui sort du casque. J’Y SUIS ARRIVE !

Traversé

Après avoir trouvé un lit, le moment tant attendu est finalement arrivé. Je vais pouvoir participer à la messe du soir. Enfin… à un match de foot quoi ! Pour atteindre le terrain de sable, il faut une nouvelle fois traverser la rivière. Le soleil se couche derrière les dunes quand je touche mon premier ballon. Deux petits ponts (Ou « Barata » au Brésil) d’entrée de jeu. Le pauvre se fait chambrer tandis que je m’enflamme dans mes pensées. Je vais leur prouver que 1998 n’était pas un coup de chance ! Deuxième ballon, je loupe mon contrôle et la balle me passe sous le pied pour sortir en touche… Autant vous dire que j’ai vécu une redescente sur terre vitesse MAC 12. Ca joue sérieux, physique et ça joue bien ! Mes coéquipiers et adversaires du soir n’ont aucune idée de la beauté du moment que je vis. Un foot, au Brésil, avec des locaux, sur la plage, au milieu des dunes, et au coucher du soleil ? Quelqu’un a dit demi-molle ?

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Pour fêter ceci et terminer cette belle journée, ce soir ce sera filet mignon et tournée de caipirinha. Baloo n’ayant pas soif, je me sacrifie et bois pour deux. C’est en sortant de table que je me rends compte que je me suis peut être laissé aller sur la boisson. Je retourne donc en direction de mon hôtel en titubant légèrement peut-être mais avec le reflet des étoiles du ciel dans mes yeux. Quelle journée !

Le lendemain, je décide de partir explorer ce qui se cache derrière les dunes de sable qui se trouvent aux portes du village. C’est Babidji qui sera mon guide. Un jeune enfant recueilli par la famille de la Poussada où je vis. Il a 17 ans, n’a reçu aucune éducation, pas de famille mais il a un cœur gros comme ça. Mais bon dieu qu’est-ce qu’il parle ?! En tout cas on s’amuse beaucoup…

BabiLe Parc National de Lençois est plus grand que Hong Kong, et est constitué de milliers de lagons d’eau transparente issue des pluies. L’eau est donc douce, pure et la vue incroyable. Chaque ascension de dune a pour conséquence une nouvelle expérience visuelle à couper le souffle.

 

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Photo de Google Image

Nous marchons maintenant depuis plus d’une heure et demi dans ce labyrinthe où deux mondes pourtant opposés semblent communier harmonieusement : l’eau et le désert. C’est un véritable défi physique que d’évoluer dans ce décor lunaire. Je repense à Bear Grills et ses conseils de survie dans le désert. Boire ma propre urine est une option mais je préfère alterner l’eau et un peu de transpiration qui a su garder un arrière-goût sucré des cocktails de la veille. Après une bonne baignade bien méritée et quelques photos / vidéos, nous reprenons la route de retour.

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Parfois, nous croisons des petites cabanes de pêcheurs qui se sont installées au bord des lagons. Je pense qu’ils ont introduit plusieurs espèces de poissons afin d’en faire une sorte de bassin de culture.

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Le retour au village se fera avec quatre grosses ampoules sous les doigts de pieds que je sens grandir un peu plus à chaque pas. Pas le choix de toute façon, il faut avancer. Je passerai le reste de la journée au bord du Rio Grande qui n’est pas sans me rappeler le Gange en Inde. En effet, lui aussi à un rôle important pour la vie des locaux et est un lieu de vie exceptionnel. Les gens s’y lavent, font la vaisselle, la lessive tandis que les plus jeunes jouent. Je profite de ces instants de calme pour prendre mes notes pour cet article mais le soleil approchant la cime des dunes me rappelle que c’est l’heure de la messe ! Vou jogar futebol…

 

9 commentaires sur “La Découverte d’un Lieu Hors du Commun

  1. Tu vis une aventure incroyable et passionnante. Merci de la faire partager. Profites en un max.

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  2. Comment ne pas reconnaître au foot cette indéniable force de convivialité ? Merci pour ces photos si belles et ces mots qui transpirent la chaleur humaine. Au plaisir de te lire prochainement, Myriam

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  3. Merci de nous faire partager le recit de ta belle aventure humaine qui va bien au delà du plaisir de la faire en moto; bonne route!

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  4. J’ai descendus toute la rivière « préguize » (pas sûr de l’orthographe) de Barerinha à l’embouchure sur la mer en barque avec mon xr200 au crépuscule … grand moment également ! Le foot sur la plage le soir est une religion que tu trouvera tout au long de ta descente du Brésil … c’est là que tu comprends pourquoi ils sont ce que nous connaissons ! Gilbert

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  5. As tu visiter le palais du gouverneur (palacio do leaō)
    a Sao Luis ? Construit par les français sur l’idée du Petit Trianon. Gilbert

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  6. Je lis vos aventures depuis votre départ de Guyane. Comme c’est intéressant et bien raconté j’ai un peu l’impression d’être derrière vous sur la bécane. J’ai hâte de voir la suite. Merci pour ces récits et ces images, Bon trip.
    Alain

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  7. Encore merci pour ces nouveaux moments de rêve partagés ! Quant à la conférence sur la physique quantique en népalais, j’attends avec impatience d’y assister!

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    • C’est un véritable plaisir que de partager ces moments avec tout le monde. Et quand on me dit que l’on aime bien cela me touche vraiment beaucoup. Donc merci à toi. Promis pour la conférence je te tiens au courant 🙂

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