La Traversée de l’Amazone en Bateau

Il est 4h30 quand je me lève sur l’Ana Beatriz III, parfait – je vais pouvoir observer les premières lueurs du soleil avant que la ville ne se réveille. Un peu plus tard, c’est accompagné de Janis Joplin que je pars chercher le café / galette de saucisses matinal tandis que le bateau se rempli petit à petit de hamacs pour créer un véritable dortoir fleuri. Ils sont de toutes les couleurs ; bleu, rouge, jaune, vert, blanc. Enfin de toutes les couleurs quoi ! Cela donne un charme certain aux différents étages que compose cette embarcation.

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Je ne suis pas le seul étranger, une anglaise de 28 ans voyageant seule avec une énergie peu commune pour une British. Il y a aussi un couple d’Uruguayens qui, quant à eux, viennent de parcourir à pied plus de 33 000 kms et sans argent ! Ils proposent leurs services en échange de nourriture et d’un lit, depuis plusieurs mois maintenant. Et moi qui me croyais un aventurier. Quelle inspiration ! C’est sur une rapide session de Kendama sur le toit et sur un « Shoot to Thrill » d’ACDC que nous débutons notre périple de 24h sur le mighty Amazone pour relier la ville de Macapa à Belém.

Depuis le départ, les étiquettes de touristes / locaux sont restées sur le quai, à présent et ce pour toute la durée du voyage, nous serons une grande famille. L’ambiance y est agréable, les regards et les sourires sincères et les poignées de mains aussi puissantes que le fleuve sur lequel nous naviguons.

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Parlons rapidement de ce fleuve d’ailleurs. L’Amazone est le plus grand fleuve du monde et on est vite scotché par son imposante posture. Au départ, il est large de plusieurs kilomètres et de nombreux cours d’eau annexes se jettent dans l’artère principale. Après environ 2h de voyage, nous nous engageons dans ce labyrinthe que le capitaine doit connaître aussi bien que sa boîte à gant. Tout du moins je l’espère.

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La vie sur le bateau est simple, le repas est servi deux fois par jour à la cantine pour environ 4 €. Il est constitué de riz, nouilles, haricots rouges en sauce, du poulet, du bœuf et un peu de salade. Cela donne de bonnes assiettes ! Plutôt que de manger dans la petite salle prévue à cet effet, je préfère partir sur le pont et manger face à la vue sur un fond de Samba. Car oui, ici aussi, il y a de la musique. Comme partout au Brésil du lever au coucher du soleil.

Désormais, les berges se rapprochent et la forêt nous dévoile un spectacle splendide. Par moment, il est possible d’observer un village ou même une maison seule le long de la rive. D’architecture typée coloniale et pleine de couleurs, les Amérindiens qui les habitent semblent dominer cet environnement qui peut nous paraître hostile à nous, les Gringos. Pour eux, ce n’est rien de plus qu’un grand potager. Les anacondas en plus…

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A la vue de notre bateau, les enfants se jettent dans leurs pirogues et viennent à notre rencontre. Les plus curieux pour voir qui est sur le pont, et les plus aventureux, pour essayer de surfer les vagues produites par notre maison flottante.

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La traversée (pour le moment) est calme et rythmée entre siestes, lecture, bières et discussions en tout genre. D’ailleurs, avec ma nouvelle amie British, on échange durant de longs moments sur nos expériences de voyage, philosophie de vie. Elle était prof de math à Londres avant de tout quitter pour une vie d’aventure. A voir ces villageois, on ne peut s’empêcher d’admettre que c’est ici que se trouve la vraie connaissance. Celle des plantes, de leur fonctionnement, leurs attributs, les particularités de chaque animal. Et non dans l’apprentissage de la flûte… On dérive alors sur l’économie de la connaissance et le biomimétisme, la situation au Vénézuela, le rock des années 70 et 80, la littérature… Bref tout y passe.

C’est donc bien ça « l’école de la vie » ? Voyager et échanger pour grandir ? Pour ma part, j’ai toujours été convaincu que c’est en sortant de sa zone de confort et en se confrontant à de nouvelles personnes et pensées que l’on peut prétendre à être, un jour, plus complet. Et chacun de mes voyages me conforte dans cette idéologie. En tout cas, je le sais dors et déjà, ce voyage me changera à vie ! To be continued…

6 commentaires sur “La Traversée de l’Amazone en Bateau

    • Oui toujours. J’hésites pour Jeri. Comment est l’accès? Pas trop compliqué pour la moto et les affaires? Est ce que cela vaut vraiment le coup?

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      • Bon Jeri … les avis sont mitigés entre bobo et baroudeurs comme nous. Personnellement, je n’y ai pas été suite à l’avis d’un français de Camorim (en face) qui trouvais l’endroit surfait et gâcher par l’argent ! Mais comme tu es surfer … C’est un des meilleurs spot de windsurfeur du Brésil (beaucoup de français et belge).
        A Camorim tu trouvera des 4×4 pour tes bagages car il n’y a pas de routes (ni chemin) pour y aller.
        Sur la place tous les matins (6.00 hr) des 4×4 y allait à l’epoque ! (À vérifier) tu suis leur trace.
        Ensuite, une route part sur Fortaleza avec une bifurcation sur Paracuru et le « formule 1 ».
        Vas au « café de Paris » à Camocim (si il existe toujours, il voulait partir) il t’en diras plus !
        L’agence Unitur peut prendre tes bagages également en 4×4 à Camocim (plus sécurisant).
        Tu es à Parnaiba ? À bientôt Gilbert

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